''Eros : désir et sentiments" Retrouvez ici les titres cités lors du colloque organisé par M. Aurélien Deudon et Mme Natalie Depraz, organisé le 31 janvier dernier.

  • Depuis le début des années 2000, nombres d'ouvrages, d'articles ou de numéros de revues se sont proposés d'ériger « la pornographie » en objet d'étude proprement théorique, et de l'appréhender, au sens large, comme un « fait anthropologique ». La pornographie a ainsi été érigée en objet/sujet du discours des sciences humaines et sociales, et située au croisement d'une série d'évolutions indissociablement sociales, économiques et technologiques. Ceci explique et justifie qu'elle ait été élevée au rang de paradigme ce dont témoigne de manière exemplaire l'émergence des Porn studies et leur large diffusion dans le champ académique. C'est à l'exploration de ce paradigme que cet ouvrage est consacré, en s'attachant, d'une part, à la question du rapport entre les « phénomènes érotiques » et les « objets pornographiques », et, d'autre part, au problème que constitue le lien intrinsèque entre une industrie pornographique qu'on prétend ou espère à termes émancipatrice pour les sujets désirants, et le néo-capitalisme dont l'hégémonie économique et culturelle tient précisément à sa manière d'investir et de maîtriser le désir.

  • Eros

    Andreas-Salome

    • Minuit
    • 1 Avril 1984

    Ces quatre essais sur l'amour et le sexe sont de nature et d'écriture diverses : les deux premiers, destinés à la revue littéraire et philosophique de l'avant-garde berlinoise, au début du siècle, datent de la liaison avec rilke, des deux voyages en russie et de leur rupture : sous leur aspect analytique, ils contiennent, entre les lignes, des aveux passionnés et une défense de la forme féminine de l'amour, dont rilke devait tenir compte, bien plus tard, dans le malte laurids brigge de 1911 et dans la troisième elégie de duino.
    Le second est en réalité un traité complet, offert à martin buber, et une contribution à l'effort du penseur juif pour définir ce que d'autres esprits inquiets cherchaient alors, au moment oú sombraient la civilisation européenne : "une sorte d'humanisme nouveau", écrira hermann hesse dans le demian de 1919. pour lou salomé, la femme y revendiquera sa place, sa liberté, son action spécifique, et toutes les formes d'amour s'y intégreront, y compris celles que rejetait alors un "racisme sexuel" qui n'a pas tout à fait disparu.
    Le dernier texte est, après son adhésion à la pensée freudienne, une somme de ce qu'elle doit à son maître - et aussi une revue des points sur lesquels lou diffère de lui, et maintiendra toujours sa pensée propre. ces travaux de deux décennies jalonnent donc l'évolution de sa réflexion et de sa sensibilité, qu'on ne peut en séparer; tous portent la marque d'une personnalité dont la richesse, l'indépendance et la générosité ont paru exceptionnelles, de manière diverse, aussi bien à nietzsche, l'ami de sa jeunesse, qu'à celui de sa maturité, rilke, et à freud.
    Dans le dernier, publié en 1917, on verra, tout à la fin, la révolte discrète et ferme de la femme contre les pulsions de mort masculines et la guerre qui les a libérées : elle proteste au nom de toutes les mères, dans tous les camps. ce petit livre est plus et mieux encore qu'une invite à réfléchir sur la place de la sexualité dans la totalité de la vie de l'esprit, fût-ce la plus haute mystique, et sur la direction que devrait prendre la révolte de la femme contre les idéologies sexistes : c'est un auto-portrait d'une "penseuse libre" (mais non d'une libre-penseuse, car lou est toujours restée ardemment croyante, bien qu'à l'écart de toutes les eglises) : sa franchise et la justesse de ses vues demeurent pour nous, comme pour ses contemporains, irrésistibles.

  • Fondée en 1953 par Jean Hyppolite, la collection "Epiméthée" a été reprise en 1981, par Jean-Luc Marion, Professeur à l'Université de Paris IV-Sorbonne. Cette collection repose sur trois orientations : la traduction des grands textes de la tradition ; la phénoménologie, entendue comme tradition créatrice de la philosophie ; et enfin l'histoire de la philosophie.

  • Sexistence

    Jean-Luc Nancy

    • Galilee
    • 17 Février 2017

    Tous les jours, la sexologie fait rage, anatomique, hormonale, psychanalytique et médiatique. Au point que certains, écoeurés, se vouent à une toute neuve chasteté. Mais le sexe se moque des discours sur lui : en tant que sexe de l'animal parlant, il partage avec le langage l'épreuve de la limite du sens, l'expérience de l'insignifiant ou de l'excès sur la signification. Ce qui ne relève d'aucun savoir, mais d'un insu sagace, sensible et pénétrant dont il n'est pas tout à fait impossible de s'approcher - entre philosophie et littérature.
    Car le désir désire se dire en même temps qu'il se désire lui-même - et de se perdre à l'infini. En vingt-et-un petits chapitres qui vont de la nature à la poésie et du cul à l'amour, l'auteur de L'« il y a » du rapport sexuel, de La Naissance des seins, et de L'Adoration tente de laisser parler le sexe.

  • De l'érotique

    Paul Audi

    Désirer s'aimer clôt un cycle de réflexions consacrées à la question de l'amour humain. Il forme le troisième volume d'une trilogie dont le principe général se sera révélé après coup. De cette trilogie qui pourrait s'intituler Le Désir d'aimer, le premier volume est paru sous le titre Le Théorème du Surmâle en 2011 ; quant au deuxième volume, Le Pas gagné de l'amour, il a été publié en 2016.
    Ces réflexions n'envisagent jamais l'amour comme un sentiment ou une passion, ni comme un état psychologique ou une condition d'existence, mais comme un pur événement. Un événement à part entière, dont la « positivité » intrinsèque et absolue - et qui n'est pas affirmée sans aplomb - tient à sa capacité à dépasser les antithèses courantes telles que, par exemple, l'affirmation et la négation, la passivité et l'activité, le naturel et le factice, la pulsion de vie et la pulsion de mort, le possible et l'impossible, le sens et le non-sens. En outre, dans chacun des trois ouvrages cités, un même fil conducteur coud entre elles les étapes du questionnement, à savoir le passage éventuel du désir à l'amour. C'est qu'à l'amour, qui est toujours subversion du désir, préside un désir qui n'est pas encore de l'amour.
    Toutefois, ici, si le thème est resté inchangé, la perspective s'est sensiblement déplacée : le passage du désir à l'amour y est examiné au prisme de l'érotisme. À ce titre, en conclura-t-on que la réflexion - menée sous la forme d'un « entretien infini » - qui prend en vue l'acte de faire l'amour, qui le considère dans ses tenants et ses aboutissants, donne raison au mot d'André Breton selon lequel « l'étreinte de chair, tant qu'elle dure, défend toute échappée sur la misère du monde » ?

  • Dans cet ouvrage d'une génialité à la fois tragique et pacifiée, le plus grand penseur de la Grèce contemporaine a composé un hymne à la puissance amoureuse de la femme - l'éternelle Sulamite - et de l'homme qui cherche en elle le paradis. L'inspiration orientale , orthodoxe (au sens de l'Eglise indivise) lui permet d'échapper au moralisme et au piétisme qui ont fait si longtemps, dans une société retranchée des sources de la vie, deux ennemis irréductibles du christianisme et de l'éros. Christos Yannaras témoigne d'une connaissance approfondie, nullement répétitive mais créatrice, de l'esprit des Pères grecs et des grands auteurs ascétiques, tous témoins de la folie d'amour de Dieu pour l'homme. Il joint à cette connaissance celle des recherches les plus décapantes de la psychologie contemporaine, la plus gnostique surtout, celle de Lacan, en attente, semble-t-il, d'être reprise dans une tout autre synthèse. Il sait joindre les variations de la grande musique occidentale et le chant viril et doux de l'hymnographie byzantine. Ainsi peut-il célébrer, sur le fond, le ison (la note tenue) de l'interprétation traditionnelle du Cantique, celle des noces ecclésiales du ciel et de la terre, les intuitions et les illusions de la passion, la splendeur des corps devenant peut-être visages, et cette patience et ce respect crucifiés qu'une autre Passion fonde dans l'éros trinitaire. De même que l'abrupte vocation des moines qui, séparés de tous et unis à tous , anticipent la Résurrection, cette Résurrection dont l'amour d'un homme et d'une femme est parfois la parabole.

  • C'est à travers diverses expériences singulières du corps qu'est mise en avant la subjectivité d'un être corporel et charnel qui « éprouve » et qui « apprend » le monde, les autres et lui-même dans son corps.
    La corporéité apparaît comme une dimension essentielle des processus de construction du sujet au sein de l'espace social. Dans l'expérience que le corps fait de lui-même et du monde s'originent et s'inscrivent tous les procès de formation et d'apprentissage, formels et informels, expérientiels et intellectuels. Le corps est appris et il apprend. C'est de cette dimension originaire du corps et de ses expériences dans la formation et les apprentissages que voudrait rendre compte cet ouvrage collectif.
    Christine Delory-Momberger est professeur en sciences de l'éducation à l'université Paris 13 Sorbonne Paris Cité. Elle est directrice de la revue Le sujet dans la Cité. Revue internationale de recherche biographique et présidente du Collège international de recherche biographique (CIRBE).
     

  • L'érotisme

    Georges Bataille

    Les êtres qui se reproduisent, les êtres reproduits, sont des êtres distincts entre eux, séparés par un abîme, une fascinante discontinuité. Mais, individus mourant isolément dans une aventure inintelligible, nous gardons la nostalgie de la continuité perdue. L'activité sexuelle de reproduction, dont l'érotisme est une des formes humaines, nous la fait retrouver ; au moment où les cellules reproductrices s'unissent, une continuité s'établit entre elles pour former un nouvel être à partir de leur mort.
    C'est aussi par la mort, la mort violente, que cet effort de libération s'est manifesté dès l'origine des activités de l'homme. Mais le désir de meurtre met en cause toute l'organisation de communautés fondées sur le travail et la raison. D'où la naissance d'interdits, à quoi s'oppose, ou plutôt s'ajoute, en un dépassement nécessaire, leur propre transgression. Guerre et chasse rejoignent ici l'inceste ou l'orgie sacrée...

  • Alter t.20 ; eros

    Alter

    • Alter
    • 16 Décembre 2012

    Le regain d'intérêt pour la thématique de l'eros en phénoménologie aujourd'hui, à travers, notamment, les ouvrages de Christos Yannaras, Variations sur le Cantique des Cantiques, Essai sur l'Eros (1995), de Michel Henry, Incarnation. Une philosophie de la chair (2000), de Jean-Luc Marion, Le phénomène érotique (2003) et de Jean-Louis Chrétien, La symbolique du corps. La tradition chrétienne du Cantique des Cantiques (2005), a alerté notre attention sur l'importance d'un examen à nouveaux frais de cette question. Aussi avons-nous souhaité réinterroger le sens de certaines articulations expérientielles et conceptuelles qui déterminent le champ d'extension de l'eros. Car il ne revient pas au même de décrire l'expérience de l'eros en la distinguant (ou pas) de celle de l'agapè, ce qui invite à repenser le sens de l'amour comme désir ou comme charité, ou de penser l'eros en relation d'opposition (ou de complémentarité) avec thanatos voire antéros, comme c'est le cas en psychanalyse voire en sexologie, ou encore de s'interroger sur les liens entre eros et eris.

  • Elucider l'" incarnation ", l'existence dans la chair, l'" être-chair ", tel est le propos de ce livre.
    La chair n'est pas le corps. car c'est la chair qui, s'éprouvant, se souffrant, se subissant et se supportant soi-même, jouissant de soi selon des impressions toujours renaissantes, est capable de sentir le corps qui lui est extérieur, de le toucher aussi bien que d'être touchée par lui. la chair seule nous permet en fin de compte de connaître le corps.
    Mais l'élucidation de la chair rencontre nécessairement l'affirmation fondamentale qu'on trouve dans le prologue de l'evangile de jean : " et le verbe s'est fait chair.
    " thèse invraisemblable, sur laquelle se joue pourtant le sort du christianisme à travers les âges. elle affirme à la fois que la chair du christ est semblable à la nôtre, que l'homme " est chair ", que l'unité du verbe et de la chair est possible et se réalise dans le christ. mais que doit être la chair pour être révélation ? et que doit être la révélation pour s'accomplir comme chair ?
    Ce sont quelques-unes parmi les questions que michel henry aborde dans cette analyse de notre condition incarnée.
    Il prolonge et approfondit la méditation de la vie qui faisait l'objet de ses précédents livres, en particulier de c'est moi la vérité. et c'est aussi une magnifique relecture critique de la tradition phénoménologique, de husserl à merleau-ponty.

  • Sous le patronage du désir et de la mort, de la volupté et de l'horreur, Georges Bataille explore les passions irrépressibles de l'homme. À travers une histoire intuitive de la peinture, depuis la Préhistoire jusqu'au Surréalisme, il jette une lumière implacable sur notre grandeur et notre tragique. Pour qu'au seuil de la raison, le coeur exulte.

    L'ultime ouvrage de Georges Bataille, dans lequel il livre le sens caché de son art, aux souffles poétique et philosophique saisissants.

  • L'histoire incite nécessairement les créateurs de notre temps à penser à partir de catastrophes - guerres mondiales et génocides - inaugurales pour la raison et pour notre indispensable croyance en la légitimité et la perfectibilité de l'humanité. Mais ce désastre placé à l'orée du geste de création ne peut pas être un horizon pour l'homme. Le seul horizon raisonnable et joyeux consiste au contraire à trouver les moyens du dégagement, de l'échappée et de la réinvention, en pleine conscience du pire possible. Il s'agit, pour chacun, créateur ou pas, de comprendre comment édifier le bonheur à partir de notre connaissance du désastre.
    Plutôt qu'expression nécessairement tournée vers l'ombre, Belinda Cannone voit dans l'écriture la manifestation de notre volonté d'étreindre - le monde, la réalité rugueuse ou douce - et de célébrer notre présence au monde, notre désir de vivre. Parce que ce désir majuscule se concentre particulièrement dans le désir sensuel et dans l'amour, s'y donne à voir dans son aspect le plus concentré, le plus beau, cet essai entrelace la narration du désir qui meut l'écrivain à des réflexions sur le désir érotique. Il révèle le désir de connaître que les romans manifestent, et qui nourrit la lecture. Ce qui compose l'étrange et sinueux tracé de la littérature et de notre existence.

  • Emmanuel Lévinas Totalité et infini « On conviendra aisément qu'il importe au plus haut point de savoir si l'on n'est pas dupe de la morale. La lucidité - ouverture de l'esprit sur le vrai - ne consiste-t-elle pas à entrevoir la possibilité permanente de la guerre ? L'état de guerre suspend la morale ; il dépouille les institutions et les obligations éternelles de leur éternité et, dès lors, annule, dans le provisoire, les inconditionnels impératifs. Il projette d'avance son ombre sur les actes des hommes. La guerre ne se range pas seulement - comme la plus grande - parmi les épreuves dont vit la morale. Elle la rend dérisoire. » Texte décisif, Totalité et infini figure parmi les oeuvres majeures de la philosophie du xxe siècle.

  • S'abîmer Absence Adorable Affirmation Altération Angoisse Annulation Ascèse Atopos Attente Cacher Casés Catastrophe Circonscrire Coeur Comblement Compassion Comprendre Conduite Connivence Contacts Contingences Corps Déclaration Dédicace Démons Dépendance Dépense Déréalité Drame Écorché Écrire Errance Étreinte Exil Fâcheux Fading Fautes Fête Fou Gêne Gradiva Habit Identification Image Inconnaissable Induction Informateur Insupportable Issues Jalousie Je-t-aime Langueur Lettre Loquèle Magie Monstrueux Mutisme Nuages Nuit Objets Obscène Pleurer Potin Pourquoi Ravissement Regretté Rencontre Retentissement Réveil Scène Seul Signes Souvenir Suicide Tel Tendresse Union Vérité Vouloir-saisir

  • S'abîmer Absence Adorable Affirmation Altération Angoisse Annulation Ascèse Atopos Attente Cacher Casés Catastrophe Circonscrire Coeur Comblement Compassion Comprendre Conduite Connivence Contacts Contingences Corps Déclaration Dédicace Démons Dépendance Dépense Déréalité Drame Ecorché Ecrire Errance Etreinte Exil Fâcheux Fading Fautes Fête Fou Gêne Gradiva Habit Identification Image Inconnaissable Induction Informateur Insupportable Issues Jalousie Je-t-aime Langueur Lettre Loquèle Magie Monstrueux Mutisme Nuages Nuit Objets Obscène Pleurer Potin Pourquoi Ravissement Regretté Rencontre Retentissement Réveil Scène Seul Signes Souvenir Suicide Tel Tendresse Union Vérité Vouloir-saisir.

empty