SOCIOLOGIE

Ce que nous vivons...

  • Depuis la terrible expérience du confinement, les États comme les individus cherchent tous comment se déconfiner, en espérant revenir aussi vite que possible au « monde d'avant » grâce à une « reprise » aussi rapide que possible. Mais il y a une autre façon de tirer les leçons de cette épreuve, en tout cas pour le bénéfice de ceux que l'on pourrait appeler les terrestres. Ceux-là se doutent qu'ils ne se déconfineront pas, d'autant que la crise sanitaire s'encastre dans une autre crise bien plus grave, celle imposée par le Nouveau Régime Climatique. Si nous en étions capables, l'apprentissage du confinement serait une chance à saisir : celle de comprendre enfin où nous habitons, dans quelle terre nous allons pouvoir enfin nous envelopper - à défaut de nous développer à l'ancienne ! Où suis-je ? fait assez logiquement suite au livre précédent, Où atterrir ?Comment s'orienter en politique. Après avoir atterri, parfois violemment, il faut bien que les terrestres explorent le sol où ils vont désormais habiter et retrouvent le goût de la liberté et de l'émancipation mais autrement situées. Tel est l'objet de cet essai sous forme de courts chapitres dont chacun explore une figure possible de cette métaphysique du déconfinement à laquelle nous oblige l'étrange époque où nous vivons.

  • Apocalypse cognitive

    Gérald Bronner

    • Puf
    • 6 Janvier 2021

    La situation est inédite. Jamais, dans l'histoire de l'humanité, nous n'avons disposé d'autant d'informations et jamais nous n'avons eu autant de temps libre pour y puiser loisir et connaissance du monde. Nos prédécesseurs en avaient rêvé : la science et la technologie libéreraient l'humanité. Mais ce rêve risque désormais de tourner au cauchemar. Le déferlement d'informations a entraîné une concurrence généralisée de toutes les idées, une dérégulation du « marché cognitif » qui a une fâcheuse conséquence : capter, souvent pour le pire, le précieux trésor de notre attention. Nos esprits subissent l'envoûtement des écrans et s'abandonnent aux mille visages de la déraison.

    Victime d'un pillage en règle, notre esprit est au coeur d'un enjeu dont dépend notre avenir. Ce contexte inquiétant dévoile certaines des aspirations profondes de l'humanité. L'heure de la confrontation avec notre propre nature aurait-elle sonné ? De la façon dont nous réagirons dépendront les possibilités d'échapper à ce qu'il faut bien appeler une menace civilisationnelle.

    C'est le récit de cet enjeu historique que propose le nouveau livre événement de Gérald Bronner.

  • Tous tracés, et alors ? Bienvenue dans le capitalisme de surveillance ! Les géants du web, Google, Facebook, Microsoft et consorts, ne cherchent plus seulement à capter toutes nos données, mais à orienter, modifier et conditionner tous nos comportements : notre vie sociale, nos émotions, nos pensées les plus intimes... jusqu'à notre bulletin de vote. En un mot, décider à notre place - à des fins strictement lucratives.
    Des premiers pas de Google au scandale de Cambridge Analytica, Shoshana Zuboff analyse cette mutation monstrueuse du capitalisme, où la souveraineté du peuple est renversée au profit non pas d'un État autoritaire, comme on pourrait le craindre, mais d'une nouvelle industrie opaque, avide et toute-puissante, menaçant dans une indifférence radicale notre libre arbitre et la démocratie.
    Il est urgent de développer des outils pour appréhender cette situation « sans précédent » et provoquer une prise de conscience internationale. Unanimement salué par la presse, L'Âge du capitalisme de surveillance est un appel à la résistance.

  • Une lecture sociologique des innovations managériales en cours, qui tendent à faire oublier les véritables objectifs des employeurs : continuer à mettre en oeuvre la subordination des salariés, seule garantie de leur exploitation « légitime ».

    L'auteure décrypte la capacité patronale à faire renaître, sans cesse, sa domination, afin de préserver, voire sublimer, un lien de subordination qui prend une forme de plus en plus personnalisée, intrusive et délétère, et qui compromet toute capacité collective des salariés à s'emparer des véritables enjeux du travail. Des drh « bienveillantes » et préoccupées du « bonheur » de leurs salariés aux « entreprises libérées » par leur leader, en passant par l'esprit start-up et l'offre éthique, l'auteure analyse tous ces faux-semblants qui paralysent l'intelligence collective et menacent l'avenir du monde.

  • Le caché de la Poste ; enquête sur l'organisation du travail des facteurs Nouv.

    Mais que se passe-t-il à La Poste ? L'image d'Épinal du facteur, colportée de Jour de fêteàBienvenue chez les ch'tis, est écornée par les problèmes de distribution du courrier, l'augmentation du nombre de réclamations, l'écho des suicides, les centaines de grèves dispersées qui secouent des territoires à travers toute la France.
    Devant chez soi, on croise parfois le facteur, mais sait-on combien de boîtes aux lettres comme la nôtre il doit servir ? Pourquoi il semble si empressé ? Par quels calculs compliqués La Poste qui l'emploie détermine la longueur de son circuit et le temps qui lui est imparti pour le réaliser ? Les tensions que génèrent les « réorganisations » et l'allongement répété des tournées ?
    L'auteur a travaillé comme facteur, interviewé des dizaines de postiers, des chefs, et surtout celui que l'on nomme « l'organisateur ». Fouillant dans les archives, interrogeant la généalogie taylorienne des dispositifs de La Poste, il démonte les rouages de la machine qui prescrit le travail des facteurs. Les apparences de la science, l'écran de fumée de calculs savants se dissipent progressivement, dévoilant le caché de La Poste : les « normes et cadences » que l'entreprise impose à ses agents reposent sur du sable.
    En montrant les coulisses du travail des facteurs, les stratégies de La Poste pour étouffer les aspirations démocratiques de ses subordonnés, les tactiques des postiers pour tenir le coup, ce livre pose à nouveaux frais une question essentielle : qui décide de la manière dont s'organise la production ?

  • Avoir 20 ans en 2020, en quoi est-ce différent ?

    Entre les vingtenaires d'aujourd'hui et les générations précédentes s'est instaurée une coupure inédite et profonde, un véritable fossé.

    Nés avec Internet, ces nouveaux jeunes forment la première génération socialisée à l'ère numérique, la première génération horizontale, la première génération transnationale et la première génération écologique.

    Les défis auxquels ils auront à faire face au cours de leur vie sont immenses : comment leurs valeurs vont-elles prendre forme dans l'arène politique ? Comment réagira aussi cette « génération pandémie » après la crise économique et sociale qui se profile et dont ils vont être les premières victimes ? Enfin, comment comprendre le paradoxe générationnel qui la traverse puisque, en dépit des coupures dans les valeurs et les façons de faire, le lien au sein des familles continue d'exercer sa pellicule protectrice ?

    Dans ce livre fondé sur une enquête inédite auprès de centaines d'étudiants et sur l'analyse des travaux les plus récents, deux sociologues, elles-mêmes grands-mères de vingtenaires, nous offrent une radioscopie de la jeunesse contemporaine.

  • Indispensables mais invisibles ? reconnaitre ceux qui font marcher la société Nouv.

    Les travailleurs modestes - du livreur à la caissière - sont, avec les soignants, ceux qui risquent leur vie pour maintenir les services essentiels par temps de crise. Cette soudaine visibilité est l'occasion de réfléchir au sort qui attend tous ces travailleurs dans la société d'après la crise : que faire pour que l'engouement dont ils bénéficient aujourd'hui dépasse les seuls applaudissements des Français à 20 heures tous les soirs ? Quelle politique conduire afin que leur engagement d'aujourd'hui ne se transforme pas, demain, en une légitime colère ?

  • L'épidémie due au coronavirus met davantage en danger les populations fragiles, dont les sans-abri. Comment confiner dans leur logement ceux qui n'en ont pas et qui, dans la rue, sont vulnérables physiquement et exposés publiquement ? Comment gérer, en période épidémique, l'exiguïté et la proximité dans des foyers d'hébergement parfois surpeuplés ? Comment faire accepter un confinement qui, en l'espèce, vaut souvent enfermement ? Si la mobilisation a été exceptionnelle, il est temps désormais de revenir sur les dilemmes de l'action publique et de tirer les leçons de cette crise inédite.

  • A la une du New York Times habillés d'un gilet jaune, poursuivis par les journalistes britanniques à l'occasion du Brexit, fêtés comme des héros pendant la crise sanitaire, redevenus des sujets d'études pour les chercheurs, de nouvelles cibles du marketing électoral pour les partis, les gens ordinaires sont de retour. Les " classes populaires ", le " peuple ", les " petites gens " sont subitement passés de l'ombre à la lumière.
    Les " déplorables " sont devenus des " héros ". Cette renaissance déborde désormais des cadres du social et du politique pour atteindre le champ culturel. De Hollywood aux rayons des librairies, la culture populaire gagne du terrain. Ses valeurs traditionnelles, - l'attachement à un territoire et à la nation, la solidarité et la préservation d'un capital culturel - imprègnent tous les milieux populaires.
    Jack London usait d'une métaphore pour décrire la société de son temps : la cave et le rez-de-chaussée pour les plus modestes, le salon et les étages supérieurs pour les autres. Et si, aujourd'hui, plus personne ne voulait s'inviter au salon ? Sommes-nous entrés dans le temps des gens ordinaires ?

  • « Vous avez le droit de me poser les questions que vous voulez, de me faire les remarques que vous voulez, il n'y a pas de tabou ici. » Depuis cinq ans, plusieurs fois par semaine, j'ai cet échange avec les spectateurs de la pièce que j'ai écrite, Djihad, qui tourne à travers toute la France, la Belgique et la Suisse, le plus souvent à l'initiative des professeurs de français. Dans des collèges, des lycées, des prisons, des salles des fêtes, je prolonge la représentation par un dialogue avec le public. Lors de ces milliers de conversations, j'en ai entendu de toutes les couleurs : un véritable arc-en-ciel de craintes, de méfiance, de préjugés, tant chez des musulmans que chez des non-musulmans, dans les deux sens. Parce que moi, musulman né en Belgique de parents marocains, je suis convaincu que ce qui compte, c'est avant tout de se parler et de s'écouter, j'ai choisi de susciter la parole, de répondre quand je le pouvais, de partager mes hésitations, parfois. Ces échanges, les voici. Cette France de mille nuances, défiances et croyances, en voici le pouls.

  • Comment des réseaux islamistes sont-ils parvenus à constituer des enclaves au coeur des quartiers populaires ? Comment des foyers idéologiques et institutionnels situés au Moyen-Orient arabe et au Maghreb ont-ils pu y diffuser avec succès leurs conceptions de l'islam ? D'Aubervilliers à Toulouse, d'Argenteuil à Champigny, Mantes-la-Jolie ou encore Molenbeek (Belgique), cet ouvrage étudie les stratégies et les pratiques des réseaux islamistes (Roubaix et Tremblay-en France viennent s'ajouter à cette liste dans l'édition augmentée).
    Il documente précisément le maillage de l'espace local qui, des lieux de culte à ceux de loisir et d'activités professionnelles, aboutit à la constitution de " territoires d'islam " en rupture avec la société française. Traçant la cartographie de cette géographie islamiste du pouvoir, les auteurs révèlent ses croisements, ses noeuds de communication, ainsi que les flux idéologiques, économiques et interpersonnels qui la traversent.
    Au centre de cette analyse, la prison offre un prisme exceptionnel et apparaît plus que jamais comme l'endroit où s'élaborent les nouvelles doctrines de l'islamisme. Dans cette édition augmentée, un chapitre inédit est consacré au vote communautaire lors des dernières élections municipales, incluant le moment Covid-19, et un autre aux parcours des responsables des attentats de 2015 : " Des Buttes-Chaumont à Charlie Hebdo ".

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