Frédéric Vitoux

  • « J'aimerais que le lecteur ouvre, s'il le désire, ce livre un peu au hasard, pour aller de surprises en surprises, de portraits en anecdotes. Qu'il soit complice en somme de cette promenade dans un domaine qui relève aussi de la plus haute civilisation - car l'homme, en un sens, s'est vraiment civilisé quand il a accepté le chat à ses côtés, tel un libre compagnon ... » Frédéric Vitaux Voici le chat sous toutes ses facettes: en peinture, au cinéma, dans la musique, dans les livres, sur les genoux d'illustres maîtres ou sous l'objectif des plus grands photographes.

    1 autre édition :

  • C'est l'histoire d'un restaurant populaire dans l'île Saint-Louis. Son enseigne ne trompait pas : Au Rendez-vous des Mariniers... Au 33, quai d'Anjou, s'y donnèrent rendez-vous, de 1904 à 1953, les habitants du quartier, les patrons des péniches amarrées sur les berges et les blanchisseuses des bateaux-lavoirs tout proches... Nombre d'écrivains et d'artistes y trouvèrent aussi refuge et s'en firent souvent l'écho dans leurs oeuvres de Jean de la Ville de Mirmont à Picasso, de John Dos Passos à Pierre Drieu la Rochelle, d'Hemingway à Aragon, de Simenon à Blaise Cendrars, etc.Frédéric Vitoux s'attarde en leur compagnie. Tout comme il fait revivre les trois propriétaires successifs de l'établissement, dont le destin n'est pas sans résonances avec celui de sa propre famille installée, à la même époque, à l'autre bout du quai, et où il continue d'habiter.C'est un morceau du bonheur de Paris qu'on a entre les mains, et qu'on lit avec délice. François Forestier, L'Obs.Un essai magistral. Étienne de Montety, Le Figaro littéraire.Postface inédite de l'auteur.

    1 autre édition :

  • Une autobiographie parcellaire et subtile par recomposition fragmentaire du puzzle de la mémoire : non pas des Mémoires en majesté par ordre chronologique, mais une évocation de souvenirs autour desquels sont venues cristalliser des leçons de vie.
    « Le bonheur en littérature ne consiste pas à gagner du temps pour aller à l'essentiel mais à perdre du temps pour parvenir à l'inessentiel. Autrement dit, à accepter d'être pris par surprise pour découvrir précisément ce que je n'avais jamais recherché » est-il écrit ici au détour d'un chapitre : c'est la meilleure définition du bonheur que l'on ressent à la lecture de ce récit.
    Chaque court chapitre convoque un souvenir qui ouvre une parenthèse, une digression, un décentrement.
    Le premier d'entre eux, « précieux parce qu'indistinct » : une visite à son père détenu après-guerre à la prison de Clairvaux (on en saura plus, par la suite, sur ce père frappé de la maladie d'Alzheimer à la fin de sa vie).
    Cette période de la guerre est très présente, de la silhouette unijambiste du gardien de l'hôtel de Lauzun qui dénonça Christian de la Mazière à la Libération à Lucette Almanzor en butte à la question désinvolte d'un visiteur (« En deux mots, Céline, c'est quoi ? ») en passant par Lisette de Brinon contrainte d'assister à l'exécution de son mari Fernand de Brinon, qui l'avait protégée en la faisant nommer « aryenne d'honneur ».
    Une réflexion de Vittorio Gassman racontant qu'une miette de pain collée à la lèvre d'une jeune femme a sonné le glas de leur liaison inspire à l'auteur une réflexion sur la fin de l'amour.
    Une phrase prononcée par Ginger Rogers dans le film La fille de la 5ème avenue (« les riches sont juste des pauvres avec de l'argent ») constitue un des Rosebud du texte : l'écart social entre ses parents et la plupart de leurs amis, entre le monde des riches et celui des pauvres, celui de la désinvolture héréditaire et du mérite forcené (de très jolies scènes sur une victoire inespérée lors d'un championnat d'académie d'escrime contre un adolescent béni des dieux, ou sur Antoine Ménier, de la famille des chocolats Meunier, ami d'enfance de son parrain snob, développent par touches cette thématique du déclassement...) Comment « le contrat de confiance entre la langue et lui » a été rompu par la découverte des « pommes mousseline », le rôle qu'a joué l'opus III de Beethoven dans son éveil à la musique, tel tableau de Goya dans son éveil à la peinture, la folie du cinéma et la menace de la cécité, l'expérience en usine, la découverte des livres et des écrivains, l'amour de sa vie et les amitiés à éclipses (« on perd ses amis d'enfance comme on perd son enfance »...) sont quelques-uns des motifs pris dans cette tapisserie du souvenir.

  • « un chat c'est l'ensorcellement même, le tact en ondes... » notait louis-ferdinand céline. et bébert, énorme matou tigré au maintien à l'intelligence prodigieuse, aussi glouton et râleur que fidèle, n'était pas un chat ordinaire... abandonné par son premier maître, l'acteur de cinéma le vigan, longtemps vagabond dans montmartre au temps de l'occupation, il est recueilli par céline et sa femme et va partager leurs errances, leurs aventures, leur misère, leur exil. céline en a fait l'un des héros de ses derniers romans - ces chroniques hallucinées de l'allemagne de la débâcle -, et l'un des chats les plus célèbres de la littérature française.

  • Peu d'écrivains parmi les plus considérables du XXe siècle auront été à ce point acteur privilégié et témoin halluciné de leur époque. Rien n'a échappé à Céline : la Première Guerre mondiale, les convulsions du colonialisme, l'Amérique de l'industrialisation galopante, la misère des banlieues, la Russie stalinienne, les débordements antisémites des années trente dont il sera l'une des voix les plus emblématiques, l'Occupation nazie, la chute du IIIe Reich...
    La vie de Céline raconte en somme un siècle de haute turbulence, tout comme elle permet de revisiter l'ensemble de l'oeuvre célinienne. S'y dégage d'abord le portrait contradictoire et donc profondément vivant d'un écrivain (et d'un médecin) à la fois révolutionnaire et passéiste, raciste et compassionnel, vociférant et taciturne, populaire et précieux, délirant et lucide. «L'âme n'est chaude que de son mystère», disait-il.

    1 autre édition :

  • L'express de Bénarès

    Frédéric Vitoux

    • Fayard
    • 10 Janvier 2018

    « Au retour d'un voyage aux Indes, en 1898, le poète Henry J.-M. Levet affirma à ses amis de Montmartre qu'il achevait un roman intitulé L'Express de Bénarès dont il évoquait devant eux les personnages ou les épisodes plus cocasses - mais personne n'en prit jamais connaissance. Levet l'écrivit-il vraiment ? Nous ne le saurons jamais. A sa mort en 1906, à l'âge de trente-deux ans, après quelques années passées comme vice-consul à Manille puis à Las Palmas, ses parents détruisirent ses lettres et ses manuscrits.
    Pourquoi Levet, que j'ai découvert à l'âge de dix-sept ans, m'a-t-il si durablement obsédé ? Pourquoi ce jeune homme que chérissent depuis plus d'un siècle quelques centaines de lecteurs, d'une génération l'autre, comme pour perpétuer le cercle du poète disparu, et que nul n'aurait connu sans la persévérance de Fargue, son ami intime, et de Larbaud qui, après sa mort, entreprirent de rassembler et de publier ses poèmes, appartient-il ainsi à mon imaginaire - ou mieux, à ma vie ?
    Partir à la recherche de Levet, le lire, le relire, retrouver ses paysages d'enfance à Montbrison, regrouper de rares témoignages, me plonger dans l'exubérante bohême montmartroise au tournant des XIXe et XXe siècles, m'interroger sur la personnalité contrastée de ce poète si solitaire, au physique ingrat, et qui égayait ses amis par ses tenues extravagantes, n'était-ce pas une façon de mieux me connaître moi-même ?
    On en revient toujours là. » F. V.

  • Les cinéphiles passionnés connaissent Roger Tailleur, critique de cinéma des 50-60 qui cessa brusquement ses chroniques dans la revue Positif, vendit sa bibliothèque consacrée au cinéma et... partit pour l'Italie.
    Une passion quasi obsessionnelle le tient, il veut tout voir de l'Italie : « Il entreprit de l'explorer région par région, province par province. Il mettait des mois à préparer ses itinéraires. Il détestait l'imprévu. Il mit à découvrir l'Italie le même acharnement, la même inépuisable érudition, le même souci du détail, le même bonheur enfin qu'il éprouvait, critique de cinéma, à tout savoir et tout retenir de la filmographie d'Henry King ou d'Humphrey Bogart.»    Roger voyage exclusivement en train et en bus. Il « embarquait le vendredi soir, gare de Lyon par le Simplon ou le Palatino, et reprenait son travail le lundi matin après deux nuits blanches en chemin de fer ».
    Une passion pour les cartes postale le prend et partout où il passe il achète des cartes qu'il commente à ses amis une fois rentré.
      En Italie, Roger est un autre homme «Il cessait d'être pessimiste, imprécateur, souriant, collectionneur, maniaque, rieur, érudit ou sceptique.»     Ce petit livre, paru pour la première fois en 1986 chez Actes Sud, est un exercice d'admiration, un témoignage d'amitié de Frédéric Vitoux pour son ami mort brusquement en 1985 d'une leucémie aiguë. L'auteur de La Comédie de Terracina et de La vie de Céline mêle ses souvenirs des années cinéma à «la silencieuse intimité trouée parfois de plaisanteries», traçant un émouvant portrait. 

  • Charles Ballanche est un avocat retraité et veuf qui vit dans une enclave villageoise en plein coeur de Paris, chargée d'histoire mais sans histoires : l'île Saint-Louis. Entre ses amis, ses livres et la Seine, il mène une existence paisible à l'abri des remous du monde. Jusqu'au jour où il est témoin d'un meurtre perpétré en pleine rue. Le suspect ne serait-il pas cet individu qui ne cesse de le harceler pour lui extorquer de l'argent ? Au même moment, une jeune femme vient comme un antidote adoucir son cauchemar et égayer sa vie, ranimant en lui les émois de ses jeunes printemps.

    1 autre édition :

  • Cartes postales

    Frédéric Vitoux

    " Une cinquantaine de cartes aujourd'hui déchiffrées, contemplées et classées.
    Suivant les caprices de généalogies fantaisistes. Par lieux : Gonesse, Charenton, Le Creusot, Boulogne, Chambly.... Quelques cartes inclassables déjà rejetées. Des feuilles de brouillon noircies d'indications familiales et géographiques. La liste des premiers protagonistes de l'intrigue, longue liste d'où certains noms vont être amenés à disparaître, d'autres en revanche à prendre de l'importance, à engendrer à leur tour une autre famille...
    Des cousins, des cousines, une jeune fille orpheline - adoptée, ou de parent divorcés ? Si jolie que beaucoup lui écrivent. Par affection. Il y a encore le grand cousin qui voyage. Et beaucoup de gens qui ne se connaissent pas. Et encore, peut-être. "

  • Les pièces étaient disposées devant moi : le docteur Georges Vitoux, mon grand-père, qui avait conservé des négatifs sur verre de clichés pornographiques ; la veuve Lambel dans son hôtel de la rue Le Peletier : son frère et ses douteuses pratiques photographiques ; la ville de Nelson en Colombie-Britannique et son pastiche de l'église de la Madeleine, sans oublier un personnage de Madeleine pécheresse puis pénitente. F. V.

    Cette enquête littéraire et presque policière, ce retour vers une Belle Époque qui ne l'était pas tant que cela ont permis à Frédéric Vitoux de remonter au plus loin de sa mémoire familiale - cette mémoire dont il faut tour à tour se rapprocher et se détacher pour mieux se comprendre soi-même.

    Du pur roman, dans lequel Frédéric Vitoux réinvente avec brio la vie de l'énigmatique Georges Vitoux. Tristan Savin, Lire.

  • «C comme Chartreux .
    H comme Haïku.
    A comme Allure .
    T comme Tom et Jerry .

    De portraits en anecdotes, de surprises en découvertes, suivez Frédéric Vitoux sur les pas feutrés du plus libre de nos compagnons.

  • Nous sommes en décembre 1816.
    Le décor : une auberge et un palais à terracina, ville frontière séparant rome au royaume de naples.
    Côté cour, henri beyle, trente-trois ans, que l'on ne connaît pas encore sous le nom de stendhal et qui parcourt l'italie pour être heureux et aimé des femmes - mais ce n'est pas chose facile.
    Côté jardin, gioacchino, qui s'appelle déjà rossini, est le maestro le plus brillant et sans doute le plus aimé d'italie - mais ce n'est pas de tout repos.

    Au centre, un aristocrate en exil, son épouse trop frivole et sa cousine trop mélancolique. on est en pleine comédie. alors, que la fête commence !.

  • Deux femmes

    Frédéric Vitoux

    • Points
    • 15 Mai 1998

    Une jeune femme est retrouvée assassiné dans une chambre d'hôtel, sans papiers, sans passé...
    Une autre femme, l'épouse d'un procureur de la République, décide de mener l'enquête. Entre l'insolente Olga et la distinguée Blandine, il y a Jean-Louis, scénariste, romancier, célibataire par indolence, qui se laisse trop facilement séduire. Les femmes ne mènent-elles pas toujours le bal ? Au fil de ce roman policier, sur fond de mafia russe, de faux tableaux et de comédie sentimentale où un homme peut en cacher un autre, la Provence, l'île Saint-Louis, l'Italie sont autant de décors qui invitent au suspense.

    1 autre édition :

  • Bien entendu, il prit l'habitude d'aller quatre ou cinq fois par an en italie.
    Il entreprit de l'explorer région par région, province par province. il mettait des mois à préparer ses itinéraires. il détestait l'imprévu. il écrivait aux aziende di turismo de chaque ville, il se faisait adresser tous les prospectus imaginables, il notait les horaires des cars, retenait des chambres dans les hôtels les plus modestes, non pas tant par économie que parce qu'il se moquait de l'intendance, de son confort ou du qu'en-dira-t-on.
    Il mit à découvrir l'italie le même acharnement, la même inépuisable érudition, le même souci du détail, le même bonheur enfin qu'il éprouvait, critique de cinéma, à tout savoir et tout retenir de la filmographie d'henry king ou d'humphrey bogart.

  • Pierre et Marco, des amis d'enfance, se retrouvent, un quart de siècle plus tard. L'un est scénariste, l'autre réalisateur. Si presque tout les oppose, une même passion les lie pour l'actrice emblématique qui a enchanté leurs jeunes années. D'où l'idée de faire un film avec elle et pour elle. Plus personne ne sait vraiment si elle est vivante ou non, c'est un mythe, et nos héros veulent lui offrir un dernier rôle, après Visconti, Resnais, Louis Malle... Roman de la nostalgie, de la fidélité à soi-même, Un film avec elle a le charme d'un récit stendhalien.

  • Esther et le diplomate

    Frédéric Vitoux

    • Points
    • 18 Février 2000

    En 1793, François Rambault est envoyé en poste à Florence, chargé de mission par la République pour contrer les agissements des cours européennes.
    Célibataire, la cinquantaine assurée, épris d'art, entouré de peintres, de sculpteurs et de gens de théâtre, Rambault se découvre une passion tardive pour la jeune et maladive Lady Melcombe, soeur d'un espion britannique. Mais autour d'eux les esprits s'échauffent : certains voudraient qu'une guerre éclate entre le grand-duché de Toscane et la jeune République française...
    Ce grand roman d'amour, sur fond d'intrigues diplomatiques à l'époque de la Révolution française, est aussi un hymne à la Toscane éternelle.

    1 autre édition :

  • Après les émeutes du 10 août 1792 aux Tuileries, Charles Castier, blessé en défendant le roi, est hébergé par l'ambassadeur de Venise à Paris.
    C'est là qu'il rencontre Camille de Saint-Cergue, à peine sortie du couvent. L'idylle se noue. Mais à Venise, Camille se lie bientôt avec Leonardo Moretto, jeune patricien épris d'absolu... La fresque s'agrandit brusquement : Bonaparte est au pont d'Arcole, diplomates et guerriers sont désormais aux prises. Devenus négociateurs, l'un au nom du Directoire, l'autre au nom de Venise, Charles et Leornado symbolisent les affrontements du romantisme naissant et d'un monde classique déjà crépusculaire.
    Et Camille ressemble à Venise qui est au bord de l'effondrement : partagée jusqu'au drame, infiniment belle dans ses amours.

  • « - J'aimerais que vous me parliez de ma mère. J'ai tout mon temps.
    Alors, je lui parlai de sa mère, de ce que je savais de Suzanne. De son intelligence si rapide, si ironique. De sa bonne humeur et de son appétit de vivre. De nos fous rires pour un rien. Elle ne se plaignait jamais. Elle ne voulait pas vieillir. Elle lisait beaucoup. Ses jugements étaient sans appel. Je lui parlai peut-être aussi d'une Suzanne qui n'avait jamais existé. On se crée toujours des amis imaginaires. Je lui racontai l'histoire du disque soixante-dix-huit tours de mon enfance.
    - Je n'ai pas le souvenir de l'avoir jamais entendue chanter, me dit-elle».
    F.V.

    2 Autres éditions :

  • Gioacchino Rossini

    Frédéric Vitoux

    • Seuil
    • 1 Novembre 1986

    Rossini l'homme pressé... Entre 1810 et 1829, il écrit quarante opéras, il court l'Italie d'une commande à l'autre, il compose des cavatines ou des duettos comme en se jouant, avec une impertinente gaieté et une idéale transparence mélodique qui ont masqué parfois son génie harmonique.

    Rossini l'homme fêté... L'auteur du Barbier de Séville et de Guillaume Tell est sacré bientôt par ses contemporains le plus grand compositeur de son temps. Il a révolutionné l'opera seria. Le romantisme a trouvé avec lui ses premiers accents, alors que flamboyaient et s'éteignaient sous sa plume les dernières et sublimes vocalises d'un siècle, le XVIIIe, de haute civilisation.

    Rossini l'homme silencieux... A quarante opéras succédèrent quarante années de silence. Pourquoi ?

    /> Rossini l'homme trop longtemps méconnu... Qui se souvenait, il y a quelques années, de la Donna del lago qui préfigure déjà Weber, de la Pietra del paragone (comme la rencontre de Cosi fan tuttte et de l'opera buffa), des savants et somptueux operas serias composés pour l'opéra de Naples, comme Elisabetta, Maometto secondo ou Mosé in Egitto, sans parler de l'inoubliable redécouverte du Viaggio a Reims au début des années 80, cet adieu de Rossini à la folle et subtile gaieté italienne ?

    Rossini-ci, Rossini-là... Grâce au festival de Persaro (ville natale de Rossini), à la création de nombreux opéras, aux nouveautés discographiques, l'actualité rossinienne bondit enfin depuis peu de découvertes en émerveillements.

    Ce livre est là comme une synthèse, un portrait de l'homme, l'exploration d'une oeuvre enfin reconsidérée. "A force d'être heureux à la Scala, j'étais devenu une espèce de connaisseur", disait Stendhal. Ce livre est là aussi comme l'éveil d'un bonheur.

  • L'ami de mon père

    Frédéric Vitoux

    Par le biais de la fiction romanesque, Frédéric Vitoux revient sur le passé de son propre père. Ce dernier, journaliste au Petit parisien et à Je suis partout, condamné pour «intelligence avec l'ennemi», purgea de 1944 à 1947 une peine de prison à la centrale de Clairvaux. Il y rencontra un étonnant personnage, ancien engagé de la division Charlemagne, qui plus tard partira à Hollywood et deviendra l'agent de stars. C'est cet «ami de son père» qui, au début des années 60, débarque dans le midi et entraîne le narrateur, encore adolescent, dans une folle virée tropézienne, et évoque à demi-mots son passé. Le voile de silence maintenu par le père se lève alors...

    Sous les apparences d'un récit initiatique, Frédéric Vitoux nous livre ici l'un de ses romans les plus poignants.

  • Le roman de figaro

    Frédéric Vitoux

    • Fayard
    • 21 Septembre 2005

    La Mère coupable, c'est un peu le Vingt ans après de Beaumarchais. Figaro a vieilli depuis les temps heureux du Barbier de Séville et du Mariage de Figaro. En un sens, il a triomphé. La nuit du 4 août 1789 a aboli les privilèges. La chute du roi est annoncée, bientôt consommée. Rosine, la « mère coupable », a caché le secret sur le vrai père de son enfant, qui était Chérubin. Almaviva s'insurge contre les temps révolutionnaires. Un nouveau Tartuffe - un Tartuffe humanitaire, symbole de l'âge moderne - menace la paix de cette famille.

  • Il y a une tempête au centre de ce livre. Et l'action circule librement autour d'elle comme autour d'un point d'attraction, pourtant toujours tenu à distance. Les trois séries d'épisodes qui constituent la narration, les trois " cercles " découpés autour de l'orage, évoquent en fait les diverses étapes d'une même vie.Avant l'orage : l'adolescence d'un garçon sans imagination qui s'apprête à rejoindre une école d'hydrographie. Déjà ses propres expériences signalent métaphoriquement les tempêtes qu'il aura à affronter. Pendant l'orage : lorsque le marin est confronté à la véritable tempête, dans le calme lénifiant d'une province anglo-saxonne. Après l'orage enfin : dans une maison de retraite où un marin achève ses jours.Le thème initial qui a inspiré ces variations est tiré du célèbre roman de Joseph Conrad : Typhon. Tourner autour du Typhon comme le fait le navire - c'est-à-dire autour de l'action - ou le traverser, ce dilemme qui est au coeur du livre est aussi celui qui oppose le roman traditionnel au " pur " récit.

  • " Un chat c'est l'ensorcellement même, le tact en ondes... " notait Céline. Et Bébert, énorme matou tigré au maintien aristocratique et à l'intelligence prodigieuse, glouton et râleur mais toujours d'une " fidélité de fauve ", n'était pas, qui plus est, un chat ordinaire.

    Abandonné par son premier maître, l'acteur de cinéma Le Vigan, longtemps vagabond dans Montmartre au temps de l'Occupation, il avait été recueilli par Céline et sa femme, et partagea leurs errances, leurs aventures, leur misère, leur exil. " Il se rendait compte de la tragédie. " On comprend que Céline en ait fait l'un de ces héros de ses derniers romans - ces chroniques hallucinées de l'Allemagne de la débâche -, et l'un des chats les plus célèbres de la littérature.
    />
    Oui, Bébert a bien tenu dans son oeuvre ce rôle de " Français à part entière " ont parlait Roger Nimier. Et plus encore, il a servi de révélateur pour l'écrivain quand il ne figurait pas tout simplement pour lui un modèle ou un miroir.

    L'aventure du chat renvoie donc aux derniers romans de Céline, et ceux-ci projettent désormais une image quasi mythique de l'animal.

    Ce livre - entre la biographie et l'essai - est au fond l'histoire d'une double fascination.

    F.V.

  • En 1922, Yedda Godard, qui a franchi la Passe de Khyber, pénètre en Afghanistan... Quelques années plus tard, elle séjourne en Iran où son mari dirige les Services archéologiques. C'est une vie énigmatique, prestigieuse, exotique, aventureuse, qu'elle doit mener là-bas. Comment la suivre à la trace ? Je l'imagine en caravane, d'Alep à Bagdad, longeant l'Euphrate, couchant sous la tente ou dans des caravansérails, côtoyant les ruines de basiliques byzantines ou de forteresses macédoniennes... Ou bien attaquée par des nomades afghans... Itinéraire fabuleux que celui de cette vieille dame que j'ai connue barricadée dans son appartement du quai d'Anjou, et dont la gaieté, la malice, la générosité cachaient son attente angoissée de la mort. Le 4 août 1976, Yedda Godard succombait à une crise cardiaque. Elle avait quatre-vingt-sept ans. Et cette voisine que nous aimions, Nicole et moi, nous a légué sa bibliothèque qui la reflétait comme un miroir. Qu'en faire ?
    Peut-être me fallait-il la lire et déchiffrer l'image tremblante qui se dessinait. L'image non seulement de Yedda mais aussi de ses tentatives pour arrêter le temps et se préserver de la mort. Et puis, à mesure que ses livres se confondaient avec les miens, ma propre image plus trouble encore que je risquais de retrouver. Fortuitement.

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