Jean-Louis Chrétien

  • Fragilité

    Jean-Louis Chrétien

    Les Grecs anciens, méditant la condition humaine, voyaient dans la faiblesse, le manque ou le dérobement de la force, un de ses traits essentiels. Les Latins introduiront la fragilité, la possibilité de se briser, parfois tout à coup et de façon imprévisible, et la transmettront aux langues et aux cultures de l'Europe occidentale. Ce « lieu commun » de notre compréhension de nous-mêmes parcourt tous les domaines de la philosophie à la poésie, du roman à la peinture ou à l'histoire. Bien que nul ne l'ignore, chaque homme et chaque génération le découvrent en acte avec une sorte de saisissement et d'effroi.
    Ce livre en décrit d'abord les figures variées, dans une longue durée, et suivant la polyphonie des oeuvres qui donnent à voir l'humaine fragilité. Il va de l'impuissance et du dénuement du nourrisson comme miroir de notre condition, et des matières fragiles (le verre, l'argile, la bulle de savon) qui en sont les symboles toujours repris, à la fêlure invisible qui soudainement produira la catastrophe. La poétique des ruines, où l'on contemple les débris des hautes civilisations qui se croyaient là pour toujours, précède une réflexion sur la beauté propre du fragile comme sur la fragilité du beau comme tel.
    Il y va dans un second temps du concept même de fragilité, de Sénèque à Kant et au-delà. Ce sont les Pères de l'Eglise latine, et notamment saint Augustin, qui donneront à la fragilité un sens fondamentalement moral, celui d'un penchant au mal et à l'injustice, qui ira s'approfondissant, avant que la modernité ne tente de l'écarter.
    Le livre s'achève sur ce qui l'a rendu possible, la fragilité de la voix humaine, qu'un rien peut briser, et qui pourtant dit le sens qui ne périt pas, et que l'homme se transmet, en le renouvelant, d'une génération à l'autre.

  • Le but de ce livre est de présenter l'Italie et de donner en même temps quelques clés de lecture des principales constantes et des quelques changements majeurs qui en ont caractérisé l'histoire, depuis sa naissance en 1861 jusqu'au séisme politique des années 1990. Un court regard rétrospectif permet de retracer les racines de nombreuses spécificités de la vie italienne dans l'histoire précédente de la Péninsule.
    Les spécialistes y trouveront une tentative d'analyse liée à la faible productivité générale du système qui ouvre de nouvelles perspectives de compréhension jusque-là inexplorées. Le public plus large y trouvera un nouveau récit de l'histoire de l'Italie contemporaine, conduit avec un style
    narratif qui ne se contente pas d'une simple exposition des faits mais privilégie une explication. Un appendice chronologique, incluant aussi de courtes biographies et des repères cartographiques facilitera la tâche du lecteur non spécialiste. La joie nous rend plus vifs dans un plus vaste monde. Comment penser cet élargissement du dehors et du dedans, et le chant neuf de ses possibles ? Et de quelle manière décrire ce que la Bible nommait dilatation du coeur, laquelle parfois se produit jusque dans l'épreuve et l'angoisse,
    comme si leur pression faisait naître une force à nous-mêmes imprévue oe
    Plus encore que les philosophes, les poètes et les mystiques ont su ce qu'il en est d'être soulevé par cette crue de l'espace, et déchiré presque par cette joie. De saint Augustin à saint Bernard et à sainte Thérèse d'Avila, du trop méconnu Thomas Traherne à Victor Hugo, Walt Whitman, Paul Claudel et Henri Michaux, ces explorateurs de la joie spacieuse servent ici de maîtres et de guides pour ce pays qui peut s'ouvrir au détour du moindre chemin, voire au coin d'une chambre, si nous nous laissons rejoindre et traverser par sa soudaine lumière. Lourd d'histoire est le mot « dilatation », mais riche aussi de promesse.

  • S'approprier un lieu pour l'habiter est un acte fondamental de l'homme. Mais ce que nous sommes, il nous faut aussi apprendre à le faire nôtre, en découvrant, exerçant et habitant nos possibilités. Cet espace intérieur est-il essentiellement celui de ma solitude, où nul autre ne peut pénétrer, ou peut-il être celui d'une hospitalité, un vide central où Dieu vient demeurer ?
    Dans la continuité d'une tradition qui remonte à la Bible, nos diverses demeures (chambre, appartement, maison, temple, château.) ont permis de figurer et de décrire l'intériorité humaine. Il s'agit de schèmes variés, tantôt pour explorer, tantôt pour construire notre personnalité, et par là pour penser le jeu de nos forces et de nos désirs, le déploiement de nos pensées et de nos actes, et en dégager des lois, selon une topique, du mot qui signifie la disposition des lieux.
    Une rupture et un renversement marquent cette histoire. La topique chrétienne, largement méconnue, forme un modèle diversifié et approfondi au long des siècles, lequel pose l'identité humaine comme habitable par une autre présence que la nôtre. À partir de la Renaissance, et depuis Montaigne jusqu'à Rousseau et Kant, tout comme dans la poésie et le roman, elle tend à s'effacer, avec son horizon mystique, au profit d'un face-à-face avec moi-même, tout en usant des mêmes schèmes. Ainsi se fondent l'identité moderne et la subjectivité.
    À travers la pensée de nombreux auteurs, de saint Augustin à sainte Thérèse d'Avila, d'Origène à Dante, de Baudelaire à Freud, ce livre décrit et médite, selon une généalogie, un axe oublié de la pensée de l'identité, lourd de questions toujours aiguës.

  • Un parallèle entre la philosophie platonicienne, la pensée chrétienne et les analyses modernes de l'oubli, pour comprendre le sens de la perte et le rôle de la mémoire comme vecteur d'espérance.

  • L'appel et la réponse

    Jean-Louis Chrétien

    • Minuit
    • 30 Septembre 1992

    Depuis toujours d'autres voix se sont adressées à la nôtre, et le monde visible lui aussi l'a depuis toujours appelée et requise.
    Ecoute et réponse ne peuvent se dissocier, car on ne peut vraiment écouter qu'en répondant. mais qu'est-ce qu'écouter ? la voix ne porte l'esprit qu'en étant elle-même portée par le corps entier, elle met en oeuvre tous nos sens dans un perpétuel et vif échange. comment penser l'entrelacs de la parole, de l'écoute et du regard ? peut-il laisser hors jeu le sens fondamental qu'est le toucher ? est-il vrai que, selon tous ses sens, le corps écoute ? a travers des analyses qui vont d'aristote à la phénoménologie contemporaine, ce livre comporte une méditation de la beauté comme appel, une critique des pensées d'une voix intérieure, silencieuse et incorporelle, telle la voix de la conscience, et une description des fonctions du toucher dans notre rapport au monde.

  • La voix humaine ne répond qu'à ce qu'il lui est donné d'entendre.
    Répondre, c'est donner sa parole, promettre. penser la promesse impose une critique des philosophies de la présence plénière oú l'exercice du verbe est celui d'une transparence sans appel. que perd-on à tenter de refuser l'obscurité de la promesse ? ce qui interdit la transparence n'est-il pas ce qui donne la parole en l'excédant ?
    Ces questions sont abordées de façon à la fois historiques et phénoménologique.
    Historique, par l'étude critique de pensées oú se décide le sens de la parole, de platon à plotin, de saint thomas d'aquin à malebranche, de kierkegaard à heidegger. phénoménologique, par la description de figures multiples du don et de l'excès : de la nudité au récit de rêve, du journal intime à la confession, de la décision à l'amour.

  • Homme de parole, penseur du Verbe, lecteur patient, saint Augustin ne médite pas seulement les pouvoirs de la voix dans ses écrits sur le langage, mais dans l'ensemble de son oeuvre, inquiète et majestueuse à la fois. Que dit-elle, que montre-t-elle, qu'exerce-t-elle des actes de la parole humaine ? Le décrire est l'objet de ce livre, qui élargit son propos au silence de l'écoute ou de la lecture, comme aux vocalisations sans parole du gémissement ou de la jubilation.
    Depuis l'interrogation et la manducation de la parole jusqu'au témoignage et à la promesse, en passant par la traduction et la confession, le cri et le chant, saint Augustin ne cesse de considérer comment nous répondons au monde, aux autres et à Dieu. Le fil conducteur de cette question traverse et unit tous les domaines de sa pensée, et introduit, dans une lumière neuve, à ses questions majeures.


    Table des matières Avant-propos, Chapitre premier. - Interroger Chapitre II. - Écouter Chapitre III. - Manger, boire Chapitre IV. - Ruminer Chapitre V. - Éructer Chapitre VI. - Traduire Chapitre VII. - Lire Chapitre VIII. - Se taire Chapitre IX. - Enseigner Chapitre X. - Mentir Chapitre XI. - Confesser Chapitre XII. - Témoigner Chapitre XIII. - Chanter Chapitre XIV. - Crier Chapitre XV. - Bénir Chapitre XVI. - Demander Chapitre XVII. - Exaucer Chapitre XVIII. - Promettre Chapitre XIX. - Rappeler Chapitre XX. - Pardonner Chapitre XXI. - Baptiser Chapitre XXII. - Gémir Chapitre XXIII. - Jubiler

  • La rencontre des artistes et du visible est tout à la fois approche et lutte, un corps à corps.
    Peinture et poésie n'ont cessé de répondre, à leur façon propre aux manifestations du corps humain. Le concept de création est-il pertinent pour penser leur faire-oeuvre ?
    De l'esprit, le corps témoigne diversement dans son chant ou son silence, sa nudité ou ses absences. De Chardin à Braque, de Rembrandt à Delacroix, de Keats à Verlaine, de Mallarmé à Claudel, l'art approfondit ce que ses actes ont d'inépuisable.

  • Prendre ou recevoir la parole, faire confiance à son pouvoir, verser des larmes de tristesse ou de joie et accompagner celles d'autrui, se servir des choses et des outils qui nous entourent, incorporer ce qu'on fait sien, s'incorporer à une
    communauté historique, chercher et trouver, ne pas trouver ce qu'on cherchait, trouver aussi ce qu'on ne cherchait pas, tels sont les actes quotidiens dont ce livre aborde le sens.
    Ces actes lourds d'humanité sont décrits dans leurs diverses possibilités avec l'aide de philosophes et de mystiques, de poètes et de romanciers variés, qui vont des Grecs au XXe siècle. Ce sont des promesses d'avenir que nous recevons au lieu de les faire, et tenons sans les avoir passées. Furtives, elles peuvent passer inaperçues au milieu du tumulte, mais elles seules, dans leur simplicité, nous apprennent la patience de la pensée, la douceur du geste, le courage de l'espérance, et cette « vérité dans une âme et dans un corps » dont parlait Rimbaud.

  • Nous ne pouvons connaître les autres hommes que par leurs gestes, leurs paroles et leurs actes. Depuis deux siècles, le roman ne s'en est plus satisfait, et s'est voué, avec une intensité toujours croissante, à nous montrer la conscience au grand jour. Ce qu'elle a de plus secret, et parfois pour elle-même, vient sous nos yeux dans le moi ndre récit. Et ce que la Bible réservait à Dieu, sonder les reins et les coeurs, est devenu l'attribut commun des romanciers.

  • Renouvelant profondément la présentation de la conscience, Gustave Flaubert et Henry James ont ouvert au roman des régions jusqu'alors inconnues, et donné à ce genre au XXe siècle la mesure de sa tâche et de son exigence. Le jugement moral sur les personnages s'atténue ou se suspend, au bénéfice d'une description aussi fine qu'ambiguë. Et cette descente dans les abîmes intérieurs délaisse désormais la trop nette articulation du monologue intérieur (étudié au t. I) pour une approche plus subtile, notamment grâce au style indirect libre, dans une parole à mi-voix.
    Comment les mouvements et les glissements de la conscience en viennent-ils à prendre une force dramatique plus intense que les événements même du monde ? Pourquoi son " intime aventure " occupe-t-elle à présent le centre ? En quoi ce qui faillit seulement avoir lieu peut-il avoir autant d'effet que ce qui se produisit ? Par quels modes du style le secret peut-il être suggéré comme tel, avec tout le non-dit qu'il suscite ? Pourquoi la vie quotidienne se fait-elle ce qu'il y a de plus lourd d'un sens inépuisable ? Et quel jour neuf se lève-t-il alors sur notre relation aux choses et aux lieux, comme sur les rapports de force qui ordonnent nos multiples liens avec les autres consciences, noeuds de notre identité ? Comment montrer avec rigueur le règne en nous du faux, de l'illusion, du clair-obscur ?
    Ce volume présente les conclusions du diptyque sur la vision que le roman des deux derniers siècles a prise de l'humaine conscience dans toutes les nuances de sa fragilité.

    Jean-Louis Chrétien est né en 1952 à Paris.
    Professeur de philosophie à la Sorbonne (Paris-IV), il a publié depuis 1985 six recueils de poèmes et une vingtaine d'ouvrages de philosophie et de théologie.

  • S'engager à jamais, est-ce amoindrir sa liberté, ou la porter à sa plus haute puissance ? Qu'est-ce que le style d'un philosophe ou d'un mystique nous manifeste de l'expérience de la pensée ? En quoi la pensée requiert-elle nécessairement la traduction, que ce soit d'une langue à l'autre, ou d'une dimension de la parole à une autre ? La beauté de la nature doit-elle être comprise à partir du concept d'art ? Comment les oeuvres d'art vivent-elles, et meurent-elles, à travers les générations ? La tradition biblique a-t-elle quelque chose à nous apprendre sur la puissance de la musique ? Y -a-t-il plus de bonheur dans la durée que dans un instant de plénitude ?

    Ces questions, irréductiblement diverses, mais non pas divergentes, sont ici abordées à travers un dialogue avec Plotin ou les Pères de l'Église, comme avec Kant ou la phénoménologie française du siècle dernier (Merleau-Ponty, Sartre, Levinas, Michel Henry), et des penseurs moins connus ainsi que Joseph Joubert ou Louis Chardon.

    Ces quatorze études (dont trois inédites) s'échelonnent sur une trentaine d'années et recoupent les questions centrales de l'auteur. Elles forment des reconnaissances, au sens à la fois d'explorations et d'actes de gratitude, car même des pensées qui nous sont étrangères, voire adverses, nous découvrent notre propre voie et nous aident, par une fraternité indélibérée, à y cheminer.

  • La collection est dirigée par Philippe Capelle, doyen de la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris, il préside le Conseil scientifique de la Chaire Etienne Gilson dont les membres sont : Rémi Brague, Philippe Capelle, Jean-François Courtine, Joseph Doré, Jean Greisch, Alain de Libera et Jean-Luc Marion. La Chaire de métaphysique Etienne Gilson a été créée lors de la célébration à l'Unesco du centenaire de la Faculté de philosophie de l'Institut catholique de Paris en 1995. Sous le patronage de celui qui restera le plus grand historien des idées médiévales du XXe siècle, une tâche et une méthode ont été définies : comprendre les auteurs de façon contextuelle, déterminer la nouveauté de développement apportée en faisant apparaître l'héritage dans lequel ils s'inscrivent, explorer la portée de plusieurs thèmes. Cette Chaire se propose d'être l'instrument d'une nouvelle interrogation portant sur la métaphysique, son histoire et son statut contemporain dans les diverses traditions philosophiques.

  • Le regard de l'amour a sa lumière et sa lucidité. Car il est nu, libre et dégagé pour l'autre. Comment voit-il, et que voit-il ? En quoi peut-il changer notre vie ? Pourquoi sa joie, qui nous fait demeurer vigilants, est-elle inquiète ? Et quelle est son ultime espérance ? Du silence fermé du désespoir au silence ouvert de la prière, de l'angoisse à la joie, de la solitude à la communauté, de la foi à la vision, nombreux sont les chemins ici explorés. En méditant le témoignage de grands penseurs chrétiens, de saint Augustin à saint Bernard, de Luther à Kierkegaard, ainsi que des mystiques, ce livre montre comment l'Incarnation du Christ renouvelle toutes les dimensions de notre existence et confère au temps sa gravité vraie. Elle ouvre une autre façon d'être ensemble, en faisant que l'amour soit plus fort que la mort. Car lui seul est définitif.

  • Fondée en 1953 par Jean Hyppolite, la collection "Epiméthée" a été reprise en 1981, par Jean-Luc Marion, Professeur à l'Université de Paris IV-Sorbonne. Cette collection repose sur trois orientations : la traduction des grands textes de la tradition ; la phénoménologie, entendue comme tradition créatrice de la philosophie ; et enfin l'histoire de la philosophie.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Les vrais secrets ne se dérobent pas. Ils veulent intensément cette clarté qui les donne sans les trahir et les confie sauvegardés, clarté de la lueur où la nuit se rassemble et se livre en un regard pour que nous puissions la prendre à coeur. La révélation de Dieu ne profane pas son mystère, elle est l'événement où ce mystère s'expose à nous et nous expose à lui, sans cesser d'être mystère, et nous blesse d'une blessure que rien, jamais, ne pourra guérir, celle de l'amour infini. Le mystère s'accomplit dans la révélation, la lueur est l'offrande même du secret. Comment la gloire de Dieu peut-elle nous être donnée sur l'ostensoir nocturne de la croix ? Quels sont les liens essentiels de la révélation et du secret ? Jusqu'où le verbe peut-il aller, chargeant d'un avenir irrémédiable le silence qui semble l'engloutir ? Comment le Dieu caché et le Dieu révélé sont-ils le même et unique Dieu ? Telles sont les questions de ce livre, qui tente d'y répondre par un dialogue philosophique avec plusieurs grands penseurs de la tradition chrétienne, Origène, Denys l'Aréopagite, Saint Jean de la Croix, Martin Luther.

  • Les vrais secrets ne se dérobent pas. Ils veulent intensément cette clarté qui les donne sans les trahir et les confie sauvegardés, clarté de la lueur où la nuit se rassemble et se livre en un regard pour que nous puissions la prendre à coeur. La révélation de Dieu ne profane pas son mystère, elle est l'événement où ce mystère s'expose à nous et nous expose à lui, sans cesser d'être mystère, et nous blesse d'une blessure que rien, jamais, ne pourra guérir, celle de l'amour infini. Le mystère s'accomplit dans la révélation, la lueur est l'offrande même du secret. Comment la gloire de Dieu peut-elle nous être donnée sur l'ostensoir nocturne de la croix ? Quels sont les liens essentiels de la révélation et du secret ? Jusqu'où le verbe peut-il aller, chargeant d'un avenir irrémédiable le silence qui semble l'engloutir ? Comment le Dieu caché et le Dieu révélé sont-ils le même et unique Dieu ? Telles sont les questions de ce livre, qui tente d'y répondre par un dialogue philosophique avec plusieurs grands penseurs de la tradition chrétienne, Origène, Denys l'Aréopagite, Saint Jean de la Croix, Martin Luther.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • "La Bible fait comparaître les animaux devant Adam, afin qu'il leur donne un nom. La parole est ainsi la première arche, invisible mais sonore, qui garde et sauvegarde les vivants. Comment peut-elle le faire ? Et à quelle fin ? En quoi cet accueil du monde manifeste-t-il l'essence de la parole ?

    Celle-ci comporte plusieurs dimensions, qui ne s'épuisent pas dans la seule énonciation. C'est pourquoi le présence du corps tout entier dans la voix, l'hospitalité de l'écoute, les multiples modes selon lesquels nous pouvons faire silence sont successivement décrits. Aucune voix ne parle sans dialogue.

    Mais s'agit-il seulement d'accueillir le monde et sa beauté ou pouvons-nous tenter, dans la louange, de l'offrir ? " Texte de couverture Table des matières Introduction Chapitre I. - L'inouï Chapitre II. - La parole blessée. Phénoménologie de la prière Chapitre III. - L'hospitalité du silence Chapitre IV. - La beauté dit-elle adieu ?

    Chapitre V. - L'offrande du monde, 151 Index nominum203

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