Yann Potin

  • Les pouvoirs de l'écrit dans la société médiévale ne reposent pas seulement sur la capacité des institutions à le produire ou à le diffuser. Le cas particulier du royaume de France et de son État en gestation à la fin du Moyen Âge manifeste un rapport singulier à la conservation des supports et des valeurs de l'écrit dans des espaces réservés et situés au coeur des Palais et qui forment autant de «?trésors?». La localisation de ces dépôts structure l'espace et la dynamique de centralisation du pouvoir capétien et assure indirectement, par leur inscription dans les espaces urbains, une présence et un pouvoir de l'écrit bien plus large?: la visibilité indirecte des trésors d'écritures. Ces «?trésors?» de titres, de chartes, de manuscrits informent la «?sapience?» d'un souverain qui pose ainsi les fondements d'une «?science de l'État?».
    Cet ouvrage rassemble un certain nombre d'études singulières sur le Trésor des chartes entre le xiiie et le xvie siècle, et la librairie royale, dite «?de Charles V?», entre son installation au Louvre en 1368 et sa dispersion au début du XVe siècle. Ces travaux sont précédés de textes généraux sur la question du statut de la fonction politique et symbolique de la thésaurisation royale.

  • Avec Tintin et Blake et Mortimer, Alix est la figure emblématique du Journal Tintin, dont il fit les beaux jours depuis sa naissance, en 1948, jusqu'à la fin des années 1980. Son auteur, Jacques Martin (1921-2010), fut l'un des piliers des Studios Hergé, où il mena de front ses propres séries (Alix et Lefranc), tout en collaborant aux albums de Tintin. Son esthétique classiciste, d'abord influencée par Hergé et E.P. Jacobs, s'appuie sur une vision à la fois rigoureuse et fantasmée de l'Antiquité romaine. Alix écrit son propre roman d'apprentissage dans un monde cruel, complexe et fascinant, pour devenir l'un des premiers héros modernes de la bande dessinée.

  • Avec Tintin et Blake et Mortimer, Alix est la figure emblématique du Journal Tintin, dont il fit les beaux jours depuis sa naissance, en 1948, jusqu'à la fin des années 1980. Son auteur, Jacques Martin (1921-2010), fut l'un des piliers des Studios Hergé, où il mena de front ses propres séries (Alix et Lefranc), tout en collaborant aux albums de Tintin. Son esthétique classiciste, d'abord influencée par Hergé et E.P. Jacobs, s'appuie sur une vision à la fois rigoureuse et fantasmée de l'Antiquité romaine. Alix écrit son propre roman d'apprentissage dans un monde cruel, complexe et fascinant, pour devenir l'un des premiers héros modernes de la bande dessinée.

  • C'est à une nouvelle histoire des historiens que nous convie cet ouvrage, à la lumière d'une notion dynamique et féconde, celle de génération. Les 58 auteurs réunis dans ce volume explorent pour la première fois l'évolution de leur discipline à l'aune des « générations historiennes » qui l'ont façonnée. De Jules Michelet à nos jours...
    Trois grandes parties forment la trame de cet ouvrage choral. La première fait revivre deux siècles d'historiographie française en dressant le portrait de 14 générations qui se sont succédé depuis le début du XIXe siècle.
    La deuxième partie donne la parole à une trentaine d'historiennes et historiens nés entre 1942 et 1983, invités à retracer leur propre itinéraire. Ont-ils eu le sentiment d'appartenir ou non à une génération et de s'inscrire en rupture par rapport aux précédentes ?
    Enfin, à partir d'une quinzaine d'études de cas (la Révolution française, l'histoire coloniale, l'histoire des femmes...), la troisième partie revisite, sous l'angle générationnel, les grands débats qui agitent le champ foisonnant du travail historique.

  • De 1914 à 1918, la future Françoise Dolto, née Marette en 1908, grandit au sein d'une famille bourgeoise de l'ouest de Paris. Entre 5 et 10 ans, elle est une petite fille projetée, comme tous les enfants de son âge, au milieu d'une tragédie qui la dépasse, l'enveloppe pour laisser en elle des traces indélébiles.
    À sept ans, la petite Françoise, malgré son jeune âge, est choisie par son parrain, frère cadet de sa mère et jeune officier, Pierre Demmler, comme marraine de guerre, rôle qu'elle prend très au sérieux. Elle ira jusqu'à s'imaginer future épouse et mère de ses enfants. Toute la famille se prête à ce jeu ambigu. Le jeune homme meurt au front en 1916. Pour la petite fille c'est un deuil terrible. Plus tard, la psychanalyste relatera cet événement : « Je me suis retrouvée veuve de guerre à 7 ans ».
    À partir des lettres échangées entre Françoise et Pierre, ce livre s'organise comme un voyage et une enquête sur la vie intérieure d'une petite fille face à la violence de la guerre mais aussi sur les réminiscences ultérieures de ce traumatisme, tout à la fois subi et choisi par l'ordre et l'institution familiale. Ce veuvage par adoption constitue ainsi la crypte d'une expérience spécifique de la disparition. Face aux souffrances et dysfonctionnements des enfants ayant grandis durant une autre Guerre mondiale, la pédopsychiatre et psychanalyste saura se souvenir de cette expérience sublimée.

  • Des Rois thaumaturges à La Société féodale, des Caractères originaux de l'histoire rurale à L'Etrange Défaite, Marc Bloch (1886-1944) a construit une oeuvre imposante, exigeante, ambitieuse, renouvelant en profondeur les conditions d'exercice du métier d'historien. Ces Mélanges historiques, vaste recueil d'articles réunis par ses disciples et publié pour la première fois en 1963, éclairent l'évolution d'une pensée toujours en mouvement, rompant avec les vieux schémas de l'histoire événementielle pour accoucher d'une méthode novatrice, attentive à la longue durée, aux mentalités collectives, aux structures économiques et sociales. C'est d'abord et surtout en médiéviste que Marc Bloch, de sa culture encyclopédique, embrasse ici des domaines aussi variés que l'histoire du servage, les transformations de la vie rurale, les conséquences sociales de l'invention du moulin à eau ou l'évolution des rites de la cour royale. Une histoire vivante, sensible, charnelle, dont se réclameront Fernand Braudel, Ernest Labrousse, Emmanuel Le Roy Ladurie et Alain Corbin. L'oeuvre d'un historien majeur du XXe siècle, lu et commenté dans le monde entier.

  • Des archives aux formes multiples, conservées dans des institutions également multiples, gardent trace d'oeuvres plastiques et chorégraphiques ou de performance, qu'on ne connaît plus qu'à travers ces documents. Ce livre présente, en une série de cas concrets analysés et illustrés (50 illustrations), les modalités qu'ont aujourd'hui les artistes de se saisir de ces traces, apparemment mortes, pour (les interpréter et) en faire des créations nouvelles.

  • Qu'est-ce que le patrimoine ? Pourquoi notre société accorde-t-elle une telle importance (de plus en plus d'importance ?) à cette notion ? A-t-elle valeur universelle ? Jusqu'où peut-elle s'étendre ? Quelles relations entre histoire, mémoire et patrimoine ? Autant de questions actuelles auxquelles ce dossier répond à travers des exemples très parlants.

  • Georges Mongrédien (1901-1980), historien prolixe, spécialiste de la vie littéraire et du théâtre au XVIIe siècle, fut captif en tant qu'officier durant toute la Seconde Guerre mondiale.
    L'expérience de l'enfermement dans l'oflag XI A (Osterode am Harz) jusqu'à l'été 1941, puis dans l'oflag IV D (Elsterhorst bei Hoyerswerda) jusqu'en février 1945 a suscité en lui le besoin non seulement d'écrire au quotidien, mais aussi celui de reconstituer une véritable vie intellectuelle et artistique au sein même du camp. Mongrédien, avec la complicité de ses codétenus, a ainsi participé à la création d'une université et d'une bibliothèque (le plus de 7000 volumes, monté des expositions dans les baraquements, mis en oeuvre un Comité du Livre, tout en assistant à des soirées musicales et des conférences, alors qu'il éditait le Les Cahiers des captifs d'Osterode.
    Cette évasion littéraire et artistique a surtout donné lieu à la rédaction de nombreux carnets et de "Causeries familières", journaux de bord d'une existence obsidionale. En archiviste de lui-même, Georges Mongrédien a pris soin de conserver les documents représentatifs de cette extraordinaire activité littéraire et culturelle: programmes et photos de théâtre, journaux, menus des soirées de remise de prix littéraires, billets de "croisières" musicales...
    Le fonds d'archives ainsi formé constitue le mémorial inattendu d'une captivité associant sans cesse la souffrance de la réclusion aux remèdes littéraires de la vie collective.

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