Yves Revert

  • Beau drôle

    Yves Revert

    « Nous avions fait de Madame des Ursins une idole. Treize ans après sa disparition, celle qui avait été tant aimée et tant haïe était devenue entre nous une sorte de fétiche. Que savions-nous d'elle ? Ce que tout le monde sait. Lorsque Philippe d'Anjou devint roi d'Espagne, quand elle était déjà veuve et habitait Rome, on fit appel à elle pour jouer un rôle de première importance à Madrid. La reine Marie-Louise gouvernait Philippe, Mme des Ursins gouvernait la reine. Quand on a cru qu'elle courait à sa perte, elle s'est révélée indestructible, on l'a crue indestructible, elle était condamnée. Et voilà qu'aujourd'hui, par le jeu des circonstances, je me retrouve chez l'homme au monde qui l'a le mieux connue. Monsieur d'Aubigny, de dix-huit ans plus jeune qu'elle, fut quarante années durant le compagnon de la princesse. Son beau drôle selon le sobriquet que lui avait trouvé M. de Saint-Simon. Lui peut-être saura dire ce qu'il s'est passé exactement ».
    Dans des pages tour à tour fiévreuses et sidérées, Yves Revert dessine le portrait d'une femme de légende, qui fut diplomate au service de Louis XIV et gouverna la moitié de l'univers, mais il raconte aussi la rare histoire d'un amour qui n'osa jamais dire son nom.

  • L'amitié entre Budd Boetticher, réalisateur de western à Hollywood, et Carlos Arruza, le célèbre torero mexicain, donnera lieu à l'un des pires échecs du cinéma de genre des années soixante. Ce magnifique roman d'Yves Revert est la fragile chronique de cette tentative ratée de dire une vie, celle d'Arruza, et un mystère, celui de la tauromachie.

    Arruza se tue dans un accident de voiture, et Boetticher se ruine et plonge dans l'alcool et la dépression à force de vouloir à tout prix terminer ce film. Dans son échec, l'auteur de The Bullfighter and the Lady et de Sept hommes à abattre comprend, mais un peu tard, que le réel surgit rarement quand on l'appelle. Et que, paradoxe ultime, il naît plus sûrement de la fiction...

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