Actes Sud


  • comment construire autrement ? comment faire plus avec moins ? c'est la question qui sous-tend tout le travail de l'architecte et scénographe patrick bouchain, et à laquelle il répond, entouré, comme à son habitude, d'artistes, paysagistes, architectes, cinéastes ou philosophes.


  • La rencontre entre un architecte et un projet adopte parfois des voies inhabituelles. Patrick Bouchain et l'agence Construire souhaitaient depuis un certain temps s'attaquer à la question du logement. Montrer par leur façon de faire que la violence inhérente au terme loger pouvait être remplacée par la politesse du terme habiter.

  • Dans le cadre de la 10e Biennale internationale d'architecture, en 2006, Patrick Bouchain - architecte invité à investir le pavillon français - et son équipe ont transformé ce pavillon d'exposition en pavillon habité.
    En réponse à la thématique de la biennale métacité (en référence aux évolutions physiques et sociales des agglomérations), ils ont proposé d'y construire la métavilla («Mets ta vie là»), conçue pour accueillir le public et les gens de passage, à l'image de ceux qui l'ont investie pour lui donner forme : les membres du jeune collectif d'architectes exyzt, Otar Iosseliani, Lucien Kroll, Jean Lautrey, Liliana Motta, Michel Onfray, Daniel Buren, Coline Serreau, Renzo Piano.
    La moitié du pavillon est investie par une structure en échafaudage qui abrite un hôtel pouvant accueillir une quarantaine de personnes, une cuisine collective, un bar, un salon de lecture, un espace de travail et, sur le toit, un sauna, une mini-piscine olympique, un jardin de l'artiste botaniste Liliana Motta en belvédère sur la lagune. L'entrée du pavillon a été réalisée par Daniel Buren, permettant de «voir autrement», du dedans vers le dehors, renversant la perception de l'architecture du pavillon et sa situation. Le visiteur est invité à vivre dans le pavillon pour parler d'architecture.
    Ce livre en dix leçons raconte les fondamentaux de Patrick Bouchain en matière d'habitat.

  • Depuis une vingtaine d'années, le voyageur arrivant en gare de Marseille découvre, au nord des rails, une agrégation insolite de constructions multicolores, et sur le fronton de l'une d'elles, ce titre poétique : La Friche la Belle de Mai. Il ne se doute pas que là s'épanouit l'un des projets culturels les plus originaux en Europe, rassemblant une soixantaine de structures artistiques et plus de quatre cents personnes dans les domaines des arts plastiques, des arts de la rue, des arts du cirque, du théâtre, de la danse, du cinéma, de la musique ou des arts numériques. Installée sur le site de l'ancienne manufacture de tabac du quartier de la Belle de Mai, La Friche est devenue en deux décennies un espace d'expérimentation unique, où la culture fabrique de l'espace urbain et invente des structures associatives inédites.
    Le livre qui raconte la réhabilitation et l'équipement progressif du site est découpé en trois chapitres : le contexte (historique, politique, économique et culturel de la ville de Marseille) ; les acteurs ; les producteurs. La Friche la Belle de Mai, par le caractère inédit de l'expérience, c'est-à-dire la création d'un nouveau mode de ville, est un exemple réussi de lien étroit entre projet culturel et projet urbain.

  • De même que le cirque, l'homme a besoin d'un rapport vrai au sol. Tel est le principe de base de la conception de l'académie Fratellini à Saint-Denis, un lieu original avec ses constructions posées comme un campement Forain, à même le sol, de plain-pied avec la ville, sur l'asphalte de l'espace public.


  • le lieu unique, installé dans l'ancienne biscuiterie lefèvre-utile à nantes, est l'aboutissement d'un défi : la rencontre entre un projet culturel innovant et une démarche architecturale inhabituelle.


  • L'idée - refaire le voyage de Christophe Colomb avec un cargo - vient de Philippe Bouler, tourneur et producteur de spectacles qui connaît l'Amérique latine comme sa poche, et de Pierre Orefice, administrateur et producteur délégué de Royal de Luxe. Jean-Luc Courcoult l'enrichit en proposant de construire une rue dans la cale du navire, qu'il baptise Melquiadès-Ville de Nantes, du nom du personnage de Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez. Parce que la découverte du Nouveau Monde n'est pas historiquement tout à l'honneur du vieux continent, le projet se doit d'être pensé comme un trait d'union entre deux parties du monde et comme un témoignage d'amitié entre les peuples. Quatre compagnies (Philippe Découflé, Philippe Genty, la Mano Negra et Royal de Luxe) vont porter ce message. Avec la décision de la ville de Nantes d'acheter le cargo et l'appui financier du ministère des Affaires étrangères commence le marathon de la recherche de financements, l'immersion dans le marché international des navires marchands, la mise aux normes du cargo, la construction à fond de cale de la rue Jules-Verne - une vraie rue avec commerces et bistrots pour recevoir le public et les artistes. Puis c'est l'aventure de la tournée, avec ses escales et ses périodes de navigation, accompagnées de son lot d'anecdotes et de péripéties.

  • Chassés de Mésopotamie, les Chaldéens ont trouvé refuge entre le vieux Sarcelles et les tours de la ville nouvelle, C'est là, sur ce terrain délaissé, qu'ils ont recréé leurs jardins et inscrit de nouveau leur tradition.

  • Il ne s'appelle pas encore Igor tout court, mals Gonin comme tout le monde.
    Il est assis le dos droit les épaules peut-être déjà un peu voûtées comme un colosse de Rodin. Il porte des mitaines. Le système de chauffage nommé chaufferette assouplit ses orteils mais ne monte guère plus haut que les chevilles Là-haut, on se les gèle...Des débuts dans la rue dans les années 1970 au campement à Saint-Jacques-de-la-Lande, le parcours de Dromesko à travers ses lieux de vie et de créations : le premier chapiteau, la volière, la baraque.

  • Ce livre rend compte du travail au long cours de l'association f.a.c.e., qui s'attelle depuis onze ans à monter pas à pas un réseau d'interactions avec les habitants de ce territoire délaissé qu'est la cité des 4000 à La Courneuve. L'association a été fondée par un artiste et ancien missionnaire texan, Monte Laster, qui s'est installé à La Courneuve au milieu des années 1990, dans un ancien moulin entouré d'un immense jardin et des barres d'immeubles.

    «La Face cachée» évoque ce que l'on découvre aux portes de Paris, à La Courneuve, derrière des arbres, au pied des tours de la cité des 4000. Dans cette cité délaissée par les politiques et promise depuis des années à des projets architecturaux et urbanistes absurdes, qui ne prennent en compte ni la population ni le contexte, véritable no man's land, existe un moulin dont les premières traces remontent au xiie siècle : le Moulin Fayvon, réinvesti par un artiste texan, Monte Laster. Loin des stéréotypes et des stigmatisations véhiculés par les médias sur cette banlieue, un autre regard est proposé ici, celui de Monte Laster. Grâce à son association, il cherche à renverser la tendance négative d'un territoire mutilé par les interventions chirurgicales et urbaines, qui ne font qu'aggraver la situation sociale.

    «La Face» évoque donc aussi f.a.c.e. : French American Cultural Exchanges. Cette association fondée par Monte Laster oeuvre, avec divers partenaires (artistes et acteurs de la ville), aux développements du tissu social en mettant en place des projets artistiques avec les habitants, en particulier les enfants, et des projets de rénovation urbaine au long cours. Son travail passe par la réappropriation d'un territoire méconnu. Faire participer les habitants à la ville, afin de renouer le dialogue que l'urbanisme à rompu dans les années 1960, de faire en sorte que les habitants se réapproprient leur ville, de constituer une nouvelle cartographie de la ville, cette fois-ci liée à un imaginaire collectif.

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