Pu De Rennes

  • Ce livre vise à guider le lecteur sur des chemins de traverse de l'art du XVe siècle européen. Il est le résultat de plusieurs années d'enseignement aux étudiants des cursus d'histoire de l'art des universités et, à ce titre, il est d'abord conçu pour proposer des perspectives nouvelles et synthétiques sur ce moment clé de l'histoire artistique du continent. Car l'art du XVe siècle européen est bien le produit d'un basculement, tel que l'Occident en connut finalement assez peu et par bien des aspects admirable, entre l'héritage millénaire du Moyen Âge et l'avènement des Temps Modernes.

    C'est ce récit historique que le présent ouvrage prétend remettre sur l'établi en portant un regard renouvelé sur toute la diversité de ses territoires comme les oeuvres, les hommes, les formes ou les savoir-faire qui les parcourent. C'est en se rapprochant au plus près du travail réel des acteurs, en replaçant celui-ci au sein des géographies vécues ainsi qu'en prenant en considération les contraintes matérielles ou les enjeux dévotionnels pesant sur lui, que l'on pourra proposer un panorama plus complet - car plus incarné - de l'art du dernier siècle du Moyen Âge qui est aussi le premier siècle de la Modernité.

    Pour accompagner le lecteur dans ces chemins de traverse, une série de commentaires d'oeuvres diverses et variées succèdent au texte et contribuent à fournir les clés nécessaires à la compréhension de l'une des périodes les plus fascinantes de notre histoire artistique.

  • Le studio de la Tôei Dôga, fondé en 1956, est dans le Japon d'après-guerre tout à la fois le creuset d'une certaine conception de l'animation, le lieu de la formation d'une grande partie des animateurs, mais aussi le lieu d'émergence et de (ré)invention de l'animation japonaise. Le directeur du studio Hiroshi Okawa cherche à le définir comme le "Disney de l'Orient" et l'oriente vers la production de longs métrages d'animation pour le cinéma.

  • Nuit debout : des citoyens en quête d'une réinvention démocratique Nouv.

    Les luttes sociales et culturelles n'occupent pas toujours la place qu'elles méritent. Ainsi, il ne faudrait pas que Nuit Debout, née en mars 2016, disparaisse de l'imaginaire collectif et de l'histoire pour passer aux oubliettes, parce que rattrapée par d'autres mouvements ou événements ultra-médiatisés, dont les Gilets jaunes, puis le Coronavirus.

    Comme d'autres luttes du début de ce siècle, Nuit Debout a donné à voir, de façon particulièrement spectaculaire, une ferme volonté populaire d'occuper l'espace public pour crier haut et fort de multiples formes de mécontentement, et exprimer une volonté partagée de changement politique, économique et social.

    Pour la première fois, un ouvrage de référence passe au crible le "phénomène" Nuit Debout, et l'observe sous toutes ses coutures, pour mieux comprendre ce qui a "mis le feu aux poudres", mais aussi ce qui a poussé des milliers de Français à s'assembler, plusieurs mois durant, sur nos places publiques. Conciliant enquêtes sociologiques de terrain et analyses théoriques de la démocratie, ce livre donne à voir la singularité de ce mouvement, tout en permettant de mieux appréhender son inscription dans le contexte social très particulier des "mouvements des places".

    Nuit Debout, phénomène spectaculaire, unique, certes, expression particulièrement alarmante d'une époque ne pouvant laisser nos politiques indifférents. Nuit Debout, affirmation de citoyens en quête d'une réinvention démocratique.

  • Bad brains : la psychiatrie et la lutte des noirs américains pour la justice raciale, XXe-XXI Nouv.

    Aux États-Unis, la notion de "race" est utilisée de manière routinière par les médecins en tant que variable biologique, culturelle ou sociale, selon les situations de soins. Croisant les notions de citoyenneté, de responsabilité et de droits civiques, ainsi que les questionnements autour de la politisation de la science, cet ouvrage retrace l'histoire de la médicalisation du corps noir par la profession psychiatrique aux États-Unis, du XXe siècle jusqu'à l'époque contemporaine.

    Conjuguant l'histoire et la sociologie, il est ainsi question de retracer les différents régimes par lesquels la notion de race a été jugée pertinente par les psychiatres pour naturaliser les différences corporelles des années 1920 jusqu'à l'époque contemporaine.

    En s'appuyant sur un corpus d'archives personnelles de médecins, d'institutions de soins et de centres de recherche en psychiatrie, ainsi que sur une enquête qualitative réalisée auprès de psychiatres en Californie, ce livre démontre que la catégorie de "race" irrigue encore et toujours les pratiques et les discours institutionnels, aussi bien dans les représentations que les médecins véhiculent des corps soignés, que dans les stratégies de naturalisation du social employées pour prendre en charge leurs patients.

  • Une histoire du peuple de Bretagne, de la Préhistoire à nos jours.

    Les histoires de Bretagne ne manquent pas... Mais celle-ci adopte un point de vue inédit : celui des paysans, des ouvriers, des marins, celui des hommes et des femmes sans histoire, sans papiers. Elle porte attention aux plus humbles, pas seulement aux puissants; s'intéresse à la vie concrète et aux rêves qui s'y enracinent, pas seulement aux couronnements et aux batailles ; risque d'autres chronologies; ruine quelques évidences...

    La crise économique de l'âge du fer, l'arrivée des Bretons en Armorique, la condition paysanne pendant la féodalité, la révolte des Bonnets rouges, la traite négrière, la Révolution et la Chouannerie, le développement du chemin de fer, l'émigration bretonne, la Grande Guerre, la Résistance, la crise du modèle agricole breton, Notre-Dame-des-Landes... Autant de moments de notre histoire examinés d'un oeil neuf.

    Émergent ainsi de nouvelles figures, émouvantes ou pittoresques, jusque-là noyées dans l'anonymat des siècles. Et de nouveaux sujets : manger à sa faim, lutter pour sa dignité, découvrir de nouveaux horizons, accéder au savoir, devenir citoyen...

    Pas de jargon, un rythme de lecture facile : cette histoire a été rédigée avec le souci de s'adresser au plus grand nombre tout en obéissant à la rigueur du métier d'historien.

    Ce livre a été rédigé par trois historiens et un journaliste : Alain Croix, Thierry Guidet, Gwenaël Guillaume et Didier Guyvarc'h.

    Ils sont les auteurs de nombreux autres ouvrages dont, chez le même éditeur, l'Histoire populaire de Nantes.

  • Noblesses en exil : les migrations nobiliaires entre la France et l'Europe (XVe-XIXe siècle) Nouv.

    Comparée à d'autres groupes sociaux, la noblesse d'Ancien Régime a davantage de moyens et de raisons d'émigrer. Certaines familles, parmi les plus puissantes, disposent d'une envergure européenne et cosmopolite qui leur permet de faire carrière dans différents pays. D'autres encore prennent la route de l'exil pour fuir les persécutions qu'elles subissent dans leur pays natal.

    La France est particulièrement touchée par cette mobilité internationale : elle connaît une forte émigration, provoquée notamment par les conflits religieux des XVIe-XVIIe siècles et la répression de la communauté protestante ; mais elle bénéficie également d'une abondante immigration nobiliaire, portée par l'attractivité des carrières qui s'offrent dans l'administration et l'armée royales.

    Les flux sont intenses avec l'Empire et l'Europe centrale. Cet ouvrage les étudie donc de manière privilégiée, sur une longue durée de quatre siècles. Il permet de comprendre les espoirs des migrants, les conditions concrètes de leurs voyages et leurs capacités d'intégration dans les pays d'accueil.

  • Les psychologues cliniciens qui exercent en institution voient leurs pratiques et leurs références théoriques mises en question par les exigences de l'époque soit la gestion, l'évaluation et la marchandisation des prestations, qu'elles soient sociales, sanitaires, éducatives, thérapeutiques ou psychologiques. Cette confrontation n'est pas sans effets sur le quotidien d'une pratique clinique, particulièrement lorsqu'elle s'oriente à partir de la psychanalyse. Celle-ci, depuis Freud, nous invite, non sans raisons probantes, à renoncer à vouloir soigner à tout prix et à tracer la voie d'une éthique nouvelle qui permet d'envisager le symptôme non plus comme un trouble à éradiquer mais comme une source d'enseignements salutaires voire salvateurs pour le sujet souffrant, quel que soit son âge.

    Aussi cette confrontation au discours contemporain vient-elle interroger, sur le plan déontologique, l'aptitude du clinicien à ne pas s'y soumettre totalement; sur le plan éthique, elle renvoie à une certaine conception du Sujet, de ses rapports à l'autre et à l'objet, des conditions de possibilité de sa formation et, si nécessaire, de sa restauration ; et d'un point de vue épistémologique cette confrontation questionne la place et la validité de la psychanalyse en tant que théorie de référence dans les pratiques cliniques actuelles des psychologues en institution et dans leur formation.

  • Lorsqu'il meurt le 22 mars 1950, Emmanuel Mounier n'a que 45 ans. C'est un coup de tonnerre bien traduit par Jean Daniel, futur patron du Nouvel Obs : « Je n'ai jamais eu l'occasion de dire ce que pouvait représenter Mounier pour moi et pour tout un groupe d'Alger. Je suis désarmé par l'accablante nouvelle de sa mort subite ». Même écho, chez tant d'autres comme René Cassin, le cardinal Gerlier, Louis Althusser, Bazaine, Chagall... Il laisse une oeuvre déjà considérable et la forte empreinte de son personnalisme communautaire sur la pensée et l'action de son époque. En des temps de flottement intellectuel et spirituel, ce « personnalisme » demeure aujourd'hui encore une ressource de première grandeur à la fois pour alimenter les existences individuelle et collective, et pour fonder philosophiquement une alternative à notre crise de civilisation sans doute plus radicale encore que celle des années 1930. Après avoir retracé à grands pas le parcours du fondateur de la revue Esprit de la fin des années 1920 à 1950, ce livre d'entretiens s'attache à mettre en valeur l'étonnante actualité pensée de l'évènement. Que ce soit sur le versant économique ou sociétal, culturel, politique ou éthique, sa réflexion livre un puissant socle d'intuitions, de convictions et de valeurs pour une alternative d'ampleur civilisationnelle.

  • La crise sanitaire mondiale qui bouleverse en profondeur les mondes du travail nous incite à considérer avec d'autant plus d'intérêt la nouvelle question posée aux concours (CAPES et agrégation), qui interroge les mutations économiques, sociales, politiques, culturelles et environnementales entraînées par l'industrialisation de l'Europe occidentale des années 1830 aux années 1930. La désindustrialisation qui s'accélère depuis les années 1970 ne se réduit pas à un recul de la production industrielle. Elle signifie aussi l'effritement d'une civilisation industrielle ainsi que la disparition de la centralité du travail qui érigeait la question ouvrière en enjeu politique et social majeur. Ce dossier réunit des spécialistes qui présentent et commentent des sources de natures variées - correspondances, photographies, textes législatifs, pétitions, caricatures, etc. - produites tant en France qu'en Grande-Bretagne, Belgique, Allemagne, Italie et Espagne. Il permet d'éclairer les mutations de l'organisation du travail, leurs impacts sur les conditions de vie et de travail des mains-d'oeuvre artisanales et industrielles, et la place de la question sociale dans la constitution du mouvement ouvrier et des États sociaux.

  • La femme sauvage est une figure qui hante les arts et les lettres, du Moyen Âge au monde contemporain. Marquée par l'altérité, la femme sauvage est souvent marginalisée. Parfois valorisée, quand elle promet un Âge d'or ou un paradis idyllique, fréquemment inquiétante quand elle met en cause les normes qui émanent souvent d'autorités masculines, tantôt anti-femme, exception, monstre, tantôt femme essentielle, elle connaît des infléchissements notables, avec le christianisme et la redistribution des genres qu'il suppose, la découverte de l'Amérique et des "Indiens", les Lumières et leur questionnement sur la classification des espèces, le XIXe siècle, son exaltation, mais aussi son questionnement du progrès et de la civilisation, le XXe siècle et l'époque actuelle, avec le féminisme, la psychanalyse mais aussi l'écologie (qui redessine les contours du monde sauvage).

  • Entre 1929 et 1939 plus de 1300 longs-métrages sont tournés dans les studios français qui comptabilisent 56 plateaux répartis sur 21 sites, dans lesquels travaillent chaque année des milliers de professionnels du cinéma. Bien qu'ils occupent une place centrale dans le système de production des années 30 et constituent le principal espace de travail et de sociabilité des techniciens du film, les studios français sont restés en marge de l'histoire du cinéma. Si les noms évocateurs des Buttes Chaumont, de la Victorine ou de Joinville font immédiatement surgir une multitude d'images féériques et pittoresques de techniciens afférés, de vedettes apprêtées ou de décors monumentaux signés Meerson ou Trauner, le fonctionnement de ces studios, leur rôle dans le système de production et dans l'histoire économique, sociale et culturelle du cinéma français restent largement méconnu. S'appuyant sur grande variété de sources pour la plupart inédites, cet ouvrage propose de dresser un tableau synoptique du système des studios français depuis les premiers tâtonnements du passage au parlant en 1929 jusqu'à la mobilisation générale de septembre 1939, en considérant le studio, non comme un simple outil technique au service des oeuvres mais comme un espace de travail, d'innovation et de création, un lieu d'apprentissage et de sociabilité au sein duquel les dimensions économiques, techniques, artistiques et humaines sont irrémédiablement liées. À travers cette histoire sociale et culturelle des studios français l'auteur éclaire les conditions matérielles de réalisation des films et propose une analyse des dynamiques économiques et sociales d'un milieu professionnel en pleine mutation.

  • Malgré sa présence avérée au cinéma et en photographie, le nocturne n'a pas été systématiquement pensé comme tel au sein de ces deux médiums. Est-ce plutôt un genre artistique, ou bien une catégorie esthétique rassemblant différentes formes artistiques ? Est-ce plutôt une atmosphère (Stimmung) apte à conférer aux différentes images une tonalité émotionnelle singulière, ou bien, de façon plus aisément repérable, un dispositif ou un ensemble de dispositifs destinés à favoriser son surgissement ? Et, si le nocturne rencontre d'impressionnants succès dans « le noir et blanc », en quoi son plein développement est-il lié à l'émergence de la couleur non seulement au cinéma, mais, avec un léger retard, en photographie ? Pour répondre à ces questions, Judith Langendorff étudie au plus près les techniques et les processus de création de réalisateurs et de photographes de la fin des années 1970 et des décennies suivantes, chez lesquels l'emploi de la couleur s'est généralisé et est devenu de plus en plus intense et raffiné. Son fil conducteur est une typologie des métamorphoses liées au nocturne. Elle part d'un inventaire des distorsions de la vision nocturne pour aboutir à la mise en évidence du processus de sublimation qui fonde leur emploi, en rendant accessible un discours interne et en laissant apparaître les motivations des auteurs ou du récit. Ainsi aboutit-elle, dans un troisième temps, au repérage de véritables transfigurations qui semblent attester le rayonnement de l'invisible et le passage d'un univers dans un autre.

  • Jacques Maritain (1882-1973), philosophe, converti au christianisme avec son épouse Raïssa et sa soeur Véra, est l'auteur d'une oeuvre riche et complexe. Ce livre est axé essentiellement sur sa pensée politique et sociale.

    Contrairement à quelques idées reçues, Maritain n'est pas un penseur confessionnel. Disciple de Thomas d'Aquin, il a aussi voulu faire oeuvre créatrice. Sa philosophie est encore fortement pertinente dans son analyse des phénomènes totalitaires, du racisme et de l'antisémitisme, de la technocratie. On le voit sensible aux luttes non-violentes, compréhensif à l'égard des contestations des années soixante. En ce sens, il est aussi un philosophe des contre-pouvoirs, persuadé que l'avenir est aux petits troupeaux, aux minorités de choc prophétiques.

    Avec lui, l'horizon de la pensée politique et sociale ne s'arrête pas au néolibéralisme triomphant qui mène le monde à la catastrophe sociétale et écologique. Il a voulu, par son humanisme intégral, promouvoir une nouvelle civilisation. Cependant, il reste en premier lieu, un croyant, un métaphysicien préoccupé par la condition humaine et hanté par le problème de la souffrance et du malheur frappant les innocents.

    La pensée de Maritain apparaît donc comme une réponse possible à la déconstruction de la postmodernité.

  • L'affirmation que l'art possède une essence est généralement rejetée mais pourtant l'ambition de cet ouvrage est d'établir une théorie réaliste de l'art. Celle-ci passe par une réflexion philosophique sur l'histoire de l'art rejetant l'idée selon laquelle l'introduction de la perspective à la Renaissance aurait représenté un progrès décisif dans l'histoire de la représentation picturale. Le récit convenu de l'histoire de l'art et de sa méthodologie chez les principaux historiens de l'art s'en trouve alors entièrement reconsidéré.

  • L'ouvrage interroge les modes de fabrication des discours dans le milieu de la danse contemporaine en France pour se concentrer sur un réseau entièrement masculin de trois chorégraphes : Jérôme Bel, Boris Charmatz, Xavier Le Roy.

    Considérée pendant longtemps comme un art muet, la danse montre aujourd'hui un renversement de ses pratiques : danseuses et danseurs presque immobiles qui communiquent sur leurs oeuvres; critiques et historiens de la danse qui réfléchissent à côté des artistes sur les conditions d'exercice de cet art ; institutions publiques et privées qui de plus en plus partagent avec les artistes et le public l'attribution d'un rôle social à la danse.

    La réflexion menée autour des formes et des pratiques des discours dans l'art chorégraphique est à la fois esthétique, historique et sociologique. Elle suit une approche de type dramaturgique des discours pratiqués par l'ensemble des acteurs, à partir d'une idée de complémentarité et de complicité des voix. Ce qui émerge est la façon dont le "tournant éthique" de l'artiste "dialogue" avec les conditions de production, celles qui aujourd'hui dépendent du fonctionnement des marchés, du système culturel façonné sur le même modèle économique, et du rapport avec le spectateur en tant que consommateur de biens particuliers.

  • Le japonais... comme au Japon. Chotto Nihongo vous offre :
    Des explications en français facilitant l'auto-apprentissage ;
    Un lexique de plus de 1 300 mots et une centaine d'idéogrammes (Kanji) pour découvrir et pratiquer l'écriture japonaise ;
    Un accès aux structures de base de la langue et de la grammaire japonaises avec des exercices corrigés ;
    Des dialogues et de petits textes inspirés de la vie quotidienne avec les expressions usuelles pour se débrouiller dans la vie réelle. Ils sont suivis par des exercices de compréhension et leurs corrigés en fin de volume ;
    Des présentations du contexte socioculturel japonais comme dans aucun autre manuel.
    Chotto Nihongo est un excellent outil interactif entre étudiants et enseignants dans un cursus d'apprentissage du japonais. C'est dans un tel cadre qu'il a été élaboré, au cours de plusieurs années, par l'auteur.

  • On entend aujourd'hui par caricature une "image tendant, par déformation ou accentuation des traits d'un modèle, des caractères d'une scène, à les rendre grotesques ou risibles" (La Grande Encyclopédie Larousse). Qu'en est-il pour les sociétés de l'Antiquité ? La plupart des spécialistes modernes de la caricature ont considéré qu'il s'agissait d'une invention de la fin du XVIe siècle, inadaptée aux cultures et aux sociétés du monde antique. Confrontant pour la première fois sur ce sujet les points de vue de spécialistes des textes et des images, cet ouvrage a pour ambition de partir à la recherche d'une possible caricature antique, en discutant ses conditions d'existence, en essayant d'identifier des auteurs d'oeuvres caricaturales, des domaines et des genres artistiques et littéraires plus particulièrement propres à la production de caricatures, en mettant en relief aussi des problèmes de sources ou de catégorisations.

  • "L'illimité !", "No limit!", nous clament les voix publicitaires d'aujourd'hui, comme autant de promesses d'une grande libération où l'être parlant parachèverait ce rêve d'être enfin comblé. Toutefois, les publicités ne sont pas seulement promesses mais aussi "réclames" poussant chacune et chacun à exiger "Toujours plus !" Paradoxe pour qui devait être comblé. Cet ouvrage propose, à partir de la psychanalyse, une relecture de ces paradoxes de la limite dans notre monde contemporain, notamment dans cet espace sans bornes que serait ledit monde numérique. Ces paradoxes seront situés en logique à partir de la clinique de la sexuation, avant que d'être questionnés dans leurs effets de symptômes sur un plan subjectif, autant que dans le lien social. Car c'est bien à vouloir transgresser le réel d'une certaine limite, démontre Jacques Lacan, que s'en suivront en retour des effets d'angoisse, autant que de ségrégations, multiples. 11 faudra dire laquelle.

  • Le Corbusier est un architecte qui non seulement construit, mais qui n'a de cesse de dire comment on doit construire. Faisant le pari de la force et de la cohérence de la pensée corbuséenne, cet ouvrage interroge l'oeuvre théorique de l'architecte au prisme de l'une de ses "colorations" les plus propres, à savoir sa dimension foncièrement normative. À travers une étude patiente et détaillée des textes de l'architecte, c'est la vision philosophique globale et paradoxale de l'un des grands créateurs de la modernité, qui est rendue dans la multiplicité de ses dimensions et dans la complexité de son projet. Ainsi, cet ouvrage permet de reprendre à nouveaux frais de nombreuses questions récurrentes au sujet de l'architecte : reproche de dogmatisme, d'application aveugle de recettes insensibles à la singularité des contextes ou des usages, autoritarisme, formulation d'une doctrine fonctionnaliste, etc.

    Sans tomber dans un exercice d'admiration stérile, il s'agit de faire justice à une expérience de pensée riche et complexe, en montrant notamment que le parcours de Le Corbusier forme un système vivant, faisant place à ce qui excède les procédures de normalisation, dessinant ainsi le visage singulier d'une tentative de production normative du hors-norme.

  • Le pèlerinage à la Mecque : une affaire française Nouv.

    Pendant toute la période coloniale, la France s'est fortement impliquée dans l'organisation des déplacements et du séjour des pèlerins musulmans de son empire aux Villes saintes de l'islam. Cet investissement n'a pas été sans difficultés. Interdit aux non-musulmans, le pèlerinage à La Mecque (hajj) a souvent été à l'origine de peurs et de fantasmes, entraînant en retour chez les voyageurs et autres explorateurs le désir de transgresser ce tabou.

    Quand les agents coloniaux et consulaires y voyaient un foyer de fanatisme où se tramaient des complots contre la domination européenne, les médecins sanitaires s'inquiétaient des conséquences pour l'hygiène publique de la réunion annuelle de plusieurs centaines de milliers de pèlerins dans une province dépourvue de toute protection sanitaire.

    /> C'est cette longue familiarisation des Français avec les Lieux saints de l'islam que ce recueil propose au lecteur de découvrir. Les différentes dimensions du hajj, politiques, religieuses, diplomatiques, sanitaires ou encore anthropologiques y sont abordées selon une double entrée, chronologique et thématique, à travers toute une série de documents inédits où les récits de voyage côtoient les rapports sanitaires et les témoignages de pèlerins font écho aux dépêches diplomatiques et autres reportages.

    L'ensemble de ces documents comme les correspondances qu'ils entretiennent les uns avec les autres nous invitent à considérer les relations contemporaines de la France et du monde musulman sous une lumière différente et à mesurer à quel point pèlerinage à La Mecque fut bien à cette époque une affaire française.

  • Préface de Marie-Jean Sauret En 1858, un avoué périgourdin du nom d'Antoine de Tounens, âgé de 33 ans, s'embarque à Southampton sur un paquebot anglais en partance pour le Chili. Plusieurs mois s'écoulent, certainement en recherche de soutiens et en préparatifs secrets. À l'automne 1860, le voici qui franchit le Bio-Bio, pénètre en territoire mapuche et, après une tournée de quelques semaines des tribus locales parvient à se faire élire roi. Capturé par les Chiliens lors de ses pérégrinations, il sera emprisonné, expertisé puis expulsé. De retour en France, De Tounens, loin de se résigner face à un destin contraire, va revendiquer haut et fort ses droits de suzerain et ne renoncera jamais à régner sur les terres indiennes les plus extrêmes de l'Amérique du Sud. Il y reviendra à trois reprises dans des expéditions de plus en plus rocambolesques. S'appuyant sur une masse de documents d'époque, sur les écrits du personnage comme des historiens et des écrivains qui se sont penchés sur son extraordinaire destin, Jean-Luc Gaspard reconstitue minutieusement la logique et l'essai de rigueur que constitue la saga d'Antoine de Tounens. Fauteur retrace sa biographie à la lumière de la psychanalyse et décrit le laborieux développement de ce que l'on pourrait considérer comme une "psychose en actes". Nourrie des idéaux de son temps, la passion nobiliaire de notre personnage aura eu pour mérite de défendre la cause de peuples indiens voués à la lente dépossession de leurs terres. Cet ouvrage historique et clinique permet de poser le problème délicat du rapport entre revendication, déraison et lien social.

  • Les relations entre France et Amérique à l'ère des révolutions relèvent bien souvent d'une suite de lieux communs autour de l'aide française aux Etats-Unis naissants ou de la perte sanglante de Saint-Domingue. L'historiographie a fort heureusement fait de belles avancées en la matière et ce volume voudrait à la fois en témoigner et aller plus loin encore en suivant trois grandes directions. D'abord en insistant sur le travail des sources, en montrant que les historiens ont encore du pain sur la planche, des gisements connus à explorer à nouveaux frais et d'autres plus inattendus à explorer, en ouvrant les horizons et variant les méthodes.
    Ensuite parce ce le projet collectif dont est ici cet ouvrage veut voir large dans l'epace et dans le temps : il ne s'agit ni de se limiter à une première courte séquence révolutionnaire ni à l'Atlantique Nord, mais bien de couvrir un siècle de tensions créatrices autour des concepts de révolution et de nation, deux moteurs de l'évolution des sociétés de ces temps-là, tout en construisant la réflexion à l'échelle du continent américain dans son entier.
    Le lecteur arpentera donc un vaste monde, de la France au Pérou et à New York. Enfin, les auteurs réunis ici ne se contentent pas de réécrire une histoire diplomatique, même rénovée, mais pratiquent une histoire relationnelle complexe, abordant les circulations atlantiques sous de multiples angles et au travers de multiples groupes sociaux : exilés, migrants, combattants, intellectuels, etc...

  • Ce volume étudie, dans les textes littéraires du Moyen Age au XXIe siècle, le brouillage des normes et des stéréotypes de genre : le concept de genre, qui a profondément transformé l'approche des sciences sociales et humaines, restait encore peu exploité dans les études littéraires. Subversions, brouillages, défaussements explicites ou clandestins, appropriation des attributs assignés à l'Autre, redistribution des catégories, physiques, mentales, sociales...
    Quels sont les moyens spécifiquement littéraires mis en oeuvre pour mettre en question un système binaire figé ? Comment ces stratégies littéraires et leurs enjeux varient-ils à la fois en diachronie et selon les genres littéraires ? Qu'ils soient de l'ordre du jeu ou qu'ils relèvent d'une résistance politique et de perturbations esthétiques, les phénomènes d'hybridation et de réversibilité des codes viennent défier les performances traditionnelles du genre.
    Si le travestissement reste pendant des siècles l'outil principal du brouillage, la modernité sonde les voies d'un au-delà multiple du genre, allant d'une érotique subversive à des interpénétrations existentielles et identitaires de fond, particulièrement sensibles dans les littératures contemporaines d'expression française de par le monde.

  • Mouvements de géographie rend compte des déplacements récents du discours de la géographie en France et, secondairement, dans le monde francophone. De visée épistémologique, l'ouvrage essaie de prendre la mesure de la performativité des turns transdisciplinaires sur la "culture disciplinaire" propre à un univers cognitif dans lequel la géographie se pense, se construit et se recompose en français. Sont ainsi explorés dans une perspective réflexive et critique les effets de son acclimatation aux modes de dire et de faire mondialisés de la pensée anglophone aujourd'hui dominante. Mouvements de géographie orchestre un assemblage de voix singulières conviées à mettre en mots les positions de la discipline dans leur domaine de recherche.

    L'ouvrage est destiné en priorité aux étudiants de master et aux jeunes chercheurs qui y trouveront vingt contributions dédiées à l'analyse réflexive, mais aussi programmatique, de mouvements épistémologiques et/ou théoriques, thématiques ou encore méthodologiques. Il associe des contributions qui revisitent des domaines traditionnels de la discipline pour en marquer les repositionnements et d'autres qui prennent en charge l'avènement de domaines récents pour en exposer la généalogie et les enjeux.

    Cet ouvrage fait valoir les multiples dimensions d'une "géopolitique du savoir géographique". Il met en évidence la part d'épistémologie politique du savoir et plaide pour l'urgence d'installer ce champ de recherche en géographie dans le contexte d'un monde globalisé, postmoderne et néolibéral.

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