Solitaires Intempestifs

  • La Guerre des Natures oppose en batailles successives les « terriens » (humains et non-humains qui savent qu'ils appartiennent à la Terre) aux « modernes » (ceux qui pensent depuis quelques siècles déjà que la Terre est à eux). Cette lutte peut traverser en contradictions une seule et même personne. Depuis l'Amazonie wayana, les townships xhosa du Cap, les rues merina d'Antananarivo ou le monde paysan aveyronnais, Lenga et Selve sont des récits de deuils et d'espoirs issus de ce conflit. Ils se métissent vers un imaginaire de l'oralité et du paysage urbain, forestier, fluvial, dans lequel les visages et les portraits sont là.

    Qu'ont à voir ensemble les arts et les humanités, l'ordinaire et le théâtre ? Vers quelles fabulations et pour quel peuple ? Christophe Rulhes écrit pour le GdRA, collectif pluridisciplinaire d'artistes qu'il anime avec Julien Cassier, des pièces de théâtre d'enquête, de témoignages et d'anthropologie où la parole s'entend selon des perspectives, des corps et des langues croisées. Il cherche des conversations, où tout choix de vie est singulier et ne peut être le seul possible.

    Sont inclus dans ce livre deux CD audio pour faire entendre des sons, des langues et des voix liés au théâtre musical de Lenga et Selve.

    - Lenga : 1 h 04.
    Auteur-compositeur : Christophe Rulhes.

    - Selve : 47 mn.
    Auteurs-compositeurs : Christophe Rulhes et Julien Cassier.

  • Un ou deux reflets dans l'obscurité est constitué d'extraits du journal de Jean-Luc Lagarce qu'il avait sélectionnés à l'occasion de la création du spectacle Les Solitaires intempestifs et de l'écriture des récits L'apprentissage et Le Voyage à La Haye.
    Ce livre est illustré de photographies de Lin Delpierre prises au cours des répétitions et des tournées de trois spectacles durant la période d'écriture des journaux, et complété par le regard de Georges Banu... « les photos comme des nouvelles »...

  • Antoine Vitez, parallèlement à son oeuvre d'homme de théâtre, de traducteur et de poète, dessinait et photographiait. Des milliers de photographies... inconnues du public jusqu'aux expositions « Portraits au miroir » et « Portraits de familles » présentées en 2008 et 2010.

    Autour d'un de ses poèmes et de trente-trois de ses portraits réalisés entre 1959 et 1990, ce livre-album réunit des écrits et des images d'amis, d'artistes et d'universitaires. Éclats de mémoire, fragments d'histoire, ils disent les liens profonds, intimes et poétiques qu'entretenaient théâtre et photographie dans la vie de celui que l'on connaît surtout comme l'un des grands metteurs en scène et pédagogues du XXe siècle.



    Textes de Georges Aperghis, Georges Banu, Anne-Françoise Benhamou, Florence Delay, Catherine Dolto, Brigitte Joinnault, Yannis Kokkos, Chantal Meyer-Plantureux, Jean Métellus, Bernard Morlino, Jack Ralite, Éloi Recoing, Daniel Soulier, Pierre Vial, Michel Vinaver, Jeanne Vitez, Marie Vitez.

  • C'est à Nancy que les festivaliers et la France découvrent le Teatro Campesino, le Bread and Puppet Theatre, Bob Wilson, Tadeusz Kantor, Jerzy Grotowski, Pina Bausch, Terayama, Kazuo Ono, la Cuadra de Séville, le Teatro Comuna de Lisbonne ou encore le Brésilien Augusto Boal.

    De 1963 à 1983, le Festival mondial du théâtre de Nancy, créé par Jack Lang, a bouleversé le paysage théâtral. Surfant sur la vague du théâtre universitaire en Europe, forte au début des années soixante, le Festival allait bientôt devenir mondial et professionnel, parcourant la planète pour faire venir à Nancy les nouveaux talents étrangers, et s'imposant comme un rendez-vous précieux.

    Durant deux décades marquées par des guerres, des dictatures, des coups d'État et Mai 68, sans beaucoup de subventions mais avec des hordes de bénévoles dévoués, le Festival fut un foyer du théâtre protestataire, un laboratoire de l'utopie où s'inventèrent des formes de théâtre nouvelles chahutant le primat du texte.

    Ce fut le festival de la jeunesse, une folle ambiance faite de rencontres, de liesse et de discussions jusqu'au bout de la nuit. C'était avant le temps d'Internet, des portables et des ordinateurs, le dernier festival du XXe siècle. C'est cette histoire sans pareille, nourrie d'archives et de nombreux témoignages, que ce livre raconte.

    Jean-Pierre Thibaudat, journaliste, écrivain, auteur de divers ouvrages sur le théâtre (Le Roman de Jean-Luc Lagarce, biographie éditée aux Solitaires Intempestifs en 2007), a été longtemps journaliste à Libération (service Culture, correspondant à Moscou, grand reporter, entre 1978 et 2006) puis conseiller artistique du festival Passages à Nancy puis Metz (2006-2016). Après Rue89, il tient actuellement son blog « Balagan » sur le site de Mediapart.

    Rencontre avec Jean-Pierre Thibaudat et Jack Lang à la librairie du Festival d'Avignon 2017 (maison Jean Vilar), le 13 juillet à 17h.

  • Les stades de football sont de formidables laboratoires politiques et poétiques. On y côtoie le pire et le meilleur. Le stade est le dernier endroit de mixité sociale, le dernier espace où pendant 90 minutes vont se côtoyer classes laborieuses et bourgeoisie.
    Même l'école a perdu cette vocation. Stadium essaye de comprendre comment cette passion structure des vies entières à l'échelle d'un territoire.

    Mohamed El Khatib réunit plus de 50 supporters du Racing Club de Lens pour une expérience esthétique inédite. Du plus intime au plus politique, cette performance documentaire met un coup de pied dans la ruche à poncifs sur le monde du football et dresse une carte anthropologique de l'agora du stade.

  • Et, comme un livre dans lequel on pourrait entrer, entrer dans l'histoire comme on pénétrerait plus avant sur le plateau, aller dans le roman comme on voyagerait en pensée dans les mots et les phrases, devenir des personnages, se mettre en parade, l'idée de l'enfance, comme on irait marcher dans sa propre imagination, en explorateur et metteur en scène de sa vie, on joue, et de jouer, on dit le vrai plus vrai que le vrai.
    Et quand viendra l'apaisement oú s'éteint le rêve et oú les morts se relèvent et les acteurs saluent, et quand viendra le calme des sentiments, lorsqu'ils reprendront leur cours, restera encore, comme une légère douleur, une petite mort, le souvenir de ce temps du faux, et l'espoir inavoué que cette nouvelle vie soit le début d'une nouvelle pièce encore, l'entrée dans un autre rêve, plus grand encore que les autres et les englobant tous, à l'infini, toujours.

    Ce livre présente l'ensemble des mises en scène réalisées par Jean-Luc Lagarce avec le Théâtre de la Roulotte durant son activité professionnelle.

  • Au moment où elle efface de son répertoire en cours de transformation, des spectacles historiques en tournée pendant des années dans le monde entier, comme Genesi, la Socìetas Raffaello Sanzio nous propose un montage d'images de son oeuvre : des figures hurlantes sans son, mises en page dans un jeu de contrastes pour en exalter la matérialité confrontée à la nature et à l'art qui inspire cette excursion visionnaire dans l'effroyable. Avec Epitaph, Romeo Castellucci nous livre l'histoire du groupe dans lequel ont grandi ses enfants, tout en l'enrichissant par d'autres perspectives grâce à une tension picturale qui est à la fois mémoire, création et progrés : un livre d'art à regarder comme un spectacle.

  • Angélica Liddell avance, dans ce livre, sur son propre chemin de lumière (Via Lucis). Une lecture composée de matériaux divers mais d'une seule et même nature poétique (poèmes, textes de théâtre, fragments de journal intime et autoportraits photographiques) qui dévoile en partie l'intimité de leur auteur à présent plongé dans « le temps du sacré ».

    Selon les propres mots de Liddell : « Je cherche le triomphe de l'esprit sur la chair, quand la chair a subi toutes les déceptions possibles, Dieu et l'Être Aimé se confondent, et la Passion est aussi forte que la foi, la faim et la peste ».

  • Un philosophe méditant depuis des années La République de Platon jusqu'à la réinventer, les comédiens d'une école d'art au terme de leur formation, trois artistes pour les accompagner, une équipe technique, des amateurs d'autres horizons venus du monde associatif, de l'éducation, de la société civile... Une communauté réunie le temps d'un été dans les jardins Ceccano qui, à midi, chaque jour, incarnaient une agora ouverte au public...

    De cette expérience hors du commun, il y avait matière et nécessité à n'en pas perdre la trace... D'en faire non pas un livre en surplomb qui théoriserait à nouveau, et encore, la nécessité de la philosophie, la vitalité du théâtre populaire, l'enjeu qu'est la relation de l'esthétique au politique, mais plutôt un livre où les matériaux recueillis réfléchiraient une expérience de vie de ceux « qui ne vont pas au théâtre pour être divertis, mais qui veulent plus ». Un livre d'images et de textes, de critiques, de sensations vives et de paroles recueillies. Un livre ou un album de famille qui viendrait prolonger l'histoire du projet que fut La République et qui ferait entendre à nouveau, comme d'aucuns l'ont souligné, cette parole sensée : « ne tolérons plus que l'esprit des affaires l'emporte sur les affaires de l'esprit ».

  • Il faut avoir non seulement, du talent, du courage, mais des illusions. Il faut arriver dans un théâtre avec des illusions, avec des rêves. Certains seront réalisés, d'autres vont se casser le nez, on va les remplacer par d'autres rêves, mais il faut avoir des folies dans la tête.

    Au cour d'un entretien avec Dominique Darzacq, Jean-Pierre Vincent revient sur ses quarante-trois premières années de théâtre : sa formation, ses débuts au lycée Louis Le Grand, son parcours de compagnie avec le Théâtre de l'Espérance, les années TNS à Strasbourg, l'aventure de la Comédie-Française et du Théâtre Amandiers de Nanterre, ses rencontres, ses créations, ses compagnonnages, ses ruptures, ses utopies...

  • Le théâtre n'a pas de mémoire et ce livre n'y pourra rien. Il me donne juste l'occasion de m'arrêter un moment avant de partir et de réfléchir à une démarche artistique que j'ai construite au présent d'année en année, pendant quinze ans.

    A travers les témoignages, les réflexions, les images, il fait ressurgir, pêle-mêle et sans volonté chronologique, des objets, des bouts d'espace, des regards, des gestes et des expressions volés sur scène... Ce sont les moments de la création théâtrale telle que j'ai voulu la vivre en banlieue à Aubervilliers, entouré d'une équipe fidèle qui m'a accompagné durant tout ce temps.



    En mots et en images, D'une noce à l'autre - Un metteur en scène en banlieue, visitera les moments forts du Théâtre de la Commune d'Aubervilliers sous la direction de Didier Bezace.

  • Ce livre raconte, en images et en écrits, 9 ans d'aventure artistique et humaine entre des publics, des artistes et une équipe au sein du Centre dramatique national de Sartrouville.

    « Nous ne comprenions pas tout mais nous ressentions beaucoup. Nous étions reliés par quelques rêves. Nous avons franchi les portes du théâtre et habité la maison. Nous l'avons voulue ouverte sur la cité. Une maison où l'on n'accueille pas seulement des artistes mais où l'on est accueilli par des artistes. Une maison dont la pièce maîtresse, le foyer central est la scène, c'est-à-dire un projet dirigé du plateau. Une expérience qui prend pour point de départ, à chaque fois, le désir de réunir les poètes, les acteurs, tous les artisans du théâtre, pour raconter, pour rencontrer des histoires. » Laurent Fréchuret

  • Un jour de 1941, l'acteur Raymond Rognoni ouvre le Centre de Formation Professionnelle du Spectacle à Paris, devenu célèbre sous le nom de « La rue Blanche ». C'est ce Centre qui, pas à pas, va devenir l'ENSATT, aujourd'hui installée à Lyon.

    École théâtre qui prépare de futurs professionnels à travailler sur les scènes ou dans leur proximité, l'ENSATT est un chaînon original entre le monde universitaire et celui de la culture. Un lieu où s'élabore une recherche en actes conduisant à l'acquisition de savoirs aussi bien théoriques que pratiques et à l'obtention de diplômes reconnus.

    L'ENSATT fête ses 70 ans en 2011, l'année même où elle ouvre une seconde salle de théâtre qui vient compléter un outil riche d'ateliers, de studios, de laboratoires ou de salles pour l'écriture, la mise en scène, l'administration, le jeu, la scénographie, les costumes, la lumière, le son, la direction technique ou les spectacles.

    Ce livre, né de l'écriture collective de professionnels issus de tous les métiers de la scène, est une étape en vue de la constitution d'un réseau d'anciens élèves - d'Isabelle Huppert à Denis Lavant, de Jérôme Deschamps à Kristin Scott Thomas, de Jean-Pierre Darroussin à Cécile de France, de Dominique Besnehard à Guy-Claude François, d'Eric Vigner à Olivier Py, de Georgia Scalliet à tous ceux à venir - qui, année après année, sont le témoignage vivant de la vitalité sans cesse renouvelée d'une école en prise directe avec la création théâtrale.

  • Un livre-album (21x24cm, broché, photographies N&B) qui retrace les six saisons au TNS sous la direction de Jean-Louis Martinelli et qui évoque la troupe, l'école, les échanges internationaux, la rénovation du théâtre et les créations.


    Certes je suis nourri de colère, le citoyen de cette fin du xxe siècle que je suis est forcément, naturellement en colère : c'est un fait. La colère est un sentiment premier qui, s'il aide à se dresser face à la bêtise du monde, à l'insoutenable, à l'innommable, n'aide pas forcément à mieux le comprendre. Mais je ressens un peu cet état comme l'adolescence de l'art, parfois la genèse d'un geste qu'il convient de dépasser dans la volonté de savoir. Et quelle autre position peut nous mettre à bonne distance que celle qu'occupent ceux qui sont au-delà de l'état des choses ? L aposition du metteur en scène, pas seulement pris comme témoin, surtout pas comme guide, mais comme revenant avec ses personnages pour les consoler de l'état de leur disparition, pour rire ou pleurer des désastres et éviter leur reproduction .
    Jean-Louis Martinelli

  • Cette Scène de Vies se lira peut-être comme le parcours et l'histoire des années d'une maison de théâtre. Je vois pourtant dans ce voyage en images et en mots clairement autre chose... Et j'entends surtout. J'entends, comme je les ai entendus pendant ces années d'aventures au Théâtre du Nord, beaucoup de ces bruits du Monde qui me sont chers. Comme une maison de théâtre, ce livre n'est pas silencieux. Il est habité par les corps et les voix des acteurs. Ces corps et ces voix sont bel et bien vivants. Parfois drôles ou parfois graves, ils nous donnent aussi tous à voir un visage du Monde. Pas un visage unique. Pas le seul possible. Mais un visage protéiforme, changeant d'humeur ou d'âge, de siècle ou de pays, mais qui toujours, à chaque seconde, est tendu pour mieux nous parler de nous, pour mieux parler du Monde au Monde.

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