Marivole

  • Début XXe, Amélia, jeune et riche héritière de vignerons français doit fuir sa terre natale, le Brésil, pour rejoindre le berceau familial au sein duquel elle compte bien s'accomplir. Rio, Cayenne, Issoudun, Paris, Londres, Phnom-Penh... De péripétie en péripétie, elle s'embarque dans le tourbillon libéré et tragique de la Belle Epoque, frappée de modernisme galopant. Son destin extraordinaire l'entraîne au pinacle d'un monde pailleté, puis dans les caniveaux d'une société cynique où les codes s'appellent argent, corruption, cupidité, luxure... Artiste ou femme d'affaires, pourra-t-elle dompter la fatalité ? Troisième volet de la saga familiale Les Vignes de l'Exil, Amélia se lit aussi comme un roman indépendant. L'histoire, à la fois pétillante et grave, dépayse et interpelle. Ce roman s'aventure au passé lointain d'une très vieille intrigue, et transporte aussi aux confins de l'amour, un amour longtemps refoulé, mais qui n'en soufflera pas moins son dernier mot.

  • 1836, les Gordoniens se préparent au recensement pour lequel, Antoine Maurier, instituteur à Aubigny, a été missionné, en remplacement de son oncle souffrant.
    Hébergé par le maire et châtelain de Saint-Satur, il tombe, d'emblée, sous le charme de son épouse Rosa, femme superbe, à la personnalité envoûtante. Antoine découvre avec beaucoup d'intérêt le milieu des vignerons et des mariniers.
    Sollicité par ses hôtes, il donne des leçons à leur fi lle Caroline. La crue de la Loire viendra prolonger son séjour. 1844. Marié et promu juge de paix à Sancerre, Antoine se retrouve au coeur d'un drame qui touche la famille du châtelain : Doit-il conclure à l'accident ou au suicide ? L'ascendant, qu'exerce sur lui Rosa, toujours aussi séduisante, pèsera sur sa décision. Le dernier volet de ce triptyque s'ouvre en 1851. C'est, cette fois, Caroline qui fait appel au juge, l'obligeant à rouvrir le dossier. Antoine enquête, prenant en compte des pistes négligées sept ans plus tôt.
    De révélations en révélations, il reconstitue une histoire qui fait resurgir le passé trouble de certains protagonistes. Comment dévoiler la vérité sans mettre en péril son propre bonheur ?

  • Des années 1750, au cours desquelles les Lumières s'affirment, jusqu'aux grondements de la Révolution de 1789, c'est une série de transformations sans précédent que les Chapelin, famille de paysans, et les de Nuys, comtes et aristocrates, devront affronter. Le jeune Antoine Chapelin, fils du paysan Martin, découvre les guerres du Canada et l'éducation des Lumières - en agronomie comme en politique. Le comte Louis de Nuys, pour sa part, rêve de gloire.
    En ces temps où les idées des Lumières révolutionnent les esprits et où la monarchie s'affaisse, les deux héros voient leur destinée se croiser pour le pire. Cette fresque historique, qui se lit d'une traite, fait suite au précédent tome, Le Temps des blés.

  • Pendant la sombre période de l'Occupation, Isabelle, une jeune institutrice française et Alfred, un jeune soldat allemand, tombent éperdument amoureux l'un de l'autre. Le jeune homme est également épris de la France et de la Loire et ils rêvent tous les deux de vivre ensemble dès que la guerre sera finie, mais mesurent-ils vraiment les conséquences de leur idylle ?
    Ce roman, construit autour de ce fleuve magique qu'est la Loire, pour laquelle l'auteur voue une véritable passion, traite, avec beaucoup de profondeur, de la confrontation dramatique de la relation amoureuse avec l'horreur de la guerre, la haine qu'elle engendre et l'avilissement humain qu'elle induit. Dans cet ouvrage, l'auteur s'inspire de l'histoire réelle d'un homme, qui a vécu une grande partie de sa vie en ermite sur une île de Loire, et de faits historiques dramatiques qu'il a abondamment romancés pour les besoins d'une intrique passionnante, sortie de son imagination, et qui se termine comme un roman policier.

  • Encore un roman agricole. Oui mais pas que ! L'âme paysanne y tient une bonne part et le jeune et naïf Parisien qui arrive à la recherche d'un surprenant passé familial s'y frotte et s'y pique ! Diffi cile de découvrir la passion quand Marie, la jolie chef de culture d'un grand céréalier trop tôt retraité, s'attache viscéralement à cette terre de Beauce sous laquelle couve la lave de la colère des hommes.

  • Au lendemain de ses noces avec Margot, ce 3 août 1914, Joseph s'engage pour sauver la Patrie. Après avoir essuyé le premier feu, après avoir appréhendé la peur, il erre en ce début d'année 1915 dans le no man's land sous une grêle de balles et de bombes allemandes. Entre ses souvenirs d'enfance et son désir de revoir Margot, entre ses états d'âme et ses réflexions sur ce conflit, Joseph en vient à espérer mourir si c'est le prix à payer pour gagner la paix et retrouver sa femme.

  • Si Joseph s'était tu, jamais Jules ne se serait endormi et serait descendu du train à La Guerche. C'est qu'il était soûlant, Joseph ! S'il était resté éveillé, Jules serait retourné chez lui, à Reuilly. Mais voilà, le sort en avait décidé autrement. Il aurait pu faire demi-tour, comme le voulait Joseph. Mais non. Il décida de rester là. L'endroit lui plaisait, surtout cet étang niché au fond d'une clairière, avec sa source limpide. Mais surtout, il prenait plaisir à se repaître des histoires des autres : celle, mystérieuse, de Mathieu, le vieux paysan ; celle, fascinante, d'Eugène, le « Fantôme ». Sans doute Jules cherchait-il à oublier la sienne, d'histoire. sans parler de la petite Annie, toujours accrochée à ses basques ! Et Joseph, qui observe, commente, vitupère, et enfin approuve. Tais-toi Joseph ! raconte le destin croisé de quatre personnages que le hasard a réunis au fin fond de la campagne berrichonne, comme pour exorciser leur passé, apaiser leur présent, et leur préparer un bel avenir.

  • Jean-Luc Dudonjon a grandi dans un village de la campagne berrichonne. Devenu parisien et cadre d'une grande entreprise, le sort de son village le touche. Il décide de se présenter aux élections municipales. Son projet économique a pour but de redonner vie à ce village en péril. Mais sa candidature, puis son élection, diviseront, profondément et durablement, les habitants du village et des alentours. Un si joli petit village, c'est l'histoire d'une commune rurale, et de toutes les autres.

  • À la grande époque de l'équipe de foot de Reims, Norbert, jeune orphelin sans histoire, vacher de son état dans un village en Sologne, se trouve confronté à une série de meurtres inexpliqués. L'occasion pour lui de remonter le fil de sa naissance et les règlements de compte qui ont suivi la Libération. Cet adolescent nous fera vivre son enquête dans la Sologne des années 60, entre Orléans, Romorantin et Blois : les journées de chasse avec battue de sangliers et passages de canards, les promenades champignonnières à la recherche des cèpes et des girolles, les travaux des champs, le labeur des fermiers lors de la traite des vaches et le vêlage. En un mot, la vie des paysans avec, entremêlés, ses difficultés et ses moments de joie et de fête.

  • Une vision du XVIIIe siècle, dans le coeur même de la France, le Berry. Le lecteur y découvre deux familles. L'une, paysanne, les Chapelin, survit au jour le jour ; l'autre, les De Nuys, aristocratiques, a soif de terres et de pouvoir. Très vite, la confrontation entre les deux clans devient inévitable. Disettes, sorcières contant des lendemains de malheur, trahisons, gabelous... Les deux familles auront fort à faire. Fresque historique précédant Le Fils des Lumières, cette plongée au coeur de ce premier XVIIIe siècle dévoile le Berry sous un nouveau jour : plus qu'une terre de paysans et de légendes, c'est une terre violentée par l'Histoire.

  • Un jour de 1954 qui ressemblait aux autres, en lisant le quotidien local, Pierre Cambessou apprend avec stupéfaction que le projet d'un énorme barrage hydroélectrique va se concrétiser. Il doit immerger une très grande partie de son exploitation agricole et la maison qui abrite sa famille depuis plusieurs générations.
    « Ma pauvre baraque sera sous vingt-cinq mètres d'eau », s'insurge-t-il. C'en est trop ! Avec ses faibles moyens face à l'administration et au sacro-saint intérêt public, il décide de se battre afin de faire annuler ce maudit projet. La bataille du pot de terre et du pot de fer s'engage, mais Pierre, raisonné par son épouse et sa fille Lucie, comprend vite qu'il doit consentir au compromis d'une expropriation où il a tout à gagner. Nouvelle maison, nouvelles terres, nouvelle vie ! C'est donc déchiré par la nostalgie et les souvenirs qu'il accepte l'inacceptable.
    Dans ce coin retiré du Cantal, où jusqu'à ce jour il ne se passait pas grand-chose, le chantier s'installe avec ses corollaires de terrassement, de maisons préfabriquées, de cantines, d'ateliers, de personnels venus de l'Hexagone et d'ailleurs, d'engins de toutes sortes et de bruit... Bref ! Lucie et ses deux frères trouveront-t'ils leur place dans le dédale de ce chantier gigantesque et de cette cité éphémère?

  • Échappant miraculeusement à une exécution à Bourges, après avoir été enlevé par des supplétifs des troupes Allemandes, Alphonse Huguet rentre chez lui à Châteauroux pour reprendre ses affaires à la laiterie avant de les céder à ses enfants. Déjà mobilisé comme artilleur lors de la Grande Guerre, il a toujours refusé de parler des combats auxquels il participa. Mais, très touché par sa récente aventure, persuadé de l'inutilité des guerres et peut-être pour que la mémoire ne s'en perde pas, il décide de raconter sa guerre à son épouse et à ses proches. A la veille du centenaire de la Grande Guerre et du 70ème anniversaire de la Libération, ce roman nous dévoile le Berry à travers les deux guerres mondiales.

  • Après le temps pendant lequel les blés régnaient, voici venir le temps des révolutions.
    Suite du tome II « Le fils des Lumières » et de la saga historique « Le temps des blés ».

    Un matin de février 1789, à Louvet, petit village du centre de la France.
    Le jeune paysan Pierre Chapelin, orphelin de père, affronte à l'épée Charles de Nuys, fils de l'aristocrate de Nuys. Tous les deux sont de très bons amis.
    Hélas, la Révolution va bouleverser leur destin : fuyant la solitude et la pauvreté, Pierre s'engage dans le bataillon du Cher de la nouvelle armée révolutionnaire. Une décennie plus tard, le voici hussard de la Grande Armée, participant aux plus grandes batailles de l'Empire napoléonien. Quant à Charles, il rejoint le camp contre-révolutionnaire et organise des soulèvements royalistes, comme celui de Sancerre. Il était écrit que les deux anciens amis allaient se retrouver.
    Du général Bertrand à Talleyrand, de Robespierre et Napoléon à Louis XVIII, duels, batailles et insurrections s'enchaînent dans ce roman avec frénésie. Elles plongent littéralement le lecteur dans un autre monde : un monde où tout est possible et tout est révolution. Un nouvel opus passionnant, qui peut se lire de manière indépendante des précédents.

  • A l'orée du XXe siècle, Noël Cavignac évolue au sein de la bourgeoisie orléanaise.
    Alors que son avenir est tout tracé à la tête de la manufacture familiale de son père, lui aspire pourtant à un tout autre dessein, plus artistique... Si l'usine est confrontée au choix du progrès industriel, Noël, lui, est tiraillé entre un héritage paternel provincial et des rêves de Beaux Arts à Paris. Au détour d'Orléans, d'Olivet et de la proche Sologne, Noël grandit, découvre, s'amuse. Puis il s'affi rme, fait des choix, avant que la vie ne décide pour lui.
    Noël est, au tournant de ce siècle, l'incarnation de la délicate transition entre la tradition et la modernité.

  • Paris, 1914. La France entre en guerre. Après la mort de son père, chauffeur de taxi réquisitionné pour transporter des soldats Français sur le champ de bataille de la Marne, Max décide de s'engager dans l'armée. Il endosse alors l'identité d'un soldat qu'il croit mort, mais que la famille recherche activement...
    Sur les fronts français d'abord, puis allemands et russes, où il sera blessé et soigné par la fi lle même du tsar, Tatiana . Max parcourt la guerre sur fond de vengeance, mêlée de désespoir, parfois, et de rage de vaincre, souvent.

  • Jérôme et Paul sont frères. Ils ont grandi ensemble dans une commune du Limousin, Saint Germain les Belles. Devenus jeunes adultes, Paul, l'ainé, épouse une carrière militaire. Jérôme, qui va commencer des études de médecine, décide de rendre visite à son frère qui se trouve en Orient. Premier voyage pour ce Limousin de souche, découvertes de nouvelles contrées et de nouvelles cultures, rencontres amicales et amoureuses . Mais nous sommes en 1939, la seconde guerre mondiale éclate. Les galons perdus, c'est l'histoire du destin opposé de deux frères, qui se termine en Limousin, là où tout a commencé .

  • Les confins de la Nièvre, du Loiret et de l'Yonne accueillirent dès le XIXème siècle un grand nombre d'enfants de l'assistance de la Seine qu'on appelait les p'tits Paris. Lucien Forlac compte parmi ceux-là. A vingt ans, il se trouve propulser dans la campagne paysanne avec sa jument, la dernière Morvandelle. Bêtes à pains, ils sillonnent les chemins de terre de la Puisaye et louent leurs services de fermes en fermes. Alors quand Saint Amand fête pour la dernière fois la Saint Roch, Lucien décide de s'y rendre, conscient que la renommée de la foire attire tous les chalands, marchands de bétail, et maquignons de la région ... L'histoire retrace les mésaventures du p'tit Paris dans ce pays d'Histoire et de légendes. On y rencontre ainsi les paysans et les artisans, l'importance de la poterie de grès et l'organisation du travail des petites fermes de Bourgogne.

  • Les enfants viennent de partir. Je vis seule et j'ai la chance d'être autonome. Je suis heureuse de les voir chez moi, tous rassemblés, mais le dérangement et le bruit que génèrent les plus jeunes me fatiguent vite. Nous venons de fêter mes quatre-vingt-quinze ans ! Depuis le décès de mon mari, il y a un quart de siècle, ma vie s'est peu à peu réglée d'habitudes, d'horaires établis et de vieilles manies, ce qui la rend aujourd'hui rigide et quasi monacale. Alors, tout ce tohu-bohu me fait tourner la tête. Pourtant ce fut une belle journée ! Géraud, mon garçon, y est allé d'un petit compliment qui devait résumer mon parcours. Il m'a fort émue.
    Je perçus en l'écoutant les nombreuses lacunes et l'ignorance de ma progéniture concernant ce lourd passé qui, en silence, accompagne mon existence. Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais éprouvé le besoin de me confi er. Une certaine pudeur et peut-être une trop grande estime de ma pauvre famille et de mes proches m'en ont empêchée. Aujourd'hui, arrivée au terme de ma vie, c'est différent.

  • Péri

    Rudi Meunier

    Né dans la banlieue lilloise au début du XXème siècle, Péri (Grand-Père Henri) y mourra en 1976 après une vie de dur labeur remplie d'embûches et de chemins escarpés. Plus que le destin d'un homme, ce roman retrace le parcours de sa vie à travers l'histoire d'une région et les temps forts qui ont marqué le XXè siècle.
    Entre l'histoire personnelle et l'histoire commune à tous, le petit-fi ls d'Henri, qui a écrit ce roman, témoigne ici son amour pour son grand-père et sa passion pour le Nord.

  • Noël 1794. Près d'Issoudun, un macabé courageux découvre sept séminaristes vendéens passés au fil de l'épée. Crispé sur son médaillon, le jeune homme survivant est ramené amnésique au presbytère des Bordes où le curé Dutilleul lui prodigue des soins et lui fournit une identité : Moïse Lefort. Chez la veuve Boucié, Lefort s'adonne aux travaux d'une petite locature. Reprenant confiance en lui, il s'éprend de la jolie blanchisseuse Marie et l'épouse. Dans la foulée Angèle, sa patronne, décède en léguant au couple le Bois du Tertre, objet de convoitise des vignerons locaux. Coaché par Dutilleul, fils de viticulteur bourguignon, Moïse fait pousser là-bas ses premiers pieds de Genouillet lorsque sa bien-aimée perd la vie accidentellement. Résistant à la douleur et aux malveillances du gros entrepreneur Torcheboeuf, il se réfugie dans son labeur et fait remarquablement prospérer sa vigne. Vulnérable, il est victime d'une machination et se voit contraint de se marier avec la fille de ce dernier, Léontine, future mère de ses deux fils. L'exécution capitale d'Abel l'égorgeur, brigand coupable de l'attentat de Noël 1794, déclenche un choc qui ramène peu à peu la mémoire au héros. Un passé étrange vient alors l'envahir et le perturber. Abandonné par sa femme vénale et ses fils ingrats ainsi que par son mentor Dutilleul, chassé de la paroisse, Lefort mettra fin à une longue période de solitude en recueillant une fillette tzigane. Insupportée, Léontine décide de supprimer l'enfant avant qu'elle ne représente un intrus dans l'héritage futur des Torcheboeuf. Un incendie mal géré et un plan mal calculé rendront celle-ci prisonnière de ses propres flammes. Épargnée, la petite Clothilde verra son père adoptif se lancer dans le feu pour en sauver Léontine au prix de brûlures mortelles. Avant de mourir, Moïse confie à Clothilde son médaillon porteur d'une formule énigmatique.

  • Aux heures les plus sombres de l'Occupation, Janine, adolescente parisienne maigrichonne, prolonge ses vacances à la ferme de «La Perdrière» aux confins de la Touraine et du Berry. Elle n'y trouve certes pas la paix, mais un étrange bonheur traversé par l'angoisse. Elle fait l'apprentissage de l'amour, de la vie simple des champs, et de la violence. Elle y découvre aussi le visage de la mort. C'est ainsi que l'on devient une femme.
    Eliane Aubert a su décrire cette métamorphose avec sobriété. Le drame toujours latent, ne parvient pas à briser le calme profond de la terre.

  • Jeune fille, Monique a du mal à trouver sa voie. Il n'existe qu'un seul endroit où elle se sent à sa place, en sécurité, avec des repères sûrs. Cet endroit où réside son coeur, c'est La Folie-Bâton, minuscule village du Berry où se tient la maison de ses grands-parents : la Grand-mère, souvent bougonne mais aimante et pétrie du bon sens des coeurs simples, et le Grand-père apaisant, toujours réfléchi, avec ses longues moustaches blanches qu'il aime tant lisser ; deux incarnations de la sagesse, cette sagesse dont a tant besoin une enfant qui grandit, qui tâtonne sur le sentier de la vie, qui peine à trouver sa vocation, et connaît ses premiers émois amoureux. Où que Monique soit, chaque fois, dans les moments difficiles, ses pensées la conduisent à La Folie-Bâton, son havre, son jardin secret, que nous découvrons tour à tour dans les années 30, puis pendant les dures années de l'Occupation et dans les heures mouvementées de la Libération, et enfin au début des Trente Glorieuses.

  • Durant l'été 1724, au pire des chaleurs orageuses, la dépouille d'un homme est déterrée, étripée, salée. Puis, en dépit des abominables relents de putréfaction qui s'en dégagent, on la traîne par les chemins de la paroisse, accrochée à l'arrière d'une charrette, avant de l'exposer devant l'auberge du village. Ainsi passe la justice du Roi. Elle supplicie la mémoire d'un vieil huguenot dont le crime, à l'article de la mort, fut de n'avoir point renié ses convictions religieuses. Ce châtiment effroyable est le dénouement de l'affaire Moïse Gréjon qui suscita, à l'époque, un vif émoi dans le pays. Gérard Boutet - qui descend à la fois du martyr posthume et d'un des délateurs - ressuscite ce « procès à cadavre » dont sa famille fut doublement marquée.
    Ces pages terribles reposent sur des faits authentiques. C'est l'intolérance de tous les temps, quels que soient les croyances et les prétextes, qui s'y trouvent mises en accusation. Au-delà de l'anecdote macabre, le livre renvoie à un fanatisme qu'on voudrait éteint à jamais.

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