• Edition enrichie (Préface, notes, appendice, annexes, chronologie et bibliographie)On l'appelait « la mare au Diable », car ses brumes, le soir, égaraient les voyageurs. Perdus à leur tour, Germain, Marie et le Petit Pierre sont forcés d'y passer la nuit. Le laboureur et la jeune fille ont le coeur triste. Germain va chercher une épouse pour s'occuper de ses enfants orphelins de leur mère. A quoi bon se marier, pense-t-il, quand l'amour n'y est pas. Et Marie a quitté sa mère, ce matin, en larmes, pour se louer comme bergère à la ferme des Ormeaux, si loin. Seul, Petit Pierre, le fils de Germain, est heureux et confiant. De lui dépendra le sort de ceux qu'il aime tant.
    Dédié à Chopin, ce bref roman champêtre a un charme inégalé. George Sand a vu le beau dans le simple. Elle chante, quelquefois en patois, les joies de l'amour, de l'enfance et du travail de la terre. Beaucoup d'amour et un peu d'idéalisme sont ses secrets.

    Présentation et notes de Marielle Caors. 

  • L'histoire de « L'île aux fées » se déroule dans la première moitié du XVIIIe siècle. Solange, une orpheline misérable, mâtinée de sorcière va échapper au triste destin promis aux autres « Solanges » anonymes du fin fond du Berry. Elle va connaître plusieurs vies singulières et une ascension fulgurante : d'abord Versailles, puis au-delà des mers, Pondichéry sous Dupleix, et l'univers esclavagiste de Port-François à Saint-Domingue.
    Cette saga est l'occasion de croiser des représentants de la société d'alors (des paysans éternels au Roi Louis XV, monarque sans caractère, en passant par les nobles, les religieux, les francs-maçons). On y rencontre aussi des personnages illustres : du jeune Voltaire plein de verve au marquis d'Argenson, ministre des Affaires étrangères aux idées de réformes vouées à l'échec.
    « L'île aux fées » est un roman historique qui puise son inspiration dans des récits de voyages, de sorcellerie et dans la littérature d'un XVIIIe siècle plein d'ombres et de lumières.

  • Les soeurs Charpy

    Serge Camaille

    Sonia, Barbara, Virginie, trois soeurs aux caractères bien trempés, mais diamétralement opposés. Le jour où le destin frappe à leur porte en leur annonçant la disparition de leur père, elles se retrouvent avec un héritage bien embarrassant...
    Une ferme au coeur du Berry ! Sonia, l'aînée, ouvrière hautement qualifiée, a les idées solidement ancrées à gauche et aimerait bien transformer l'endroit en ferme pédagogique. Idée utopique de bobo de gauche, pensent les deux autres. Barbara, la cadette, avocate d'affaires et Parisienne dans l'âme, déteste la campagne et aimerait tout vendre à son agent immobilier de mari qui souhaiterait y construire le plus grand golf de la région. Pas question de vendre leur maison d'enfance, protestent les deux autres. Virginie, la benjamine, indécrottable rêveuse romantique, tient une petite librairie dans la ville voisine. Elle verrait bien la ferme devenir un gîte rural pour tous les touristes et autres randonneurs qui sillonnent les bords de l'ancien canal de Berry. Qui va le gérer ? objectent les deux autres. Dans ces conditions, laquelle des trois aura raison des deux autres ?
    Ce seront quelques secrets bien enfouis qui finiront par réunir les soeurs Charpy après quelques manigances qu'elles tourneront à leur avantage.

  • Ainsi que le dit Brantôme : « Je crois qu'il ne fut jamais quatre plus grands ducs les uns après les autres, comme furent ces quatre ducs de Bourgogne ». Le premier, Philippe-le-Hardi, commença à établir la puissance bourguignonne et gouverna la France durant plus de vingt ans. Le second, Jean-sans-Peur, pour conserver sur le royaume le pouvoir qu'avait eu son père, commit un des crimes les plus éclatants de l'histoire moderne; par là il forma de sanglantes factions et alluma une guerre civile, la plus cruelle peut-être qui ait jamais souillé notre sol. Succombant sous un crime semblable, sa mort livra la France aux Anglais. Philippe-le-Bon, son successeur, se vit l'arbitre entre la France et l'Angleterre ; le sort de la monarchie sembla dépendre de lui. Son règne, long et prospère, s'est signalé par le faste et la majesté dont commença à s'investir le pouvoir souverain, et par la perte des libertés de la Flandre, de ce pays jusqu'alors le plus riche et le plus libre de l'Europe. Enfin le règne de Charles-le-Téméraire offre le spectacle continuel de sa lutte avec Louis XI, le triomphe de l'habileté sur la violence, le commencement d'une politique plus éclairée, et l'ambition mieux conseillée des princes, qui, devenus maîtres absolus de leurs sujets, font tourner au profit de leurs desseins les progrès nouveaux de la civilisation et du bon ordre. C'était un avantage que de rattacher de la sorte le récit de chaque époque à un grand personnage ; l'intérêt en devient plus direct et plus vif; les événements se classent mieux ; c'est comme un fil conducteur qui guide à travers la foule confuse des faits... (extrait de la Préface, éd. de 1860). La présente réédition se base sur l'édition de 1860.
    Amable-Guillaume-Prosper Brugière, baron de Barante né à Riom (1782-1866), préfet sous le Ier Empire, pair de France sous la Restauration ; ses idées libérales le font écarter de la vie politique et l'amène à se consacrer à ses études historiques. Il publie la première édition de l'Histoire des Ducs de Bourgogne (1824-1826) qui lui vaut d'entrer à l'Académie Française. Après la Révolution de 1830, il sera nommé ambassadeur en Piémont-Sardaigne, puis en Russie jusqu'en 1848.

  • Orazio

    Christophe Matho

    En septembre 2012, un éditeur est convoqué chez un notaire qui lui remet un manuscrit confié à son étude il y a très longtemps. Il s'agit d'un roman écrit par une écrivaine, célèbre à son époque, qui craignait que la postérité ne l'oublie. Elle avait donc organisé la découverte de cet ouvrage plusieurs décennies après sa mort. L'arrière-grand-père de l'éditeur, un jeune homme qui fuyait l'Italie fasciste était tombé sur une énigme qu'il avait su résoudre et qui l'avait conduit jusqu'à un autre notaire dans les années trente.
    Ce manuscrit contient un lourd secret. Ce n'est pas le hasard qui a conduit ce jeune Italien et une paysanne creusoise qu'il a rencontrée sur son chemin à résoudre cette énigme. Le cheminement de ce manuscrit à travers le temps a été soigneusement orchestré par ceux qui avaient décidé que son secret ne serait dévoilé que le moment venu.
    De la Toscane au Berry, en passant par la Corse ou Lyon, ce roman propose un périple dans la France de la première moitié du XXe siècle, mais aussi un voyage dans le temps et dans l'imaginaire de la Vallée Noire.

  • « Peau de lapin », c'est le surnom qu'on donnait chez nous, à Sancoins, au peillerot du village. Le peillerot, vous savez, cet homme qui passait dans les rues de chaque village soit avec une carriole attelée, soit avec un triporteur à moteur ou encore avec une 203 plateau selon les époques, pour ramasser les peaux d'animaux, les ballots de vieux chiffons ou encore la ferraille en criant : « Peau de lapin ! Peau ! » Si au siècle dernier chaque village voyait déambuler le sien, Lucien, le nôtre à Sancoins, eut une vie tellement riche en péripéties de toutes sortes qu'elle méritait bien que je lui consacre... Un roman ! L'idée ne m'est pas venue comme ça, du jour au lendemain. Ce fut un jour de dédicace dans ma ville de coeur que je vis apparaître Marie-Jeanne, la fille de notre peillerot. Elle prit son courage à deux mains pour me demander si je me souvenais de son papa, et si je serais intéressé pour en relater l'histoire. Après l'avoir entendue toute une journée, l'idée me sembla formidable à tel point que j'en ai fait... Un roman biographique. Tout ce qui est relaté dans cette histoire a été vérifié et approuvé par Marie-Jeanne.

  • Catherine est née à Ardentes, petit village de la Vallée-Noire, le pays de George Sand. Orpheline très jeune, elle trouve refuge avec son frère jumeau chez sa grand-mère. Impotente, l'aïeule se résout à placer les deux enfants chez les De Branche, une famille de bourgeois cupides et méprisants. Victime d'humiliations et de maltraitance, l'adolescente fuit l'enfer et monte à Paris. Commence alors pour elle un parcours jalonné à la fois de drames personnels et de belles rencontres, dont certaines figures marquantes de l'époque. Elle vit les soubresauts de la Grande Histoire - la guerre de 1870, la Commune -, puis s'installe en Algérie où elle reste une quinzaine d'années. Femme engagée et militante, elle retourne enfin à Ardentes et finit par acquérir le domaine où, jadis, ses maîtres l'avaient humiliée et salie...

  • Ce territoire est parsemé de romans ! écrit l´un des 35 biographes de ce guide. Terre de douceur et de beauté, la région Centre a vu naître les plus grands écrivains français. De Tours à Bourges, de Valençay à Orléans, de La Ferté-Vidame à Beaugency ... ce pays ensorcèle ses enfants et les métamorphose en auteurs d´exception. Rabelais, Ronsard, Descartes, Balzac, Sand, Proust, Péguy, Alain-Fournier, bien d´autres encore : ils sont tous venus de là ! Nous avons suivi les traces de leur vie pour découvrir l´âme mystérieuse de ce tendre pays. Suivez la promenade : vous serez enchantés. Cet ouvrage a été publié avec le soutien de Ciclic, agence régionale du Centre pour le livre, l'image et la culture numérique.

  • Il y a des 'Chtits" dans le ch'Nord, connu ! Mais il y en a aussi entre l'Allier, le Berry et la Creuse. C'est le pays des "cht'tits gas", chers à l'écrivain paysan Emile Guillaumin. C'est ainsi que l'on appelle "les jeunes" dans ce coin de la France. Dans les années soixante, les "ch'tits gas" en question écumaient les bals de campagne, à la recherche de "ch'tites gattes" voulant bien se laisser "câliner" et plus si affinités, à l'arrière d'une Deudeuche, d'une Aronde ou d'une 4CV. Qui sera couronné roi des parquets-salons à l'issue de la saison 1962-63 ? Qui sera sacré dauphin ou "prince" de ces pistes de danse couvertes, montées et démontées chaque semaine dans un bourg différent au hasard des fêtes de village ? C'est la peinture d'une époque, au temps du "yéyé", dans le contexte culturel, sociologique et politique des Trente Glorieuses. Cette histoire nous est racontée telle qu'elle fut vécue dans le centre de la France, mais elle aurait pu se dérouler ailleurs dans l'Hexagone.

  • Si Joseph s'était tu, jamais Jules ne se serait endormi et serait descendu du train à La Guerche. C'est qu'il était soûlant, Joseph ! S'il était resté éveillé, Jules serait retourné chez lui, à Reuilly. Mais voilà, le sort en avait décidé autrement. Il aurait pu faire demi-tour, comme le voulait Joseph. Mais non. Il décida de rester là. L'endroit lui plaisait, surtout cet étang niché au fond d'une clairière, avec sa source limpide. Mais surtout, il prenait plaisir à se repaître des histoires des autres : celle, mystérieuse, de Mathieu, le vieux paysan ; celle, fascinante, d'Eugène, le « Fantôme »... Sans doute Jules cherchait-il à oublier la sienne, d'histoire... sans parler de la petite Annie, toujours accrochée à ses basques ! Et Joseph, qui observe, commente, vitupère, et enfin approuve. Tais-toi ! Joseph raconte le destin croisé de quatre personnages que le hasard a réunis au fin fond de la campagne berrichonne, comme pour exorciser leur passé, apaiser leur présent, et leur préparer un bel avenir.

  • Jean-Luc Dudonjon a grandi dans un village de la campagne berrichonne. Devenu parisien et cadre d'une grande entreprise, le sort de son village le touche. Il décide de se présenter aux élections municipales. Son projet économique a pour but de redonner vie à ce village en péril. Mais sa candidature, puis son élection, diviseront, profondément et durablement, les habitants du village et des alentours. Un si joli petit village, c'est l'histoire d'une commune rurale, et de toutes les autres...

  • Échappant miraculeusement à une exécution à Bourges, après avoir été enlevé par des supplétifs des troupes Allemandes, Alphonse Huguet rentre chez lui à Châteauroux pour reprendre ses affaires à la laiterie avant de les céder à ses enfants. Déjà mobilisé

  • Une vision du XVIIIe siècle, dans le coeur même de la France, le Berry. Le lecteur y découvre deux familles. L'une, paysanne, les Chapelin, survit au jour le jour ; l'autre, les De Nuys, aristocratiques, a soif de terres et de pouvoir. Très vite, la confrontation entre les deux clans devient inévitable. Disettes, sorcières contant des lendemains de malheur, trahisons, gabelous... Les deux familles auront fort à faire. Fresque historique précédant Le Fils des Lumières, cette plongée au coeur de ce premier XVIIIe siècle dévoile le Berry sous un nouveau jour : plus qu'une terre de paysans et de légendes, c'est une terre violentée par l'Histoire.

  • Les Jours aux volets clos est le second roman de l'écrivain François Barberousse, publié en 1936 chez Gallimard. Il a été réédité plusieurs fois dans la même année. Ce livre est un des plus beaux tableaux sur la société rurale de la France de l'entre-deux-guerres. Le style est, comme toujours chez Barberousse, d'une extrême qualité. Dans cette société paysanne, rude, entêtée, rythmée par les saisons et les travaux inhérents, propice à une intensité dramatique, on retrouve les mêmes passions farouches, brutales, les non-dits, la jalousie, les ragots... derrière les volets clos, qui ne peuvent s'apaiser en paroles et qui éclatent dans un crime. Le travail, la routine, l'ennui, le désir... et Phonsine tombe dans les bras du charcutier. Mais dans un petit village entre Berry et Sologne, tout se sait... Le peuple que met en scène l'auteur n'est certes pas idyllique, ce n'est pas la paysannerie à la Zola, emportée par un sombre courant romantique. C'est la vie paysanne telle qu'elle était à l'époque. La vraie, dans toute sa dureté, toute sa beauté, avec des personnages vivants dans leur milieu et avec leurs sentiments. Voilà un ouvrage à lire absolument !

  • Lucien, dernier enfant du baron de la Motte des Ouches, aime venir se réfugier dans le grand chêne de la propriété. Accablé par sa mère et privé de toute sortie, il ne peut compter que sur cet endroit isolé et l'aide de son frère Jean, le seul à lui accorder intérêt et affection. Le jour où, en compagnie de celui-ci, il brave l'interdit pour découvrir la rivière sonne pour l'enfant comme une délivrance. Son frère puni et envoyé en Angleterre, Lucien, livré à lui-même et ne supportant plus l'autorité maternelle, décide de s'échapper...

  • 1860, Un demi-siècle s'est écoulé depuis que Moïse Lefort a planté son premier rang de vigne en terres berrichonnes

  • Avoir un âne dans son pré ? Un rêve pour beaucoup. Mais encore faut-il savoir s'en occuper.

    Ce livre est là pour vous aider à vous lancer dans cette grande aventure. Il vous donne les pistes pour choisir votre âne dans les meilleures conditions, pour le loger, bien le nourrir, l'entretenir et aussi l'éduquer.

    Car un âne ne se dresse pas ! Il s'éduque. Votre compagnon devra apprendre à rester immobile, à marcher tranquillement à côté de vous, à votre rythme, pendant une randonnée. Il pourra aussi vous aider dans vos travaux au jardin.

  • « Ne te mêle pas de la conversation des grands! »... Combien de fois avez-vous entendu cette remarque, étant gamin? Dans chaque famille, il y a des secrets plus ou moins bien gardés. Plus ou moins avouables, aussi. Quand un grain de sable vient dérégler la machine bien huilée d'une vie qu'il croyait normale et heureuse, Paulo, petit berrichon vif et imaginatif, se fixe un but jusqu'à l'obsession: percer le secret que feu son père avait promis de lui dévoiler, qu'elles qu'en soient les conséquences.

  • Noël 1794. Près d'Issoudun, un macabé courageux découvre sept séminaristes vendéens passés au fil de l'épée. Crispé sur son médaillon, le jeune homme survivant est ramené amnésique au presbytère des Bordes où le curé Dutilleul lui prodigue des soins et lui fournit une identité : Moïse Lefort. Chez la veuve Boucié, Lefort s'adonne aux travaux d'une petite locature. Reprenant confiance en lui, il s'éprend de la jolie blanchisseuse Marie et l'épouse. Dans la foulée Angèle, sa patronne, décède en léguant au couple le Bois du Tertre, objet de convoitise des vignerons locaux. Coaché par Dutilleul, fils de viticulteur bourguignon, Moïse fait pousser là-bas ses premiers pieds de Genouillet lorsque sa bien-aimée perd la vie accidentellement. Résistant à la douleur et aux malveillances du gros entrepreneur Torcheboeuf, il se réfugie dans son labeur et fait remarquablement prospérer sa vigne. Vulnérable, il est victime d'une machination et se voit contraint de se marier avec la fille de ce dernier, Léontine, future mère de ses deux fils. L'exécution capitale d'Abel l'égorgeur, brigand coupable de l'attentat de Noël 1794, déclenche un choc qui ramène peu à peu la mémoire au héros. Un passé étrange vient alors l'envahir et le perturber. Abandonné par sa femme vénale et ses fils ingrats ainsi que par son mentor Dutilleul, chassé de la paroisse, Lefort mettra fin à une longue période de solitude en recueillant une fillette tzigane. Insupportée, Léontine décide de supprimer l'enfant avant qu'elle ne représente un intrus dans l'héritage futur des Torcheboeuf. Un incendie mal géré et un plan mal calculé rendront celle-ci prisonnière de ses propres flammes. Épargnée, la petite Clothilde verra son père adoptif se lancer dans le feu pour en sauver Léontine au prix de brûlures mortelles. Avant de mourir, Moïse confie à Clothilde son médaillon porteur d'une formule énigmatique.

  • Aux heures les plus sombres de l'Occupation, Janine, adolescente parisienne maigrichonne, prolonge ses vacances à la ferme de « La Perdrière » aux confins de la Touraine et du Berry. Elle n'y trouve certes pas la paix, mais un étrange bonheur traversé par l'angoisse. Elle fait l'apprentissage de l'amour, de la vie simple des champs, et de la violence. Elle y découvre aussi le visage de la mort. C'est ainsi que l'on devient une femme. Eliane Aubert a su décrire cette métamorphose avec sobriété. Le drame toujours latent, ne parvient pas à briser le calme profond de la terre.

  • Jeune fille, Monique a du mal à trouver sa voie. Il n'existe qu'un seul endroit où elle se sent à sa place, en sécurité, avec des repères sûrs. Cet endroit où réside son coeur, c'est La Folie-Bâton, minuscule village du Berry où se tient la maison de ses grands-parents : la Grand-mère, souvent bougonne mais aimante et pétrie du bon sens des coeurs simples, et le Grand-père apaisant, toujours réfléchi, avec ses longues moustaches blanches qu'il aime tant lisser ; deux incarnations de la sagesse, cette sagesse dont a tant besoin une enfant qui grandit, qui tâtonne sur le sentier de la vie, qui peine à trouver sa vocation, et connaît ses premiers émois amoureux. Où que Monique soit, chaque fois, dans les moments difficiles, ses pensées la conduisent à La Folie-bâton, son havre, son jardin secret, que nous découvrons tour à tour dans les années 30, puis pendant les dures années de l'Occupation et dans les heures mouvementées de la Libération, et enfin au début des Trente Glorieuses.

  • Il faut l'entendre, la Yute, emballer son monde avec ses histoires de rien qu'elle transforme en récits épiques. Gouailleuse, elle l'est sûrement. Mais sa truculence dissimule souvent cette tendresse qu'elle n'exprime jamais. Comme ils lui sont reconnaissants, tous ces enfants dont elle s'est occupée, ces enfants devenus grands, et qui viennent aujourd'hui l'écouter. Et la Yute raconte, raconte, raconte. Le Georges qui avait tant de mal avec ses mathématiques. La Caroline qui avait osé lui tenir tête. Le Roger qu'était rongé par un eczéma purulent, même George Sand qui sautait les haies... « Dame », comme elle le dit si souvent, elle raconte sa campagnarde et modeste vie, tout simplement.

  • Germain Laisnel de la Sallel était une des quatre ou cinq dernières personnes lettrées qui connaissaient à fond le vrai parler du paysan de chez nous, le français du Berry qui était un français particulier, très-ancien et longtemps inaltéré. Il avait mille originalités et mille grâces qu'on ne retrouve point ailleurs, et certaines locutions heureuses et bizarres dont nous n'avons nulle part l'équivalent.
    Le combat des philosophes contre la superstition avait relégué au rang des choses finies et méprisables tout le poétique bagage des croyances populaires, sans paraître se douter qu'il y avait là un gros chapitre essentiel dans l'histoire de la pensée. [...] Plus on recule dans le passé, plus la fiction tient de place; à ce point même qu'elle est la seule histoire des premiers âges. Elle seule nous révèle cet homme primitif qui semblait doué de peu de raison, mais qui s'éveillait à la vie intellectuelle par une horrible et magnifique exubérance d'imagination. Grâce à cette faculté, l'homme n'a jamais été un sauvage proprement dit, puisqu'il n'a pu devenir l'homme qu'à la condition de porter en lui un idéal, d'autant plus démesuré qu'il était plus ignorant des lois de la nature. C'est dans ce sens que les prodiges et les miracles ne sont pas de simples impostures. Les hallucinés sont des types humains très réels, et les merveilles du rêve sont encore des actes humains dont la suppression dans l'histoire anéantirait le sens de l'histoire. [...] Il n'en est pas moins urgent de dresser l'inventaire de ce merveilleux rustique, qui s'effacerait dans la nuit du passé, faute de poètes et d'historiens, et ce travail, mené à bien, a une importance sérieuse que ne diminue pas le charme ou l'amusement des fictions dont il traite. Laisnel de la Salle a jeté une vive lumière sur les croyances, au premier abord folles et bizarres, du paysan du Centre, il a su les rattacher pour la plupart aux anciens cultes de l'univers entier et leur restituer ainsi un sens logique dont elles semblaient dépourvues. Son livre est donc du plus grand intérêt pour les personnes instruites, non-seulement du Berry, mais de toutes les provinces et de tous les pays, car il n'est pas une de nos légendes qui n'ait ailleurs son équivalent sous un nom dérivé d'une source commune (extrait de la Préface de George Sand).
    Germain Laisnel de la Salle (1801-1871), est le grand ethnologue et folkloriste du Berry.
    Son oeuvre majeure, Souvenirs du Vieux Temps, est réédité ici en deux tomes, en respectant sa version intégrale d'origine.

  • Eugénie a 26 ans quand elle revient dans le village de son enfance. Fille et petite-fille de sorcière, Eugénie a grandi en orphelinat après la mort de ses parents pour des raisons qu'elle était trop petite pour comprendre. Dans ses jours de congé, en allant à la ferme où elle a vécu, elle rencontre Lucas, citadin et chauffeur du châtelain du village, dont elle tombe amoureuse. Avec lui, un avenir radieux s'annonce. Pourtant, Eugénie découvre qu'elle a hérité des dons de sa grand-mère : comment mener une existence normale avec un tel héritage familial ?

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