• Le chroniqueur court après l'histoire du théâtre comme après des ombres. Il ne les rattrape jamais. A peine jouées, toutes les grandes soirées sont déjà cendres et fumées. Le chroniqueur consigne dans un même registre les naissances, les morts, les maladies, les accidents. C'est un feuilleton. D'aventures, d'amour, d'illusions instantanées et de lentes désillusions. L'histoire du théâtre est ainsi faite de grandes oeuvres quasi perdues et du livre de leurs petites chroniques. Mi-journaliste, mi-critique, le chroniqueur affectionne l'entre-deux des voyages, des escapades, des digressions. Aller au théâtre est aussi pour lui une façon de parcourir le monde de Bobigny à Oaxaca. Et de parler d'autre chose. En écrivant à vue son journal d'émotions intimes. Dès lors la chronique reflète moins le rimmel d'une théorie ou la poudre d'un jugement que la peau d'une légende, caressée à chaud, au jour le jour de ce que l'on nommera plus tard, une époque. J.-P. Thibaudat

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