• Rassemblés en un volume quatre petits opus signés Lascault qui sont autant d'expériences narratives drôles et inventives. Il y joue avec les mensonges et les menaces diffuses de l'au-dessous dans Un monde miné ;
    Avec les trompe-l'oeil de l'antérieur et les souvenirs inventés dans Enfances choisies ; avec un lointain fourbe et féroce dans Un îlot tempéré ; avec une province française imaginaire et avec les équivoques du familier dans Voyage d'automne et d'hiver.
    C'est une plongée dans une autre dimension qui semble réfracter notre monde, un carrousel délirant mais ordonné de figures historiques ou mythiques, de réinventions du passé, de jeu sur la mémoire et notre goût pour les classifications.
    C'est un livre fou, excitant, raffiné, subtil.

  • On ne saurait dire de Gilbert Lascault, dont l'abondante bibliographie révèle une activité littéraire constante depuis le milieu des années 1960, qu'il serait un critique d'art méconnu qu'il faudrait, selon les termes consacrés, «?redécouvrir?». Il n'y a en effet pas lieu de le faire tant lui-même a tâché d'être le plus discret possible. Mais nous souhaitions partager avec un plus grand nombre de lecteurs des textes du critique d'art aujourd'hui difficilement accessibles, complétant en cela sa première anthologie, Écrits timides sur le visible, parue en 1979 (Union générale d'éditions) puis rééditée en 2008 (Kiron/Le Félin). Les textes réunis par Camille Paulhan pour ce volume sont issus de catalogues, de revues, d'actes de colloque ou de recueils variés, s'étirant sur une période allant de 1968 à 1994. Ils permettent d'appréhender la poésie d'une esthétique apparemment effilochée, manifestement énamourée et définitivement engagée. Les saveurs imprévues et secrètes, ce sont celles qui émanent des oeuvres d'art et parmi lesquelles Gilbert Lascault nous guide, comme un nez manipulant des fragrances évanescentes.

  • En ce temps-là, Viviane et Morgane avaient dix-huit ans. Elles étaient simultanément amoureuses du seul amant qui les désirait. Nous n'avons jamais connu le nom de l'homme, comment ils s'étaient rencontrés. Dans un vaste lit, tous trois, ils étaient nus et tendres. Sans cesse, dans les nuits et sous le soleil, ils se caressaient ; ils se câlinaient ; ils se léchaient ; ils se patinaient ; ils gémissaient ; ils criaient ; ils prononçaient des phrases lascives et suaves ; ils dansaient les sarabandes ; ils entraient en joute ; ils fretin-fretillaient ; ils entraient en lice : ils jouissaient ; ils rayonnaient.
    Parfois, ils dormaient ; puis ils se réveillaient ; ils mangeaient du caviar, des truffes, des darioles, des mokas, des madeleines, des mille-feuilles.
    Les dessins satiriques de Denis Pouppeville ont inspiré à Gilbert Lascault «un conte de fées désenchanté, une légende désordonnée, une épopée travestie, une fable sans morale ni merveille».
    Les fées arthuriennes Viviane et Morgane se retrouvent ici soeurs jumelles inséparables, Les fumeuses fatales, partageant leurs amants et leurs désirs insatiables, leur goût de la poésie et des chansons populaires. Tour à tour lascives et sanguinaires, les deux soeurs empruntent tous les éléments constitutifs de l'oeuvre de Pouppeville - cigarettes, roues, couteaux, chariots, baguettes et tambours - pour se créer leur histoire, leur mythe.

  • Ecrit par un individu masculin, le livre ne porte pas directement sur la féminité. Il interroge les regards que les hommes, en Occident, ont dirigé sur les femmes. Il questionne les manières dont elles ont été figurées et, le plus souvent, défigurées. À partir de peintures, de sculptures, de discours liés à ces oeuvres, il décrit des images de la femme. Ces figurations constituent souvent des instruments qui instaurent la discorde et parfois la haine entre les sexes, rendent les femmes plus malheureuses et par conséquent briment aussi les hommes. L'ouvrage se présente comme une parodie de dictionnaire. L'article Coupeuses de tête suit l'article Cornes et précède l'article Culotte. Il y a aussi Joueuses, Judith, Labyrinthe, Laurier, Leçon de miroirs, Seins, Soeurs, Suicidée de la société, Supplices, Suzy, etc...

  • Les centaures, les cyclopes, les sirènes, les dragons, les griffons, les sphinges, des êtres hybrides, les diables disparates, des formes fluides et molles, des nains, des géants, des plantes animalisées errent en peinture et en sculpture.
    Ils s'agitent, agressent, parfois se calment. chez bosch, chez breughel, chez goya, dans les églises romanes et gothiques, dans les jardins de versailles, dans les bandes dessinées et les caricatures, des monstres multiples se transforment. ils se déplacent d'une époque à l'autre, d'un pays à l'autre. on les trouve déjà sur les parois des grottes préhistoriques et sur les tee-shirts d'aujourd'hui. parfois, ils hurlent et, parfois, ils murmurent et se déguisent.
    L'humanité ne cesse jamais d'aimer les monstres et elle les trouve en des lieux différents, souvent imprévisibles. la fabrication du monstre constitue d'abord un jeu savant, une pratique combinatoire qui compose et mélange des membres d'animaux divers. les monstres sont parfois ornementaux et décoratifs. parfois, ils provoquent des interprétations éthiques, religieuses, alchimiques, philosophiques, politiques.
    Simultanément, ils fascinent ceux qui les regardent; ils séduisent; ils angoissent. le monstrueux est un écart par rapport à la nature. il se nourrit de fantasmes; et, en retour, il nourrit d'autres fantasmes nouveaux.

  • Antonio Seguí

    Gilbert Lascault

    • Lienart
    • 16 Mai 2019

    Antonio Seguí, peintre argentin né à Córdoba en 1934, vit et travaille en France depuis 1963. En 1962, lors d'une exposition à Buenos Aires, la satire sociale mise en scène dans ses oeuvres fait réagir le public. Le peintre bénéficie alors d'un véritable « succès du scandale ». Sa carrière est lancée ; son travail révélé en Europe à l'occasion de la Biennale de Paris et exposé en-suite dans le monde entier.
    Jeune peintre, il puise son inspiration auprès d'artistes comme Giorgio de Chirico, Mario Sironi, Gutiérrez Solana ou encore Honoré Daumier. Dès les années 60, Seguí se place aux premiers rangs de la Nouvelle Figuration et du Pop Art, parmi les artistes ayant rejeté le formalisme de l'abstraction et redonné une place « au quotidien ».
    Et l'Homme est bien la figure emblématique du peintre : une silhouette anonyme, en mouvement, mise en scène tantôt seule tantôt perdue dans une agitation urbaine, tragique ou cocasse. L'Homme y est réduit à son comportement social. L'échelle de grandeur disparaît ; l'anatomie des corps n'obéit plus aux normes de la biologie. La facétie et l'humour supplantent l'angoisse existentielle. Le peintre orchestre ainsi, à sa façon, les espoirs et les folies d'une comédie humaine ironique, faussement naïve et inquiétante.
    Les tableaux de Seguí sont aussi sombres et dénonciateurs et figurent des représentants du pouvoir, de l'armée et du clergé : des toiles expressionnistes et satiriques qui font allusion à l'histoire politique et sociologique de l'Amérique latine.
    L'artiste travaille par séries et décline des suites de toiles aux connotations autobiographiques. On retrouve en permanence dans son oeuvre El Señor Gustavo, personnage sombre, en costume, portant un chapeau et traversant les peintures comme une espèce de double et témoin du peintre.
    Son oeuvre évolue significativement à la fin des années 80 : la texture se fait plus légère et fluide, les couleurs deviennent lumineuses, voire fluorescentes. Les tableaux se couvrent de formes géométriques et d'aplats de couleurs. Le peintre n'a de cesse de réinventer son théâtre populaire en explorant tous les possibles de la couleur, de la composition et du dessin. Ses peintures se suivent mais ne se ressemblent pas.

  • Chaque tableau de Nicole Bottet étonne, surprend. Il séduit.
    Il suppose une élégance imprévue, un charme soudain, une simplicité harmonieuse. Il propose des variations, des rythmes modifiés, des fugues discrètes, les jeux de l'équilibre et des instabilités, les oscillations, l'espace mouvant, les sillages, les transparences, les traces, les empreintes.
    Chaque tableau est une chance, une baraka, une aubaine. Il est une occasion, un sort. A chaque coup de pinceau, l'artiste ose, elle se lance. Elle risque sans cesse. Dans le champ de la création, elle est une aventurière.
    Elle tente et décide. Elle essaie et fonce. Elle agit à la bonne occasion, dans le lieu convenable, au moment favorable, par les gestes appropriés, à la belle heure, pour la joie et par la joie.
    L'opportunité est irréversible, comme le premier chant du coq à l'aube. L'artiste voyage à l'intérieur de l'inexploré.
    Gilbert Lascault

  • Grau garriga

    Gilbert Lascault

    ...
    Grau-Garriga choisit sa palette de différences, d'antinomies, d'oppositions, de paradoxes. Il tisse l'intime et l'éclatant, le sensible et le réfléchi, la tendresse et l'intensité, le grave et l'humour, l'histoire du monde (celle, en particulier, de la Catalogne) et les souvenirs de son enfance, la rigueur et les passions, la jubilation et l'inquiétude, l'amour de la vie et le tragique, le monumental et le poétique.
    Intuitif, imaginatif, subtil, il avance par des associations arborescentes.
    Sa pensée trouve des tours et des détours, des méandres, des zigzags. Il explore toujours de nouvelles voies. Il refuse le " déjà vu ", le " déjà fait ", les stéréotypes, le figé, le conventionnel, le répétitif, le redondant. Il préfère la surprise, l'inattendu, l'imprévu. Dans le monde des formes et des techniques, il devient un chercheur décidé, un aventurier vigilant, un explorateur appliqué, un découvreur diligent.
    Les jeux graves de son art, une stratégie joyeuse, le ludique entrecroisent des élans mystiques, l'éros, une liberté désirée, le refus de toute entrave, la haine de toute oppression.
    Ces jeux sont contestataires et inventifs... " Gilbert Lascault

  • Au XIIe siècle, Guillaume de Saint-Flour meurt dans d'étranges circonstances. Les occultistes de la rue Philibert-de-l'Orme attachent une importance excessive à l'Obélisque de la Concorde. Près de Salzbourg, une chanteuse est enlevée et emportée dans les mines de sel. Dans quelques villages de l'est de l'Irlande, le fossoyeur a la charge de briser le cou des morts et de leur tourner le visage du côté de la colonne vertébrale. Dans la cave d'un café de la rue Gustave-Geffroy, quatre jeunes filles nues écoutent du Mozart. Un long canal souterrain unit la banlieue ouest de Paris à Etretat. En mars 1974, boulevard Saint-Marcel, quelqu'un écrit les brèves histoires d'un monde miné ; il dresse de curieuses tables alphabétiques.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Jean Simon Castor court toujours au moins deux lièvres à la fois ; et lorsqu'il revient de la chasse il porte souvent dans sa gibecière un faisan auquel d'abord il n'avait pas songé. Il ne bat pas le fer pendant qu'il est chaud, car il ne tient pas à changer la forme première du fer. Il ne met la charrue ni avant, ni après les boeufs. Il laisse les boeufs paisibles brouter autour des charrues rouillées. L'hiver, il aime se sentir sur des charbons ardents. Quand il lave un corbeau, il n'espère pas le rendre blanc. Il chatouille le ventre des truites sans chercher à les attraper. Jamais il ne ressemble à l'ombre d'un cadran. Jamais il ne se chauffe au feu d'une maison qui brûle.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ces éloges prennent tantôt la forme d'une description, d'un récit érotique, d'un cauchemar, d'un poème ou d'un journal de voyage. Par l'auteur de Boucles et noeuds.

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