• Mikado d'enfance

    Gilles Rozier

    Quarante ans après les faits, le narrateur revient sur un épisode traumatisant de son enfance : l'exclusion de son collège, pour avoir adressé, avec deux camarades, une lettre antisémite à son professeur d'anglais.
    Quelques années plus tard, le narrateur, fils d'une mère juive et d'un père catholique, deviendra spécialiste de culture juive. Que s'est-il passé entre ces deux moments de son histoire ?
    Le narrateur tente de décortiquer l'imbrication des conflits politiques des années 1970 et des malaises familiaux. Il retrouve cette question tragique que sa mère a posée devant le conseil de discipline : « Comment voulez-vous que mon fils soit antisémite alors que mon père est mort à Auschwitz ? » Gilles Rozier continue de creuser l'indentité juive et ses enjeux, au plus profond de l'intime.

  • « Où était-il passé depuis l'Armistice ? Renvoyé dans ses foyers, prisonnier en Allemagne ? J'avais souvent rêvé de lui. Je pensais ne plus le revoir et il était là, à cette heure où j'attendais des Roulieres, au milieu du couloir de la Gestapo. » Quelque part en France, durant l'Occupation, une cave est transformée en cabinet de lecture abritant les auteurs allemands mis à l'index par les nazis. Le personnage, qui enseigne l'allemand dans une école de jeunes filles, et qui, à l'occasion, effectue des traductions pour la Gestapo, mène une vie sans histoire, presque normale malgré la guerre. Jusqu'au jour où, dans un moment de folie frisant l'héroïsme, il aide un prisonnier juif à s'enfuir et le cache dans la cave, aux côtés des écrivains allemands bannis...
    À travers ce narrateur, dont le sexe demeure mystérieux, bouleversé par l'amour qu'il porte à son prisonnier, Gilles Rozier évoque dans une France sans résistance, entre passivité et lâcheté, une passion nourrie d'ombre, de silence et de désirs bruts, portée par les fascinantes liaisons de deux langues antagonistes, le yiddish et l'allemand.

  • « Je suis née dans un royaume juif, une ville où durant toute une vie vous pouviez ne parler que cette langue surgie un millénaire avant sur les rives du Rhin et qui était comme chez elle au bord de la Vistule. » Ainsi parlait Sulamita, une vieille dame digne, une mémoire vivante, qui a vécu dans sa chair le monde englouti mittel-européen, qui de Moscou à Bucarest, de Varsovie à Lvov, chantait, vibrait, mentait, respirait le yiddish. Pierre, un jeune homme d abord froid puis passionné, se prend d amitié pour Sulamita, recluse en son palais romain. Il l interroge sur le destin de trois poètes, étoiles filantes qui se croisent dans le ciel étoilé de Varsovie en 1922 : Peretz Markish, Uri-Zvi Grinberg, Melek Ravitsch. Des noms qui ne vous disent rien ? Quelle importance ? L un émigra en Palestine en 1923, l autre rejoignit les communistes soviétiques en 1926, le troisième voyagea de Mandchourie à Mexico, avant de se fixer à Montréal. Ils eurent vingt ans, des maîtresses, une gloire de révoltés de la langue, une rage de vivre qui se brisa contre la catastrophe sans équivalent aucun où le Yiddishland disparut, terres et livres, corps et âmes. Pas vraiment, l âme : elle est là, dans ces pages infusées d histoires et de cris, d anecdotes et de poèmes, dans ce roman d amour fou qui caracole sur la ligne de crête des empires incendiés, l Autriche-Hongrie, le IIIème Reich, la vieille Europe. « Mère, nous arrivons d un pays sans amour, d un pays où Dieu est absent, Déluge en tête et crépuscule dans le sang. »

  • Projections privées

    Gilles Rozier

    • Denoel
    • 3 Janvier 2008

    Parisiens récemment installés dans une ville de province, Bernadette Levy Saltiel et son époux Philippe voient leur rêve s'effondrer le jour où leur pharmacie brûle sur la grand-place. Soupçonné, Philippe tente de se soustraire à une bien inquiétante alchimie entre la ville et son nom de famille... À travers un fait divers local, Gilles Rozier décrit sur un mode à la fois burlesque et dramatique les troubles pulsions d'une France contemporaine entretenant des rapports ambigus avec son histoire.

  • Moïse fiction

    Gilles Rozier

    • Denoel
    • 29 Août 2001

    Je voyais le ciel s'amenuiser au-dessus de ma tête, l'air sifflait à travers le lacis d'osier du panier où toi, Myriam, tu avais eu le temps de m'enfoncer avant de me jeter aux eaux du fleuve.Est-ce à cause des pleurs de ce jour et cette nuit passés à dériver sur le fleuve que les crocodiles savent si bien imiter les vagissements du bébé perdu dans les ajoncs ?
    Cueilli un matin par une rêveuse matinale sur les eaux du Nil, Moïse, nourrisson hébreu en perdition, grandit en marge des secrets d'alcôve du palais de Pharaon.
    Cent vingt ans plus tard, délaissé par son peuple, il se meurt dans le silence de Moab. Non loin de la Terre promise dont il n'a pu fouler le sol, le grand prophète livre une confession brûlante...
    Porté par un lyrisme limpide et lumineux, le deuxième roman de Gilles Rozier ouvre une brèche dans l'édifice sacré de la Bible. Magnifiquement fantasmée par l'auteur, éludant Dieu à travers une fiction scandaleuse, l'humanité de Moïse éclaire les doutes politiques, les vertiges métaphysiques, l'intimité taboue d'un personnage mythique, ressuscitant dans une envoûtante magie narrative Hébreux et Egyptiens surgis de la nuit des temps...

  • Ce soir-là, Hella me demanda la notice biographique pour Dumont Verlag, c'était urgent. (...) Ma vie, mon être étaient soudain coupés en morceaux et jetés ça et là sur le sol allemand, mais j'avais pris ce risque, je ne ferai pas mine de me plaindre, peut-être l'avais-je désiré. Devrais-je procéder comme Isis avec les parcelles d'Osiris, parcourir la terre allemande pour récupérer mes propres morceaux et me reconstituer ? Je le fais à présent. Cologne-Bonn-Berlin-Leipzig, fun mayrev a lek un fun mizrekh a shmek, comme on dit en yiddish, un zeste d'Ouest, un reste d'Est.

    En mars 2004, Gilles Rozier sillonne l'Allemagne à l'occasion de la parution en allemand d'Un amour sans résistance, roman sur les liaisons dangereuses qu'entretiennent le yiddish et l'allemand. Journal de ce voyage, Fugue à Leipzig tourne autour de trois personnages de femmes qui ont grandi dans les Allemagnes d'après-guerre. Par-delà l'expérience de l'auteur, le texte peut être lu comme celui d'une génération et nous plonge au coeur de la réunification allemande qui s'est faite dans notre indifférence, des blessures du XXe siècle telles qu'elles commencent à se refermer.

  • La promesse d'oslo

    Gilles Rozier

    • Denoel
    • 22 Août 2005

    Eli a tué, il a ramassé les morts, et un jour, on l'a assassiné. Le gouvernement n'a pas sauté, mais Eli, oui. Un vendredi matin, il a acheté des fleurs pour sa mère en rentrant de la base, il aurait pu les prendre en bas de la maison mais il se disait qu'à la Moshava les fleurs étaient plus jaunes plus rouges plus bleues et l'herbe plus verte, il a pris l'autobus 18 et, au coin d'une avenue et d'une rue, il a valsé avec trois poussettes deux grand-mères la fille du grand rabbin de Jérusalem qui était en même temps la cousine de la femme du Premier ministre une femme de ménage philippine un Arabe du village d'Abou Gosh un autre de Beit Sahour...
    Endeuillée par le meurtre de son unique fils et seule dans l'existence, Sharon, quarante-deux ans, renoue peu à peu avec la vie et tente une insémination artificielle à... Oslo. Ciselant les paradoxes intimes d'une femme juive orthodoxe que sa pratique religieuse corsète et épanouit à la fois, Gilles Rozier met en scène, au coeur du quotidien, des personnages formidablement emblématiques de la société israélienne.

  • En retrouvant à Paris l'appartement où son père vient de mourir, une femme réveille un à un les secrets de la mémoire familiale.
    Elle tente de faire face aux zones d'ombre qu'elle avait cru esquiver en fuyant l'Europe : ses sentiments ambigus à l'égard d'une soeur unique, son amour pour un père dont elle découvre peu à peu la part obscure.
    Empruntant une voix féminine, Gilles Rozier trouve une écriture nue et sans détour pour dire comment le moment du deuil, intense et ravageur, nous rend clairvoyants pour vivre. Comme si la nuit d'un chagrin levait en nous le grand jour de l'amour.
    Comme si la mort d'un autre nous livrait notre vérité.

  • A subtle and brilliant examination of love under extreme conditions and about human frailty in a society occupied by the enemy. A major bestseller in France

  • Ronny Someck est un poète juif israélien né en 1951 à Bagdad. Il avait un an et demi quand sa famille a quitté l'Irak. Il est le poète israélien le plus renommé. Salah Al Hamdani est né en 1951 à Bagdad, lui aussi.
    Il a quitté l'Irak à son âge d'homme pour la France. Il est aujourd'hui un poète arabe reconnu.
    Lorsque Ronny et Salah se sont rencontrés pour la première fois en 2010, ils sont tombés dans les bras l'un de l'autre comme deux vieux amis, deux frères. Ce livre est né de cette rencontre.
    L'un est citoyen d'Israël, l'autre est exilé en France. Pourtant, ils se sont trouvé plus de ressemblances que de différences.
    Ils sont les deux rives du même fleuve.

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