• être sans destin

    Imre Kertész

    De son arrestation, à Budapest, à la libération du camp, un adolescent a vécu le cauchemar d'un temps arrêté et répétitif, victime tant de l'horreur concentrationnaire que de l'instinct de survie qui lui fi t composer avec l'inacceptable. Parole inaudible avant que ce livre ne la vienne proférer dans toute sa force et ne pose la question de savoir ce qu'il advient, quand l'homme est privé de tout destin, de son humanité.
    Imre Kertész ne veut ni témoigner ni penser son expérience mais recréer le monde des camps, au fi l d'une impitoyable reconstitution immédiate dont la fi ction pouvait seule supporter le poids de douleur. Cette oeuvre dont l'élaboration a requis un inimaginable travail de distanciation et de mémoire dérangera tout autant ceux qui refusent encore de voir en face le fonctionnement du totalitarisme que ceux qui entretiennent le mythe d'un univers concentrationnaire manichéen.

  • L'ultime auberge

    Imre Kertész

    Oeuvre inclassable, «L'Ultime Auberge» est une exploration des tréfonds de l'âme et de l'esprit d'un écrivain malade, aux prises avec les revers de l'existence autant qu'avec un pays d'origine abhorré. Entre confessions et réflexions, joies et souffrances, vie personnelle et vie publique, Kertész saisit le monde autant que lui-même, offrant un autoportrait de l'artiste au travail - un artiste réfractaire et toujours insoumis. «L'Ultime Auberge», oeuvre superbe et vertigineuse, prouve une fois de plus le talent d'un immense écrivain de renommée internationale.

    1 autre édition :

  • C'est pour l'enfant auquel il n'a jamais voulu donner naissance qu'imre kertész prononce ici le kaddish - la prière des morts de la religion juive.
    D'une densité et d'une véhémence peu communes, ce monologue intérieur est le récit d'une existence confisquée par le souvenir de la tragédie concentrationnaire. proférée du fond de la plus extrême souffrance, la magnifique oraison funèbre affirme l'impossibilité d'assumer le don de la vie dans un monde définitivement traumatisé par l'holocauste. ce que pleure le narrateur, ce n'est pas seulement " l'enfant qui ne naîtra pas ", : c'est l'humanité toute entière.

    1 autre édition :

  • Bien avant la consécration de son travail par le prix Nobel de littérature en 2002, Imre Kertész (1929-2016) a noté - sur une période de trente ans (1961 à 1991) - ses observations, ses pensées philosophiques et les aphorismes qui l'accompagnaient lors de l'écriture de ses premières oeuvres. À travers un dialogue avec Nietzsche, Freud, Camus, Adorno, Musil, Beckett, Kafka et bien d'autres, Imre Kertész tente de penser l'holocauste, la modernité, la liberté et le totalitarisme.

    1 autre édition :

  • Dossier K.

    Imre Kertész

    Après le prix Nobel (2002), quantité de rumeurs ont circulé au sujet d'Imre Kertész. Dossier K. livre ce que l'oeuvre de l'écrivain occulte : la vraie vie d'Imre Kertész ou, du moins, ce qu'il en révèle lors d'un dialogue avec un ami qui ne s'en tient pas aux questions maintes fois posées...

    1 autre édition :

  • Le refus

    Imre Kertész

    autobiographie romanesque à la troisième personne, le refus est la pièce centrale d'un triptyque de "l'absence de destin" également composé d'etre sans destin et de kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas.
    le refus est d'abord celui des éditeurs de la période stalinienne en hongrie qui rejettent le roman etre sans destin. empêché de rendre publique son approche littéraire de l'expérience concentrationnaire, kertész entre dans une sorte de douloureuse paralysie. le refus est ensuite celui de l'écrivain qui n'abandonne pas et reprend la plume. la deuxième partie du roman raconte l'histoire d'un personnage étrange qui revient dans sa ville après une longue absence et se confronte aux nouveaux maîtres du pays...
    souffrance, lucidité, ironie, refus de tout totalitarisme : tels sont les éléments essentiels de l'oeuvre d'imre kertész. et telle est la valeur universelle de son art.

    1 autre édition :

  • Liquidation

    Imre Kertész

    Voici le roman qu'Imre Kertész était en train d'écrire au moment où il a reçu le prix Nobel 2002. Dans une sorte de suite spirituelle du Kaddish pour l'enfant qui ne naîtra pas, la voix, la souffrance mais aussi la force des femmes sont ici plus présentes que jamais.

  • Doublement traumatisé par l'expérience concentrationnaire puis par la mise au ban stalinienne, Imre Kertész est confronté, après l'effondrement du communisme d'Etat de la Hongrie, aux conséquences d'une inédite liberté. On lui demande d'être l'éternel témoin et garant de la mémoire de l'Holocauste, on l'invite en Allemagne, en France, en Italie, à Vienne et à Tel-Aviv. A soixante-dix ans, il visite des lieux de son passé ou découvre enfin le visage réel d'une Europe qu'il n'avait jusqu'alors appréhendée qu'à travers son immense érudition. Dans le compagnonnage de Wittgenstein, qu'il traduit, Imre Kertész se rencontre et se cherche. Qu'est-il devenu ? Qu'est devenu le monde à la fin des années 1990 ? C'est en écrivain que Kertész transforme en autant d'illuminations ces questions auxquelles se mêlent rêves et souvenirs, choses vues et expériences marquantes.

    1 autre édition :

  • Trois récits pour évoquer trois expériences cruciales de l'auteur, en Hongrie, à partir des années 1950.
    Le Drapeau anglais se situe à Budapest, pendant l'insurrection hongroise de 1956, et met en scène les affres et les détours de la mémoire. Le Chercheur de traces raconte le retour d'un homme dans une région où, longtemps auparavant, ont eu lieu d'indicibles crimes. Et Procès-verbal relate un voyage de Budapest à Vienne, peu après la chute du mur de Berlin, voyage qui se transforme en un cauchemar bureaucratique.
    Un triptyque singulier où le questionnement philosophique côtoie l'amour de la langue et de la forme littéraire. Trois textes d'une rare puissance narrative.

  • Roman policier

    Imre Kertész

    Un renversement politique, quelque part en amérique latine.
    La dictature qui s'établit offre au simple policier antonio martens l'occasion inespérée d'intégrer l'armée. il y rencontre diaz, son supérieur aussi charismatique que louche, et l'acolyte de celui-ci, le sadique rodriguez. commencent alors des filatures au cours desquelles sont fichés un grand nombre de citoyens irréprochables. peu après, rodriguez installe dans leur bureau un instrument de torture et s'apprête à en faire usage.
    Martens fait face à ses propres sentiments - trop faibles pour une véritable remise en cause, trop forts pour l'insouciance pure et simple. jusqu'oú fermera-t-il les yeux ? ce roman policier à grande puissance évocatrice met en scène les ravages d'une terreur emblématique. a travers l'écriture, le bourreau martens cherche la rédemption, à l'instar des victimes dans d'autres oeuvres de kertész.

    1 autre édition :

  • Peu après la chute du Mur de Berlin, après avoir rencontré pour la première fois une véritable reconnaissance publique pour son oeuvre romanesque, Imre Kertesz a commencé à s'exprimer aussi sous forme de discours et d'essais sur la signification éthique et culturelle de l'holocauste. Ses premiers textes, "théoriques" certes, mais en réalité entièrement imprégnés par son expérience de survivant et de témoin de l'univers concentrationnaire, portent des titres programmatiques, comme La pérennité des camps, ou encore L'Holocauste comme culture.
    Imre Kertesz, traducteur de Nietzsche et de Wittgenstein, nous parle ici avec la radicalité et la logique infaillible qui font de ses romans une oeuvre exceptionnelle. Pour lui, " Auschwitz ne s'est pas produit hors du temps et de l'espace, mais dans la culture occidentale ", et comme il est dit dans le communiqué de presse de l'Académie suédoise au moment de l'attribution du prix Nobel, " c'est la dernière vérité sur la dégradation de l'homme dans une existence moderne ". Un " degré zéro de l'éthique " qui, s'il n'est pas sublimé par le refoulement ou une pseudo " réparation ", pourrait constituer une culture.
    Rassemblés ici pour la première fois dans leur intégralité, ces essais, considérations et discours sur la relation à l'holocauste, le XXe siècle totalitaire, la question de la survie et de l'exil, les manifestations du changement suite à la chute du Mur, et sur une Europe à rénover profondément, forment la somme d'une réflexion rigoureuse, qui - comme l'exprime l'Académie suédoise - " libère le lecteur du fardeau des sentiments obligés et incite à une liberté de pensée singulière. "
    " Il a vu dans Auschwitz la réalité profonde, essentielle, de la culture européenne quand, dans la réalité de la continuité des dictatures, il s'est retourné vers le bel et unique Auschwitz de son enfance. [.] Dans une dictature, toute signification est déformée d'emblée. C'est une découverte embarrassante que de voir la continuité là où d'autres aimeraient voir tout au plus un court-circuit de civilisation, l'oeuvre inexplicable du mal ou celle du hasard. Cette conception de la réalité historique, des facultés et de la nature de l'homme, ne laisse place à aucune illusion sentimentale, que l'on regarde vers l'arrière, ou vers l'avenir. Elle ne cite aucun fait qui permettrait de placer un signe d'égalité commode entre les dictatures rouge et brune et de justifier les crimes de l'un avec les crimes de l'autre, à la manière de Nolte. Ce qui s'est produit, se produira. Durant l'instant de silence pendant lequel le peloton d'exécution recharge, Kertész nomme les corrélations des dictatures, désigne leurs points d'intersection. Il explique la manière dont les terribles boîtes magiques de l'histoire européenne et de la nature humaine s'imbriquent l'une dans l'autre."
    PETER NADAS, dans sa préface
    " Auschwitz ne s'explique pas par la notion vulgaire, archaïque, j'allais dire classique, de l'antisémitisme - voilà ce que nous devons comprendre précisément. Il n'y a là aucun lien organique. Notre époque n'est pas celle de l'antisémitisme, mais celle d'Auschwitz. Et l'antisémite de notre époque ne se défie pas des juifs, il veut Auschwitz. Au procès de Jérusalem, Eichmann affirmait n'avoir jamais été antisémite et bien que la salle ait alors éclaté de rire, je ne trouve pas impossible qu'il ait dit la vérité. En définitive, pour assassiner des millions de juifs, l'État totalitaire a davantage besoin de bons organisateurs que d'antisémites. Nous devons nous dire clairement qu'aucun totalitarisme de parti ou d'État n'est possible sans discrimination, or la forme totalitaire de la discrimination est nécessairement le massacre, la tuerie de masse. "
    IMRE KERTESZ

  • Lorsque l'Académie suédoise distingue Imre Kertész, le communiqué disait ceci :
    "Le prix Nobel de littérature pour l'année 2002 est attribué à l'écrivain hongrois Imre Kertész pour une oeuvre qui dresse l'expérience fragile de l'individu contre l'arbitraire barbare de l'histoire.
    L'oeuvre d'Imre Kertész examine si la possibilité de vie et de pensée individuelles existe encore à une époque où les hommes se sont subordonnés presque totalement au pouvoir politique. Son oeuvre revient continuellement sur l'événement déterminant de sa vie : Auschwitz, où il fut déporté adolescent lors des persécutions nazies des juifs hongrois. Pour l'écrivain, Auschwitz ne constitue pas un cas d'exception, tel un corps étranger qui se trouverait à l'extérieur de l'histoire normale du monde occidental, mais bien l'illustration de l'ultime vérité sur la dégradation de l'homme dans la vie moderne." La reconnaissance de l'Académie suédoise est au centre de ce journal de 2001 à 2003. La vie d'avant - la vie d'après. Finalement pas si différentes qu'on l'imagine.
    L'auteur s'amuse avec beaucoup d'autodérision de ses premiers pas dans le monde de l'informatique et du traitement de texte, mais il est rapidement rattrapé par ce qui l'a pourtant poussé à écrire sur un clavier : la maladie de Parkinson, qui handicape sa main droite. Comme on le sait, cette maladie n'altère pas les facultés mentales, et Kertész se voit confronté, avec toute la lucidité qui le caractérise, à sa lente déchéance physique.
    Les réflexions que lui inspire l'écriture de son roman Liquidation (Actes Sud, 2004 ; Babel n° 707), qui avance à grand peine, sont un des leitmotive du journal de ces années. Kertész est insatisfait de son travail et se demande s'il a encore des facultés créatrices, qu'il associe au plaisir d'écrire à la main. D'abord amusant, l'ordinateur devient le triste compagnon de ses longues nuits d'insomnie où il ressasse son impuissance, ses idées noires. La maladie soudaine de son épouse le fait s'enfoncer encore plus profondément dans les ténèbres.
    Son texte est également jalonné de remarques (quasi-prophétiques) sur la situation intérieure hongroise et la montée inexorable des idées néo-fascistes et de l'antisémitisme, qui amène Kertész à quitter le pays pour s'installer à Berlin.
    Le prix Nobel de littérature le fait connaître du grand public hongrois, mais lui attire aussi des inimitiés. Il poursuit néanmoins l'écriture de Liquidation dont la parution clôt ce journal.
    Sauvegarde est un texte remarquable de sincérité : au-delà des réflexions sur la politique, l'histoire et la littérature, on peut lire le "portrait véritable" d'un vieil homme dont le sens aigu de l'observation n'épargne ni le monde qui l'entoure, ni lui-même.


  • trois récits pour évoquer trois expériences cruciales de l'auteur, en hongrie, à partir des années 1950.
    le drapeau anglais se situe à budapest, pendant l'insurrection hongroise de 1956, et met en scène les affres et les détours de la mémoire. le chercheur de traces (publié séparément par actes sud en 2003) raconte le retour d'un homme dans une région oú, longtemps auparavant, ont eu lieu d'indicibles crimes. et procès-verbal relate un voyage de budapest à vienne, peu après la chute du mur de berlin, voyage qui se transforme en un cauchemar bureaucratique.
    un triptyque singulier oú questionnement philosophique côtoie amour pour la langue et la forme littéraire. trois textes d'une rare puissance narrative.

  • Voici le scénario original qu'imre kertész a écrit pour l'adaptation cinématographique de son roman etre sans destin dans lequel son expérience concentrationnaire est évoquée.

    Illustré par des photographies en couleurs de buda gulyas, cette version du roman - augmentée et adaptée aux exigences du septième art - constitue une oeuvre à part entière dont émane toute la force narrative du prix nobel de littérature.
    Très remarqué au festival de berlin (2005), le film etre sans destin est le premier long métrage de lajos koltai, chef opérateur favori d'istvan szabo, avec marcell nagy, aron dimény et andras m.
    Kecskés sur une musique originale d'ennio morricone.

  • Un homme retourne dans une région où, longtemps auparavant, ont eu lieu d'indicibles crimes. Quel est son malaise ? Quelle est sa mission ?
    Il parcourt la campagne, interroge les habitants, scrute les paysages, croise enfin une femme étrange au voile de crêpe dont le père, le frère et le fiancé ont été victimes des assassinats commis en ces lieux...
    Evoquant Kafka et Beckett, mêlant allégories poétiques et humour cruel, Le Chercheur de traces est à la fois récit d'investigation quasi archéologique sur les sites de l'innommable (d'ailleurs jamais nommé), lancinante méditation sur la Faute, sur la dévoration du vécu par le vivant et sur l'inexorable culpabilité du rescapé. Sa profondeur concise et sa virtuosité dans l'implicite font de ce texte un chef-d'oeuvre.

  • Anglais Fateless

    Imre Kertész

    Fourteen-year-old Gyuri's father has been called up for labour service. Arriving at the family timber store he witnesses with nonchalance and boredom his father sign over the business to the firm's book-keeper. Two months later he finds himself assigned to a "permanent workplace" but within a fortnight he is unexpectedly pulled off a bus on his way to work and detained without explanation. This is the start of his journey to and subsequent imprisonment in Auschwitz.

    On his arrival Gyuri finds that he is unable to identify with other Jews, and in turn is rejected by them. An outsider among his own people, his estrangement makes him a preternaturally acute observer. Fatelessness' power lies in its refusal to mitigate the unfathomable alienness of the Holocaust and in the strength, and strangeness, of its narrative voice.

  • Antonio Martens was a torturer for the secret police of a recently defunct dictatorship. Now in prison, he requests and is given writing materials in his cell, and what he has to recount is his involvement in the surveillance, torture, and assassination of Federigo and Enrique Salinas, a prominent father and son whose principled but passive opposition to the regime left them vulnerable to the secret police. Preying upon young Enrique's aimless life, the secret police began to position him as a subversive and then targeted his father. Once this plan was set into motion, any means were justified to reach the regime's chosen end-the destruction of an entire liberal class.
    Inside Martens's mind, we inhabit the rationalising world of evil and see first-hand the inherent danger of inertia during times of crisis.

  • The first word of this haunting novel is 'no'. It is how the narrator, a middle-aged Hungarian Jewish writer, answers an acquaintance who asks if he has a child and it is how he answered his, now ex-, wife when she told him she wanted a baby.

    The loss, longing, and regret that haunt the years between those two 'no's' give rise to one of the most eloquent meditations ever written on the Holocaust.As Kertesz's narrator addresses the child he couldn't bear to bring into the world, he takes readers on a mesmerising, lyrical journey through his life, from his childhood to Auschwitz to his failed marriage.

empty