• "Stanco" : fatigué, "stracco" surfatigué. Comme si, dit Orazi, le peuple avait renforcé le mot avec ce "r" qui fait "tomber les bras". Même si le mot a une autre origine. Stracco : il n'en peut plus. Et il marche, le personnage qui porte ce nom, avec son chien. Va sur les chemins, toujours à la recherche d'un endroit où poser sa fatigue. Mais toutes les rencontres qu'il fait rendront Stracco encore plus fatigué du monde. Même et surtout les bonnes rencontres : celle par exemple de l'infatigable amoureuse unijambiste, qui le tue d'amour. Car cette histoire, si amèrement ironique, si cruellement poétique, d'un petit Juif errant en proie à des appétits de protection qui engloutissent ses libertés, irradie d'une fatigue surnaturelle. L'esprit caustique-tragique et chaleureux-désespéré du pâtre Orazio Orazi se déploie là tout entier.

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