• Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • " le premier roman du jeune écrivain alsacien rené ehni se rattache ostensiblement à la ligne qui va de paul morand à roger nimier, en passant par scott fitzgerald.
    Son héros, manni, qui a gardé à vingt-cinq ans le charme de l'adolescence, est un frivole par discipline et un cosmopolite par ennui. s'il collectionne les pull-overs comme d'autres les objets d'art, ce n'est pas qu'il manque de culture, c'est pour arborer à la manière d'un blason le symbole de ses exigences esthétiques. s'il ne peut rencontrer ses amis qu'à florence, à munich, à capri, à myconos ou en avion - au lieu de leur donner rendez-vous au flore (comme tout le monde !) - c'est parce que l'espace lui semble abolir le temps, ce temps qu'il faut tuer ou qui tue et qui est son grand ennemi, son seul ennemi - avec lui-même.
    " jacques de ricaumont les nouvelles littéraires (1964).

  • Chantefable

    René-Nicolas Ehni

    "En partant du Mondial 2006, le libre-penseur René-Nicolas Ehni nous livre un regard original et sans concessions sur l'état du monde actuel et de la place de la France. Dans un style inimitable, cette chronique irrévérencieuse et attachante entremêle fulgurances théologiques, conversations de comptoir et leçons d'histoire politiques..."

    De sa retraite en Crête, Ehni observe et commente le monde en compagnie de Jeanne d'Arc, sa fille, sa muse, et des habitants de son petit village. C'est le Mondial 2006 qui lui a inspiré une chronique iconoclaste, alternant lyrisme et humour et émaillée de multiples références à l'histoire, à la politique, aux mythologies et autres religions. Cette chronique est inspirée des passions des peuples, racontée à travers l'écran de télévision, la scène du village et un défilé de personnages hauts en couleurs. Dans ce livre brillant et politiquement incorrect, très "Ancien Régime", Ehni vitupère le monde moderne dans une flamboyante charge à la beauté sauvage. Il dit sa passion pour une France tournée vers les peuples du monde, son amour de la beauté des corps, ses convictions religieuses dans un texte vibrant, empli de liberté et de fulgurances où sont convoqués tant Bossuet que l'Equipe de France...

    Né en 1935, près de Mulhouse, en Alsace, René-Nicolas Ehni a commené une carrière littéraire et théâtrale aussi féconde qu'originale il y a près de quarante ans, avec La gloire du vaurien (Julliard). Son talent créatif, tout autant que ses frasques, l'ont vite rendu célèbre. Converti à l'orthodoxie, il s'est installé en Crête, il y aplus de vingt ans, poursuivant une oeuvre marquée par le refus d'une "modernité" jugée tyrannique. L'éditeur Christian Bourgois a réédité une partie de son oeuvre en 2000 et son dernier livre " Algérie roman " paru en 2000 chez Denoël a connu un vif succès auprès de la critique.

  • Apnée

    René-Nicolas Ehni

    Apnée, le dernier livre de René-Nicolas Ehni, offre la clef d'une oeuvre débutée dans les années soixante. Le livre s'ouvre par un retour au pays natal, le Sundgau, en Alsace. C'est là que l'écrivain a passé son enfance, sur une terre défigurée par deux guerres mondiales, hantée par la mort et située à la frontière de la France et de l'Allemagne. La langue de René Ehni porte la trace de ces recouvrements successifs et chatoyants entre le français, l'allemand et l'alsacien. C'est là aussi qu'il trouve ses origines dans une double ascendance catholique et juive. Sont évoqués, entre autres thèmes : ses ascendants juifs alsaciens, la région de Belfort ponctuée de monuments aux morts, l'apprentissage enfant du français, ses débuts littéraires à Paris à la fin des années soixante, le lien à son éditeur, sa participation aux mouvements régionalistes dans les années soixante-dix, ses années d'amitié avec Maurice Béjart, sa lecture du Pater Noster, les rites et les prières des morts, les saints patrons alsaciens. A l'occasion de ce retour aux sources, l'auteur revisite aussi son oeuvre depuis ses premiers succès des années soixante et soixante-dix : La gloire du vaurien (1964 ou 68), Babylone vous y étiez, nue parmi les bananiers (1971), Pintades (1974). Ces succès précoces qui firent de lui la coqueluche de Saint-Germain des Prés. Mais surtout René Ehni se retourne tout naturellement vers la figure de son éditeur et ami, Christian Bourgois, pour éclairer plus profondément encore le sens d'une vie consacrée aux livres fondamentaux, ceux qui interrogent la vie et lui donnent un sens.
    Ce livre est aussi un tombeau à l'ami mort, que l'auteur a pour obligation d'accompagner jusqu'au lieu où repose ses cendres et où commence sa vie dans l'au de-là. Le texte est court, mené tambour battant par un auteur septuagénaire qui reconsidère le chemin parcouru (Paris, l'Alsace, Rome, l'Europe centrale, le Mont Athos, la Crète où il a installé sa famille). Ce qui domine dans ces pages - qui ne relatent pas chronologiquement l'histoire d'une vie mais rassemblent une série d'évocations fulgurantes - c'est la passion de l'écriture, la religion de l'amitié, la quête du divin. De là, une série de conversions qui rattachent René Ehni à la fois aux religions juive, catholique et orthodoxe. L'oeuvre comme la vie conduisent de l'obscurité vers la lumière. C'est le sens que René Enhi donne à sa vie, lui qui a vécu enfant puis jeune soldat au contact direct de la mort, que ce soit durant la Seconde guerre mondiale en Alsace ou lors de la Guerre d'Algérie. Pour l'auteur, écrire est l'aventure d'une vie qui est dominée par le voyage, la foi et l'amitié. Le livre rappelle que les vivants ont pour obligation d'accompagner les morts au moment de leur passage dans l'au-delà.

  • " si vous pensez que l'europe des marchands et des ingénieurs de pointe, ce n'est pas tout ; si la vue d'un grand flandrin à lunettes cerclées de pasteur alémanique, vêtu d'une robe de lin, marchant pieds nus dans les vignes entre l'alsace et la suisse non pour porter des économies, dans un coffre à numéro, mais en pèlerinage vers la grèce sans un sou vaillant à la ceinture, se signant à l'orthodoxe en souvenir de son baptême au mont athos ; si cette vision d'un autre âge ne vous arrache pas le moindre sourire, mais au contraire de la curiosité troublée ; si d'entendre citer les écritures à tout propos vous paraît tout aussi "moderne", j'insiste sur le mot, que les rapports de l'insee, l'indice dow jones ou les sciences humaines, comme le font les prêtres officiels, si l'écologique et le spirituel quotidien vous semblent moins loin de la vérité, moins offensants pour le passé, le présent et l'avenir des individus.

    Alors comme le disent les guides - que suis-je d'autre ? - ce ehni vaut le détour. " bertrand poirot-delpech le monde (1988).

  • Pintades

    René-Nicolas Ehni

    " au zanzibar de la rue broca à paris, la gauloise aux lèvres, un oeil vague sur libération, il attend silencieux : "on se connaît?" le tutoiement facile et l'ardoise pleine, rené ehni a l'air d'un écrivain, n'est-ce pas merveilleusement rare ? pour l'auteur de ce petit livre grave, hymne d'amour pur à l'oeuvre de gide, hymne d'humour féroce à la condition de "l'homme de lettres", sa démarche mérite une certaine explication : "je ne sais pas moi-même si j'ai lu paludes un jour.
    Ce que j'affirme c'est que quelqu'un comme gide me paraît tout à fait exceptionnel dans le sens où il a été le premier à nous dire sans ambiguïté et sans brouiller les cartes que nous ne sommes jamais maîtres de notre corps. maintenant, si tout au long de mon livre, je me complais à interroger les gens pour savoir si oui ou non ils ont lu paludes, c'est surtout parce que j'ai tenté de faire une caricature de ces gens que je rencontre à paris au cours de dîners en ville et qui ont la sensation de parler culture quand ils s'interrogent eux-mêmes pour savoir s'ils ont vu tel ou tel film, telle ou telle pièce.
    Tout cela me dégoûte, car leur seul souci est de rester à la mode. " " jean-marc roberts le quotidien de paris (1974).

  • " j'ai enfin relu.
    C'est du sade troisième millénaire. il n'y a du cul que pour la raison du blasphème. il y a du cul parce qu'il y a dieu. s'il n'y a plus dieu il n'y a plus même le péché de nier la divinité de l'homme. l'extinction des feux, alors, os-witz.
    A) c'est un ouvrage pointu de théologie de pointe b) c'est un ouvrage pointu d'anthropologie de pointe c) c'est un ouvrage pointu de marxisme de pointe d) c'est un ouvrage pointu de mythologie de pointe e) etc.

    C'est un ouvrage d'une vulgarité extrême, pour les savants. avec des bonheurs d'écriture. depuis le temps que je vous dis que je suis un tzigane enjuivé oral. et moi qui depuis trente ans vous le joue à l'oralité. puissante, chrétienne, ethno, coco, mytho !
    C'est la crise : au moment même où il y a l'anecdote, l'événement, le happening, le crime, tu ne sais pas ce qui se passe. tu ne peux absolument pas avoir un discours raisonnable, alors que toute la littérature est de la raison hélas ! " rené ehni (30 septembre 1999).

  • Algerie roman

    René-Nicolas Ehni

    • Denoel
    • 10 Avril 2002

    Il aura fallu plus de quarante ans à rené-nicolas ehni pour revenir sur le traumatisme de son expérience de la guerre algérie, où il fut brusquement confronté à un décor de peurs mais aussi de beautés, comme un corps glorieux plongé dans la pratique de l'horreur et dans un univers militaire dont la langue de bois résonne étrangement aux oreilles du jeune homme déjà bercé de lectures et qui deviendra bientôt l'écrivain légendaire de la gloire du vaurien ou de babylone vous y étiez, une parmi les bananiers.
    Des scènes d'une grande dureté viennent dire la vie de soldat, la mort qu'on donne ou à laquelle on échappe ; elles se heurtent à toute une galerie de personnages hauts en couleur, ainsi qu'à des visions d'aujourd'hui, dans la crète où vit l'auteur, volontiers rêveur sur les origines du nom de ehni, sur son appartenance au monde tzigane. une grande fresque d'un demi-siècle de france et de guerres coloniales apparaît ainsi par fulgurances aux yeux du lecteur, avec un lyrisme jamais gratuit qui fait le pari de la lucidité (fût-elle visionnaire) contre le pathos.
    Dans ce grand roman d'un vécu douloureux et refoulé enfin à la puissance du poème, rené-nicolas ehni ne recule devant rien : sa franchise est une liberté, à la fois rare et singulière.

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