• Est-ce le goût des paris difficiles ? Yves la Prairie semble s'être donné pour objectif de réconcilier, ou du moins de rapprocher, la poésie musicale, rythmée, légère dans ses apparences, souvent qualifiée de traditionnelle, - c'est elle que la mémoire retient -, et la poésie moderne, davantage sensible au choc des mots, au bonheur des rencontres, aux résonances des images, à leurs ondes et à leurs échos. Il veut prouver que l'une n'exclut pas l'autre, que chacune traduit le passage « d'un moment du monde rattrapé au vol », parce que l'âme n'est pas un monolithe, ni l'inspiration un arc à une seule flèche. Mais l'originalité principale du recueil vient sans doute du fait qu'Yves la Prairie a pourcouru lui-même les « margelles » de l'Océan et exploré ses « puits sans fond ». Jusqu'à présent, très peu d'hommes dans le monde ont pu voir la face cachée de la mer, sous plusieurs milliers de mètres d'eau. Parmi eux, il est le premier à évoquer - en poète - ces plongées aux abysses, portes d'un nouveau monde dont la nuit éternelle frémit de tous les « tremblements ». Jean Orizet

  • Pour les humains de plus en plus à l'étroit sur les continents, la Mer représente l'avenir. Avec son pétrole et ses gisements sous-marins, avec l'aquaculture, les énergies nouvelles et l'espace qu'elle nous offre, la Mer est la réponse à l'humanité affamée de matières premières, d'énergie, de nourriture, de dépassement et de rêve. Un aussi riche et vaste réservoir, l'enjeu le plus formidable de la fin du siècle, suscite d'immenses convoitises. Prédisant cette course à la mer aux conséquences économiques, politiques et philosophiques planétaires, Yves la Prairie, « Monsieur Océan français », fondateur voici 10 ans, du Centre National pour l'Exploitation des Océans (CNEXO), s'emploie à préparer pour nous et nos enfants, pour notre pays et le monde, un mariage durable et fécond entre les hommes et la Mer. Futurologue lorsqu'il préside aux destinées du CNEXO, homme d'action lorsqu'il descend dans sa capsule de plongée, il nous livre avec « Le nouvel homme et la mer », la première synthèse prospective sur cette civilisation en gestation. Une vision de notre avenir d'une clarté fulgurante, dense d'espoirs, de mesures décisives et de propositions concrètes sur l'aménagement global des littoraux dont nous sommes si largement dotés sur ce continent et outre-mer. Un livre animé de cette intelligence des problèmes essentiels, qu'offre sans doute la contemplation d'horizons illimités. Un livre neuf et différent ; un très beau livre écrit d'une plume que ne désertent ni l'humour, ni la poésie.

  • Le vieil Yffic Pradenn, le gardien de phare de Pen Avel, a dû quitter sa Tour du Feu pour sa petite maison de retraité. Il y a emporté les feuillets qui restaient dans son filet, depuis l'envoi des premiers « propos » dans une bouteille à la mer. Il a choisi, pour cette dernière palanquée, des petites phrases qui provoquent ou dérangent, font sourire ou rendent perplexe. Il affirme que « Prêter à rire donne à penser ». Ayant aussi compris que « le poids des mots est inversement proportionnel à leur quantité », ce veilleur a fait court : au diable les bavards ! Il aime surtout donner la palme aux « gastronomes du spirituel ».

  • Yffic Pradenn est un vieux gardien de phare, au bout de l'extrême Ouest breton. Il fait corps avec sa Tour du Feu. On l'a un peu oublié, et ses yeux ont pris la couleur de la mer. Il garde son phare, et la mer le garde. Son oreille est restée bonne. De sa plume, « à éclipses » comme sa lanterne, il note ce qu'il a entendu, ou cru entendre. Il a fini par s'imaginer que les vagues sont des femmes, que la marée « c'est quand la mer se retourne dans son lit », que les marsouins griffonnent des messages sur l'Océan, qu'une île c'est peut-être un radeau pour les naufragés de la vie. Il doit être un peu poète, mais il serait bien étonné qu'on le lui dise.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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