• Vaste fresque qui nous promène de Bretagne à Paris, d'Angleterre en Turquie, L'Homme tendre est à la fois une galerie savoureuse de portraits de famille, une saga historique foisonnant de personnages, un roman policier qui nous révèle les affaires de harems et d'espionnage d'Istanbul, enfin un livre initiatique qui s'achève par une méditation dans le désert australien. C'est dire l'ambition d'un ouvrage aux nombreuses ramifications et aux multiples rebondissements, véritable comédie humaine de notre temps.

  • « Ma vie quotidienne se déroule dans un miroir brisé, multiplié. Mon temps lui aussi est hémiplégique. J'utilise mon énergie à défaire ce que j'ai fait peu avant. Resté seul, je m'assieds à mon bureau. Les yeux dans le vide de mon épuisement, je me repose. »Y. M. C.Yves Mabin Chennevière, poète et diplomate, a été victime d'un AVC en 2006. Dans ce récit d'une totale sincérité, il s'emploie à rendre compte des incongruités de son quotidien et touche là, lui qui est poète, aux limites de l'écriture quand elle a affaire au délabrement d'un corps menaçant de faire perdre son identité à l'âme qui l'habite.

  • Chrysogone assiste à l'exposé de sa vie vécue sans lui. On l'appelle. Il part. Anonymement fusillé, il s'absente un moment. Il rencontre Émilienne. Elle lui parle d'elle. Ensemble ils vivent une journée toute consacrée à d'autres qu'eux-mêmes. Il essaie ainsi de confondre ceux qui s'emparent de lui. En vain. Convié à dîner, il assiste au viol d'Émilienne, qui l'empêche d'intervenir. Elle agonise, il assiste aussi à sa mort. S'en absente. Poignardé, anonymement, il s'absente pour de bon. Soleil. Émilienne et les autres ont usurpé sa vie. Un homme qui assiste à l'appropriation de sa vie - de la naissance à la mort - par l'ignorance, l'insouciance, le mensonge, la violence, le sacrifice des autres, et qui naît, vit et meurt, envahi par tout et par tous à l'exception de lui-même, est un Usurpé.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Un enfant naît, un enfant meurt : de son apparition à son enterrement, quinze jours de joie, d'angoisse, de tristesse. Les témoins de cette « existence » sont ses parents, les médecins, les infirmières, qui luttent ; puis les employés des pompes funèbres, qui font leur métier. Comme la mort, la douleur qu'elle provoque n'a nul besoin d'être commentée. Il lui suffit d'être dite avec les mots les plus simples ; d'autant plus émouvants qu'ils invitent au silence.

  • Nous sommes dans les années 70. Pierre Urvoy, historien d'art, travaille sur la Transfiguration de Raphaël. Quand il était enfant, son père et sa soeur, militants dans la Résistance, ont été tués sous ses yeux. Blanche Dalm, veuve d'Erik Dalm qui s'est suicidé, a un beau-frère, Louis Dalm. On apprendra à la fin que ce Louis Dalm, collaborateur, n'est autre que l'assassin du père et de la soeur de Pierre. Thelma, journaliste juive et palestinienne, est la maîtresse de Louis Dalm. D'elle aussi on découvre peu à peu le secret : c'est un agent soviétique. Il y a d'autres personnages ; tous s'intéressent à l'art et à la politique, et les couples se font et se défont. Le sens de cette fresque historique et sentimentale est donné : "Tu me demandes pourquoi je m'intéresse tant au thème de la Transfiguration : chaque être dans sa vie a une idée, dit une phrase, commet une action, fait un rêve, un geste que depuis la création du monde et jusqu'à la fin des temps il a été, est et sera le seul à avoir, à dire, à faire. Cette singularité qui le définit, qui fonde son droit à la vie, au respect de sa vie par les autres s'exprime visiblement au moins une fois pendant son existence. Cette révélation c'est la Transfiguration. J'espère être là, témoin de cette unique expression de ton âme."

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