• Et ne suis-je pas une femme ? Nouv.

    Le 29 mai 1851, dans l'Ohio, une femme hors du commun, Sojourner Truth, prononce un discours qui fera d'elle l'une des plus célèbres femmes de son époque et qui est aujourd'hui considéré comme un discours fondateur sur les questions du racisme et du féminisme. Ce discours, ainsi que plusieurs autres de ses interventions orales, sont réunies ici et introduites par l'historien Pap Ndiaye. Née de parents esclaves, abolitionniste afro-américaine et militante du droit de vote des femmes, Sojourner Truth (1797-1883) est inscrite au National Women Hall of Fame.

  • «Tu es entrée, par hasard, dans une vie dont je n'étais pas fier, et de ce jour-là quelque chose a commencé de changer. J'ai mieux respiré, j'ai détesté moins de choses, j'ai admiré librement ce qui méritait de l'être. Avant toi, hors de toi, je n'adhérais à rien. Cette force, dont tu te moquais quelquefois, n'a jamais été qu'une force solitaire, une force de refus. Avec toi, j'ai accepté plus de choses. J'ai appris à vivre. C'est pour cela sans doute qu'il s'est toujours mêlé à mon amour une gratitude immense.» Pendant quinze ans, Albert Camus et Maria Casarès échangent des lettres où jaillit toute l'intensité de leur amour. Entre la déchirure des séparations et les élans créateurs, cette correspondance met en lumière l'intimité de deux monstres sacrés au sommet de leur art.

  • Buenos Aires, septembre 1930. Antoine de Saint-Exupéry, chef d'exploitation de l'Aeroposta Argentina, fait la connaissance de Consuelo Suncín Sandoval, la jeune veuve salvadorienne de l'écrivain Enrique Gómez Carrillo. Après quelques semaines de vie commune en Argentine, ils choisissent de se marier en France auprès de la famille de l'aviateur.
    Mais la vie conjugale du couple sera un parcours bien chaotique, malgré tout ce qui les réunit - et en premier lieu leur imaginaire commun, peuplé d'étoiles, de petits animaux et de toutes sortes de trésors. L'aventureux « Tonio » attend de son épouse une attention et un réconfort de tous les instants que le tempérament de celle-ci, éprise de liberté et douée d'une irréductible fantaisie, ne peut lui apporter continûment.
    /> Mais Antoine et Consuelo ne se délieront jamais de leur alliance, pourtant soumise à des polarités contradictoires. Sacrée à leurs yeux, elle les réunira dans les moments les plus difficiles, jusqu'à New York où l'écrivain se trouve exilé entre 1941 et 1943. Et la promesse réciproque d'un amour inconditionnel leur permettra de supporter, non sans souffrance, l'éloignement et l'inquiétude, lorsque l'engagement militaire de l'écrivain les rendra inévitables - jusqu'à la fin tragique de juillet 1944.
    Ces années sont aussi celles de l'écriture du Petit Prince - une fable qui illumine, en leur donnant son sens le plus profond, ces lettres souvent déchirantes d'émotion, où alternent la grâce et le désarroi, la défiance et la lumière. Un jeune prince voyageur, une rose et son globe : nous y sommes ! « Il était une fois un enfant qui avait découvert un trésor », écrit Antoine de Saint-Exupéry dans sa première lettre à Consuelo. « Mais ce trésor était trop beau pour un enfant dont les yeux ne savaient pas bien le comprendre ni les bras le contenir. Alors l'enfant devint mélancolique. » Ouvrage publié avec le soutien de la Fondation d'entreprise La Poste.

  • Tout en prenant un malin plaisir à se déclarer réticent à ce genre d'exercice, Jean d'Ormesson déploie dans l'art épistolaire autant de brio et de virtuosité que de talents de stratège et de séducteur. Il laisse libre cours, dans cette version la moins « autorisée » de son autobiographie, à son franc-parler, sa malice, son goût de l'ironie et de la facétie.

    C'est tout l'arrière-plan de son parcours dans le siècle que l'on voit se dessiner au fil de ces échanges multiples, sous l'effet révélateur des relations qui ont le plus compté dans son existence. Le meilleur de sa correspondance, en dehors de ses grandes amitiés littéraires, gravite autour de quelques figures clés. De Raymond Aron ou Roger Caillois à Claude Lévi-Strauss, tous ont agi sur Jean d'Ormesson comme autant de maîtres et d'inspirateurs dans sa réflexion intellectuelle et philosophique et l'évolution de son oeuvre.

    « Les amitiés qui commencent par les livres sont peut-être les plus fortes », écrivait-il à José Cabanis. Cet ensemble de « messages portés par les nuages », selon la formule de Jean-Marie Rouart, en offre une vivante et savoureuse illustration. C'est le même amour fou de la littérature qui explique l'amitié paradoxale de Jean d'Ormesson avec des auteurs aussi distincts de lui que Michel Déon ou François Nourissier. À travers eux on découvre ici son autoportrait le plus inattendu.
    Jean-Luc Barré.

  • Correspondance (1901-1919) Nouv.

    Proust dans cette correspondance avec Anne de Noailles analyse sans complaisance les moeurs et les secrets d'une société cruellement mise à nue, qu'il pare simultanément pourtant d'une beauté et d'une poésie fabuleuses.

  • Depuis un presbytère perdu dans les bruyères anglaises, Charlotte Brontë mène à coups de lettres un combat calme et déterminé pour affirmer les raisons de son génie littéraire et le talent extraordinaire de ses soeurs. Les passionné.e.s de l'autrice trouveront dans cette correspondance la formation d'une intelligence, les péripéties d'un grand coeur et le parcours d'une vie secrètement intense.

  • Vivant résolument au bord de l'abime, talonné par la misère, Charles Baudelaire sut transformer l'adversité en un brasier d'art et de pensée. Depuis l'arrière-salle d'une auberge ou un glacial logement de fortune, le maître des symbolistes raconte dans ces lettres ses déboires financiers. Maudit par ceux qui lui prêtaient de l'argent, pétri d'orgueil et de colère, le poète surpassa toutes les crises, parvenant à incarner le mythe d'une vie de bohème et d'écriture.

  • Lettre au père

    Franz Kafka

    « Très cher père, Tu m'as demandé récemment pourquoi je prétends avoir peur de toi. Comme d'habitude, je n'ai rien su te répondre... » Réel et fiction ne font qu'un dans la lettre désespérée que Kafka adresse à son père. Il tente, en vain, de comprendre leur relation qui mêle admiration et répulsion, peur et amour, respect et mépris.

  • «Je vous écris tandis que s'éteignent les dernières notes de notre "Alléluia". Souvent j'écoute ce chant. Il me parle de vous, Anne. Je pense qu'il vous ressemble, ou du moins, à une certaine Anne, la plus secrète, la plus vraie, la plus exigeante. J'aime que cette Anne-là existe. Pour l'atteindre il faut du silence et de la force. Ce n'est pas commode. Mais passionnant.».

    En 1962, un homme politique français de quarante-six ans rencontre à Hossegor une jeune fille de dix-neuf ans. Il lui écrira, jusqu'à la veille de sa mort, plus de mille lettres témoignant d'un amour secret et indéfectible. Ce recueil nous dévoile des aspects totalement inconnus de celui qui fut deux fois président de la République.

  • Élève modèle pour les enseignants, esprit à étouffer pour le régime fasciste, homme libre malgré sa détention, Gramsci transmet avec bienveillance sa passion de comprendre. L'intellectuel devenu la conscience morale de l'Italie se révèle dans ses lettres un père sévère et d'autant plus émouvant qu'il montre à distance le chemin de l'étude et de la connaissance à ses amis, neveux et enfants, ainsi qu'à chacun de nous.

  • Doué de l'indulgence des inflexibles, un grand poète apprend à regarder le monde comme s'il s'agissait du premier jour de la création et à affronter les difficultés comme un moyen de se découvrir soi-même.
    Trésors de sagesse et d'audace, les lettres de Rainer M.
    Rilke résonnent par leur profondeur et leur actualité : les réflexions d'un homme sachant exiger de la vie toute sa perfection.

  • "Cher Guilloux, A propos du Sang noir, j'y ai remis le nez, poussé par l'amitié. J'ai eu honte et je me suis senti très petit garçon. Je ne connais personne aujourd'hui qui sache faire vivre ses personnages comme tu le fais. Il n'y a plus de romanciers parce que nous n'écrivons plus avec le coeur et la tendresse. Enfin, j'en étais tout remué". L'un est breton, l'autre algérien, Guilloux est habité par le noir et aspire à la lumière, quand Camus, plus solaire, est rongé par le doute.
    Pourtant, lorsqu'ils se rencontrent à Paris en 1945, une amitié se noue immédiatement entre les deux écrivains. Ces fils du peuple, qui ont connu la pauvreté, sont animés par l'esprit de justice et de fraternité. Cette correspondance croisée ponctue quinze années d'une profonde affection, nourrie d'innombrables causeries, lectures, promenades et repas partagés.

  • Par son intensité et les personnages inoubliables qui l'ont peuplée, la vie de Mary Shelley fut un véritable roman, que l'on suit chapitre par chapitre à travers ses lettres. La créatrice de Frankenstein est saisie ici dans le tourbillon des glorieuses années du Romantisme : elle se passionne, souffre, ne cesse de revendiquer sa liberté. Shelley dépeint son formidable cénacle d'amis - parmi lesquels Lord Byron - qui jugeait la beauté du monde indissociable de ses vérités.

  • De tous temps adulé et haï, Napoléon Bonaparte (1769-1821) a marqué l'Histoire de l'Europe. Sa correspondance, étonnamment méconnue, révèle toutes les facettes de ce caractère extraordinaire. Dans cette sélection de lettres et de discours, l'ambition du jeune élève de l'école militaire, l'enthousiasme citoyen du général de la Révolution et la rhétorique, contagieuse, du premier empereur des Français nous font découvrir la gloire de l'homme qui bouleversa le Vieux Continent et le monde entier.
    À l'occasion du bicentenaire de la mort de Napoléon, ce petit volume met enfin à disposition du public français une sélection de ses lettres et discours, véritables chefs-d'oeuvre de rhétorique et d'ambition.

  • Discours choisis

    Barack Obama

    L'entrée de Barack Obama à la Maison-Blanche en 2009 a marqué un tournant dans l'histoire des États-Unis. Il s'est notamment imposé au fil des ans comme un orateur hors pair, et nombre de ses discours demeurent en mémoire. Cette anthologie en rassemble huit. Dans une langue tour à tour déterminée, grave ou encore exaltée, Barack Obama n'a de cesse de réaffirmer son amour et sa confiance en son pays et ses habitants et, quelles que soient les circonstances, de toujours véhiculer un message porteur d'espoir, à l'image de son slogan : Yes, We can !

  • Les lettres les plus aériennes et audacieuses d'une icône de liberté et d'indépendance. Auteure incomparable, Virginia Woolf se révèle aussi une amie sans égale : directe et empathique, curieuse et attentive. L'écrivaine s'ouvre ici à ses amies d'une vie, celles qui, plus que toutes autres, ont pénétré son univers secret de passions et de pensée.

  • «Au revoir ma chérie, je t'embrasse de tout mon coeur, de toute ma force, de toute ma virilité sur tout ce que je désire, sur tes seins roses et merveilleux. Tes lettres sentent bon les parfums de Grasse. Ce matin à l'écurie j'ai trouvé un pinson mort de froid, mais encore tiède. Je voulais lui masser le coeur pour essayer de le faire revivre, mais le vieil adjudant de ma batterie, me l'a demandé pour le porter au mess, et le manger.» Hymne à l'amour vibrant et sensuel en temps de guerre, ces lettres d'Apollinaire sont aussi un précieux témoignage sur la vie quotidienne des poilus.

  • On a peine à considérer comme de l'histoire un mouvement qu'on a vu naître, prospérer puis disparaître, laissant quelques grands noms sur le rivage : Butor, Robbe-Grillet, Sarraute, Simon, d'autres ... Ce sont en effet cinquante ans d'histoire du roman qui revivent ici, dans ces échanges heureusement préservés à la BnF et édités avec précision et subtilité. Comme dans un ballet, on voit les amitiés se tisser puis se dénouer. Le volume offre une grande variété de lettres portant sur des sujets pratiques, personnels, littéraires et philosophiques : 243 missives. Un index, une table chronologique et une bibliographie complètent le volume. Il y eut bien un moment, un mouvement, du nouveau roman, quoi que chacun en ait dit plus tard. L'espace de quelques années, les marques d'encouragements, les rencontres, les soutiens, les lectures réciproques furent suffisamment intenses et réguliers pour qu'on affirme qu'un mouvement se développa bien entre eux. Michel Butor, Claude Mauriac, Claude Ollier, Robert Pinget, Alain Robbe-Grillet, Claude Simon, Nathalie Sarraute sont les protagonistes de cette aventure épistolaire du nouveau roman. Cet ouvrage inédit permet de répondre aux trois questions suivantes : y a-t-il eu un véritable mouvement littéraire autour de ce nom ? Qui en faisait partie ? Comment a-t-il vécu ? La publication d'une correspondance d'auteurs à sept voix est une entreprise très nouvelle. Lire les lettres comme des documents historiques nous aide à situer l'oeuvre dans la carrière d'un écrivain, révèle des réactions des critiques et des proches, donne un sens approfondi de l'histoire littéraire du Nouveau Roman. En outre, certaines lettres peuvent être considérées en elles-mêmes comme une oeuvre à part entière, grâce à 'un style épistolier unique. On revivra toute l'histoire en quatre parties : I. Avant le nouveau roman : premières explorations, premiers contacts (1946-1956) II. Le moment nouveau roman (1957-1962) III. À partir des années 60 : IV. Détentes et vieilles amitiés (1971-1999). Jusqu'à la dernière lettre du recueil, où Nathalie Sarraute, à 98 ans, signe une lettre à Michel Butor, « votre vieille amie », tous expriment, par le biais épistolaire, les difficultés de leur vocation, l'admiration pour la persévérance des autres malgré les obstacles. C'est cela le plus émouvant : chacun a rencontré, dans une émouvante fraternité, une écoute et une voix qui les comprennent. Édition établie, présentée et annotée par Carrie Landfried et Olivier Wagner

  • Dans un univers d'affections tout aussi étroit que tendre et explosif, la grande poétesse américaine contemple et juge le monde, le rejette en éruptions de lave ou le sublime jusqu'à le révéler dans une aveuglante lumière. Les lettres d'amour, ironiques ou poétiques d'une femme qui choisit le risque de la pensée et le nomma extase.

  • Le discours de Toni Morrison qu'elle a écrit et lu pour la réception de son Prix Nobel.
    Ce texte magnifique est construit à partir d'une allégorie (ci-dessous) qui lui permet de déployer avec une rare poésie l'idée qui traverse toute son oeuvre : préserver le langage et la responsabilité individuellement et collectivement, de chacun, dans sa relation à l'autre.
    Toni Morrison commence ainsi son texte par «il était une fois», 4 mots qui a eux seuls portent la puissance de l'imaginaire.
    Il était une fois une vieille femme, fille d'un esclave, sage et aveugle. Au milieu des siens, elle incarnait la loi et la transgression. Un jour de jeunes gens, se méfiant de sa sagesse et pensant qu'elle est une imposteur, vont la voir et la provoquent en lui demandant si dans leurs mains se trouve un oiseau vivant ou mort. Après un long silence, la vieille femme dit ne pas savoir si l'oiseau est vivant ou mort mais elle sait que l'oiseau est dans leurs mains : si il est mort, c'est qu'ils l'ont trouvé mort ou qu'ils l'ont tué, si il est vivant, ils peuvent le tuer.
    Le discours de Toni Morrison, paru chez Bourgois en 1994, n'est plus disponible.
    L'éditeur l'a inclu dans le recueil La source de l'amour propre : 432 pages, 23 euros.
    Ce premier livre accompagne Happy Family de Kathleen Collins. Les deux autrices, provenant de deux continents différents, partagent les mêmes convictions littéraires et politiques.

  • De la quasi-épouse d'un jour Mathilde Trampedach à la relation platonique avec Louise Ott, du triangle amoureux avec Lou Salomé et Paul Re´e à la passion pour Cosima Wagner : les amours que Nietzsche décrit dans ses lettres sont à la fois improbables et tragiques, décousues et légendaires. Le théoricien de la volonté de puissance s'abandonne à des élans de tendresse qui laissent entrevoir l'irréductible innocence de l'homme qui a fait exploser la pensée occidentale.

  • George Sand est sans conteste l'une des plus grandes épistolières françaises : sa correspondance comprend plus de 20 000 lettres.
    Ce volume offre une vue générale sur l'ensemble des femmes avec lesquelles George Sand a établi des relations épistolaires. Seront présentes ses trois destinatrices les plus célèbres : Marie d'Agoult, Pauline Garcia-Viardot et la comédienne Marie Dorval. Mais l'accent est mis aussi sur les femmes de son entourage familial, sa mère, sa grand-mère, sa fille, ses nièces, sa belle-fille ; sur ses amies, même si elles n'ont pas la notoriété d'une Marie Dorval, compagnes de couvent comme Émilie De Wismes ou les soeurs Bazoin, amies d'enfance comme Laure Decerfz, rencontres de voyages comme Zoé Leroy.
    Ces lettres, adressées par une femme à des femmes, nous permet de pénétrer plus avant encore dans les secrets de l'âme et du coeur de celle qui a toute sa vie assumée en tant que chef de famille et a revendiqué le statut de « camarade Sand ».

  • Dans une splendide correspondance, vive et émouvante, le fondateur du roman psychologique moderne mène l'enquête sur son propre coeur et celui de ses proches.
    À travers ses confessions et confidences d'une brillante tendresse, Stendhal partage joies et tourments avec ses happy few adorés. La meilleure porte d'entrée dans l'oeuvre du « plus heureux des écrivains ».

  • Lettres à Voltaire Nouv.

    Rapide, imaginative, douée du sens de l'impromptu, forte d'une gaieté d'autant plus sûre qu'elle relevait d'un pessimisme radical, la marquise du Deffand (1696-1780) fut, de son vivant, célèbre pour son salon, où se réunissaient hommes politiques, philosophes, écrivains. À l'âge de 56 ans elle devient aveugle. La parole demeure son seul mode d'être. Les lettres de la marquise à celui qu'elle considère comme le dernier détenteur du bon goût sont un modèle de style, d'humour et de lucidité. S'y déploient, avec une rare élégance, le génie de la langue française et celui de l'amitié. (Chantal Thomas)

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